Poux dans la tête

Notre chroniqueur Gérard Hocmard répond à Fanny Pidoux, qui l’avait interpellé à propos de son dernier billet sur “la clause de conscience”.
 
“Je regrette vivement que Mme Pidoux n’ait pas lu mon billet, ce qui s’appelle lire, et accessoirement comprendre.
Cela lui aurait évité le procès d’intention. Il ne s’agit absolument pas dans mon idée de refuser le droit d’avortement ni de nier la complexité des situations qui y amènent ou quoi que ce soit. Je suis perplexe devant les chiffres (comme l’était je crois Simone Veil sur la fin) alors qu’existent tant de moyens de contraception et les pensées indignes que me prête Mme Pidoux m’apparaissent comme le fruit d’un amalgame hâtif. Tout amalgame est excessif, or « tout ce qui est excessif, etc… ». De berger à bergère…
Ce que je dis est simplement que je ne vois pas pourquoi on refuserait aux médecins une clause de conscience alors qu’on en considère l’usage parfaitement légitime dans d’autres situations, comme naguère l’objection de conscience. Je rappelle aussi simplement qu’une des caractéristiques des régimes totalitaires est l’absence de possibilité pour les individus d’exercer la droit à ne pas faire quelque chose de décidé par la collectivité qui va à l’encontre de leur conscience. 
Il s’agissait dans mon esprit d’une mise en garde parce que je ne voudrais pas voir la République dériver en s’engageant dans cette voie périlleuse de l’intolérance.
Si Mme Pidoux veut trouver une tête dans laquelle chercher des poux, la mienne n’a pas assez de cheveux pour ça.
 
Gérard Hocmard

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