Blois, J-M. Blanquer : « l’histoire raisonne les passions et passionne la raison »

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer est venu inaugurer pour la deuxième fois les 21e Rendez-vous de l’Histoire de Blois, vendredi 12 octobre. Avant de parcourir longuement le salon du livre d’histoire, le ministre a rappelé l’importance d’une éducation à l’image des élèves, pour éviter de les livrer à toutes les manipulations. Un peu comme une rock star, il s’est fait gentiment alpaguer par des élèves de collèges, signant des autographes et se prêtant volontiers au jeu des selfies.

Un groupe d’élèves de 5e a alpagué le ministre lors de l’inauguration officielle.

« Blois : le festival de Cannes des historiens » a rappelé son directeur Francis Chevrier. Peut-être un peu moins glamour sur les photos il faut bien l’admettre, mais c’est l’année ou jamais : « La puissance des images » en est en effet le thème, autant dire que « la profusion, l’avalanche, le Niagara, le tsunami bref l’affluence des images » comme le dit Jean-Noël Jeanneney n’a pas fini de déferler !

Iconoclastes, et iconodoules

Comme c’est souvent le cas lors de l’inauguration officielle ce fut un florilège de petites phrases et de formules ciselées préparées dans les arrières cours de la communication. Cela a pourtant mal commencé pour le ministre Jean-Michel Blanquer, ravi de se retrouver parmi les « Blésiens », visiblement mal informé sur le nom des habitants de Blois, un comble puisqu’il y a enseigné a-t-il pris soin de préciser… « Nous devons donner aux élèves des racines et des ailes. Mais il faut leur donner aussi de la narration, un récit bien loin de la mythologie. Une concordance des temps en quelque sorte ». Ce qui n’a sûrement pas manqué de plaire au président du conseil scientifique de ces Rendez-vous de l’histoire Jean-Noël Jeanneney. « Nous sommes souvent accablé par la profusion, l’avalanche, le tsunami, l’affluence des images. Et bien nous sommes là pour retrouver du sang-froid, mettre de l’ordre dans ces inventaires. Nous évoquerons l’image sous toutes ses formes, de l’art pariétal des premières images de la grotte Chauvet il y a 30.000 ans jusqu’aux images des caricaturistes de presse. Nous passeront bien évidemment par Byzance, avec les crises iconoclastes et iconodoules, les serviteurs des images et ceux qui les refusaient. Constamment l’évangélisation s’est servie des images, les Jésuites l’avaient bien compris en utilisant les lanternes magiques. Mais le plus grand champ reste peut-être celui de la politique et de la guerre, et la publicité ».

Un ministre, des collégiens, et sacré Charlemagne

L’enjeu, tout le monde l’a compris, est dans l’éducation des jeunes générations face à ce déferlement d’images. Le maire de Blois Marc Gricourt l’a rappelé à bon escient : « De nos jours, en quelques minutes, nous regardons plus d’images que n’en voyaient en toute une vie nos ancêtres pas si lointains ». Comme beaucoup grand utilisateur de Facebook – où toute une vie peut être mise en scène sans qu’on sache bien s’il s’agit juste de communication ou d’ego narcissique mal géré – il s’interroge (en expert) : « Qui aussi ne s’est jamais surpris lui-même à sortir son appareil avant même d’avoir bien pris le temps de voir ce qu’il voulait regarder ? Nous sommes tour à tour témoins et acteurs de cette nouvelle façon d’être ». Le smartphone comme prolongement de soi-même…

Jean-Noël Jeanneney, Jean-Michel Blanquer, Nicolas Perruchot, sur le stand de la revue L’Histoire.

 

“Des images qui gagnent en puissance ce qu’elles perdent en qualité” dira pour sa part Nicolas Perruchot, président du Département… Alors pour le ministre de l’Éducation nationale, un seul objectif : « L’éducation à l’image des élèves évite de les livrer à toutes les manipulations. C’est aussi le sens du thème « la puissance des images » aux Rendez-vous de l’histoire. Une histoire qui raisonne les passions et passionne la raison », a-t-il conclu avant de flâner dans les allées du salon du livre d’histoire. Alpagué gentiment par de jeunes collégiens, qui étudient « Charlemagne » en ce moment lui ont-ils répondu, Jean-Michel Blanquer, comme si de rien était, s’est prêté au jeu des autographes et des selfies, le plus naturellement du monde… Avant de voir déferler, la semaine prochaine peut-être, de nouvelles images de perrons des ministères lors de possibles passations de pouvoir. La boucle est bouclée.

F.Sabourin

Commentaires

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  1. L’histoire raisonne les passions et passionne la raison”.
    Ah, ah, ah, il a trouvé ça tout seul ?
    Il veut nous faire marcher ! ?

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