L’économie aux RV de l’Histoire : les territoires acteurs de la transition énergétique

Dans le cadre du cycle de l’Économie aux Rendez-vous de l’histoire, une table-ronde était proposée à Mer sur le thème des enjeux énergétiques. Un sujet que nos territoires doivent s’approprier rapidement.

Michel Derdevet, Céline Guivarch et Marie Dègremont.

Organisée en partenariat avec la CCI 41 et le club d’entreprises des Portes de Chambord, cette première conférence en terre méroise (à Mer dans le Loir-et-Cher, Ndlr), en présence d’un groupe de collégiens, a tenu toutes ses promesses grâce à trois intervenants qui ont parfaitement su faire passer l’urgence de mettre en œuvre la transition énergétique au niveau local.

Conséquences dramatiques si la température augmente de 1,5°

“Il y a urgence à agir” comme la rappelé avec force Céline Guivarch, directrice de recherche à l’École des Ponts (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement) : « si notre pays a divisé par deux ses émissions de GES (gaz à effets de serre) en quinze ans ; depuis trois ans, elles repartent à la hausse sous l’effet de la pollution des transports par exemple. Ce signal doit nous alarmer et nous pousser à agir dans le cadre de la programmation pluriannuelles de l’énergie ».

Alors que le GIEC vient une nouvelle fois de tirer la sonnette d’alarme en annonçant qu’un réchauffement des températures au-delà de 1,5 °C aurait des conséquences dramatiques (vagues de chaleur, extinctions d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans) (1), plus de 2.000 collectivités et organisations agissent déjà localement en particulier dans le cadre des plans climat, air, énergie territoriaux (PCAET). (2)

Décarboner notre consommation d’énergie

Les facteurs clefs de la réussite de ces actions ont été détaillée par Marie Dégremont cheffe de projet à France Stratégie. Parmi eux, la sensibilisation de la population est essentielle pour que les citoyens deviennent des consom’acteurs en capacité par exemple de moins utiliser leurs véhicules ou de restreindre leur consommation de viande, dont la production est fortement contributrice au CO².

La question des obstacles culturels a aussi été évoqué dans un pays ou l’énergie est historiquement une prérogative publique et le poids du lobby pétrolier une réalité. « Il faut actionner les leviers technologiques, comportementaux et agir sur l’aménagement des territoires qui ont chacun leur spécificités » a insisté la jeune femme qui travaille sur ce dossier avec les services du Premier ministre.

Le basculement dans l’ère l’énergie numérique et des réseaux intelligents a été l’occasion pour Michel Derdevet, secrétaire général d’ENEDIS d’affirmer sa foi dans l’électrique pour décarboner notre consommation alors même que le bilan carbone des véhicules électriques est loin d’être neutre.

Les bobos et l’effet barbecue

Très riche, le débat a abordé la question de la fiscalité écologique ou encore de ce fameux « effet barbecue » qui voudrait que les urbains ayant au quotidien un mode de vie avec une grande efficacité énergétique seraient finalement plus énergivores que les ruraux. La cause en serait leur mobilité occasionnelle issue notamment de leur déplacement en avion.

Alors que faire ? Plusieurs outils de mise en cohérence existent pour infléchir les choses. « Les contrats de transition écologique sont des outils au service des collectivités locales et des entreprises pour engager la mutation des territoires autour de projets durables et concrets. Ils accompagnent la mise en œuvre du Plan Climat au niveau local » a ainsi expliqué Marie Dégremont.

En France, 20 territoires volontaires (Communauté d’agglomération du Havre, Département de la Corrèze, Métropole Aix-Marseille-Provence…) les expérimentent en pariant sur l’écologie comme moteur de l’économie. Les invités ont cependant insisté sur le risque de précarisation énergétique des plus pauvres qui sont aussi les moins responsable du dérèglement climatique planétaire.

Jean-Luc Vezon

(1) Pour les experts, limiter la hausse à 1,5 °C passe par une réduction des émissions de CO² de 45 % d’ici 2030 et la réalisation d’une « neutralité carbone » en 2050.

(2) Obligatoire dans les EPCI de plus de 20.000 habitants.

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