Denise Benoît : 200 œuvres pour une rétrospective à Orléans

Bronze. ©Collection privé MCB

Connue pour ses nus gracieux et ses bustes en bronze, ses petits personnages pittoresques en terre cuite, mais aussi ses paysages aquarellés et eaux fortes aux détails subtiles et minutieux, Denise Benoît a, tout au long de sa carrière d’artiste, su conjuguer élégance, émotion, humour et intemporalité. À 92 ans, elle met un terme à sa carrière par une exposition-vente au Domaine de La Trésorerie près d’Orléans du 19 au 21 octobre. Sa fille, Marie-Claude Benoît, nous présente ce dernier rendez-vous.

« Ça, c’est de la belle sculpture ! » Le compliment n’aurait sans doute pas retenti de la même façon dans le cœur de Denise Benoît s’il n’était venu du grand Paul Belmondo lui-même, qu’elle rencontre dans l’atelier du fondeur Landowski à Paris. « C’est là, en effet, qu’elle faisait couler ses bronzes, explique Marie-Claude Benoît, sa fille. Des nus, toujours très gracieux et pudiques, des bustes de célébrités locales — Gaudier Brzeka, Pierre-Aimé Touchard, Eugène Labiche… – , des personnages typiques de villages comme L’Homme aux bretelles et le Père Alexandre…, toujours marqués par de jolies patines ».

Du ‘P’tit Gribouilloux’ à l’artiste majeure

Terre cuite, La Bineuse. ©Collection privée MCB

À 92 ans, Denise Benoît, sociétaire des Artistes Orléanais et de la Société Nationale de Paris, vit aujourd’hui à l’écart de la vie artistique. Et comme dernier hommage, sa fille a souhaité lui consacrer une ultime exposition, organisée par le Lions Club Orléans Renaissance. « Elle retrace l’œuvre d’une vie admirable à travers 200 sculptures, peintures et dessins : des œuvres harmonieuses et qui ont du caractère ». Comme ses fameux petits personnages pittoresques en terre cuite, « typiques des marchés, des puces et de la campagne de son enfance », tels La Bineuse, Le Petit Curé, La Femme au cabas, L’Homme au Livre ou encore La Pipelette.

Surnommée à l’école « Le P’tit Gribouilloux » parce qu’elle dessine tout le temps, Denise Benoît développe un don dès l’enfance en travaillant aussi la terre glaise dans une veine d’argile située au bout du champ où elle habite.

Elle est ensuite remarquée par Montagnon à la Faïencerie de Nevers où elle exercera son talent de dessinatrice en peignant tous les personnages avant de verser dans la sculpture. 

Bronze. La Méditation. M.C Benoît pose pour sa mère à 30 ans. ©EB/MagCentre

Dès lors Denise Benoît va s’imposer comme l’une des plus grandes artistes de la région : « c’est la précision du dessin, l’expression du mouvement et la justesse anatomique qui rendent ses œuvres remarquables », précise Marie-Claude Benoît.

Côté peinture, l’artiste exercera son art avec la même maîtrise : « aquarelles, plume, eaux fortes, pastels, illustrant des campagnes solognotes, de vieux quartiers détruits, ou des rues et ruelles d’Orléans disparues, sont d’une telle précision qu’ils en sont de vrais documents ! ». 

À travers, élégance, humour parfois, mais aussi diversité et intemporalité, cette rétrospective est présentée et à ne pas manquer au Domaine de la Trésorerie à Saint Pryvé-Saint Mesmin (Orléans, Loiret) du 19 au 21 octobre.

 

 

Estelle Boutheloup

 

Exposition Denise Benoit

du 19 au 21 octobre 2018

Domaine de la Trésorerie 14 rue des Moines
45750 SAINT-PRYVE-SAINT-MESMIN

 

 

 

 

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