Orléans : le « Parc de Loire » va donner de l’air et de la surface à l’île Charlemagne

Le Parc Naturel Urbain verra le jour à l’horizon 2020-2021 et sera desservi par une passerelle piétons-vélos sur la Loire.


On en parle depuis des décennies. « Mais cette fois c’est parti » s’est félicité Olivier Carré président d’Orléans Métropole lors de la présentation du « plan guide » d’aménagement du Parc de Loire qui sera adopté jeudi lors du conseil métropolitain. L’aménagement d’un vaste parc de loisirs autour de l’Ile Charlemagne est en effet programmé depuis les années 80 alors que Jacques Douffiagues était encore maire. Mais cette fois le projet est sorti des cartons, les grandes orientations seront adoptées ce jeudi tandis qu’un AMI (Appel à Manifestation d’Intérêt) lancé l’an prochain permettra d’adopter le plan définitif. Entouré de Mathieu Schlésinger maire d’Olivet et vice-président de la Métropole en charge du dossier mais aussi des maires de Saint-Denis-en-Val, Saint-le-Blanc et Saint-Cyr-en-Val Olivier Carré a donc dévoilé ce projet qui se voudra un « lieu de respiration de la nature et du paysage ».

Passerelle sur la Loire

Autour de l’Île Charlemagne sur une surface globale de 340 hectares, la Métropole (qui va reprendre tous les terrains appartenant aux communes) veut proposer de nombreuses activités sportives et de loisirs (activités nautiques, sports de sable, aire de grands jeux, zones de pêche, hébergements insolites, etc.). Mais aussi un site de découvertes et d’éducation à la nature avec un « fil de Loire », une promenade aménagée depuis le pont Thinat jusqu’au parc et avec sans doute une liaison avec le futur pont à l’Ouest projeté par le conseil départemental.

Les aménagements ne verront pas le jour avant 2020 ou 2021. Pourtant des travaux de verdissement et de plantations seront entrepris par anticipation dès cette année tandis que des jeux pour enfants (600.000 euros) « totalement innovants » seront installés au printemps prochain. « Nous ne ferons pas n’importe quoi”, insiste Olivier Carré, “ce sera un parc entièrement gratuit pour les familles, avec des aménagements doux, pérennes et durables ». L’automobile (avec cependant du stationnement renforcé) n’y aura donc pas droit de cité au contraire des mobilités douces.

L’aménagement va donc être progressif d’abord pour tenir compte de nombreuses contraintes réglementaires : le site est en effet imbriqué dans plusieurs dispositifs : classement du val de Loire au Patrimoine Mondial de l’Unesco, zone Natura 2000, PPRI (plan de prévention des inondations), Znieff (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Toutes ces contraintes seront pourtant des atouts pour éviter le bétonnage ou la dénaturation du site. La plus grosse infrastructure sera la construction d’une passerelle entre l’ouest du site et Saint-Jean-de-Braye. D’un coût important (10 à 15 millions d’euros) cette passerelle a cependant peu de chances de voir le jour avant 2025. D’autres transports doux, navettes fluviales ou bateaux électriques sont également envisagés tout comme le transfert de l’entreprise Become (produits en béton) installée en bord de Loire à Saint Jean le Blanc avec un site stratégique quoi donnera une ouverture au Parc de Loire.

Se baigner dans de l’eau propre !

Pour le reste les aménagements sont chiffrés autour de 5 millions d’euros, largement supportables par la Métropole qui a déjà inscrit ce parc dans son « projet métropolitain ». « Mais la réussite d‘un tel parc repose avant tout sur les possibilités de baignade » insiste Mathieu Schlésinger. Aujourd’hui l’Ile Charlemagne accueille près de 200.000 visiteurs ou plagistes annuels et même 20.000 par jour l’été. Mais la baignade est parfois (souvent ?) fermée pour cause de cyanobactéries présentes dans l’eau. « Sauf à construire une piscine bétonnée à ciel ouvert, il est impossible d’éliminer totalement ces cyanobactéries”, explique Mathieu Schlésinger “mais avec de nouveaux dispositifs de traitement et de filtration des eaux on peut les diminuer ou retarder sensiblement leur apparition ». La seule amélioration de la qualité des eaux de baignade de l’Ile Charlemagne coutera 1,6 million d’euros. Pas une goutte d’eau ! Mais un remède indispensable pour que le Parc de Loire devienne le grand site populaire et naturel qu’attendent les habitants de la Métropole !

J.-J.T.

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