Région : le ticket-carburant proposé par G. Peltier rejeté, de peu…

Un ticket carburant à l’image des tickets-restaurants : c’était un amendement chèrement défendu par Guillaume Peltier, qui l’a d’ailleurs également proposé à l’Assemblée nationale. Pour essayer de palier à la hausse du prix des carburants – mesure écologique certes mais très pénalisante pour les habitants des milieux ruraux pour lesquels la voiture est encore aujourd’hui une obligation pour aller travailler – le député L.R. et conseiller régional président du groupe UDC Guillaume Peltier a proposé l’expérimentation d’un ticket carburant à l’échelle de la région. Et il s’en est fallu de très peu !

Concrètement, la note de carburant des particuliers serait prise en charge, grâce à un système de défiscalisation, par les entreprises. « Nous voulons faire un test dans les zones rurales, dans le sud du Loir-et-Cher pour commencer », disait-il en septembre dernier à Orléans lors d’une conférence de presse de mi-mandat. Aujourd’hui Guillaume Peltier veut aller plus loin, et monter à l’échelon de la région. Limité au nombre de jours travaillés, ce « ticket-carburant » pourrait atteindre une valeur de 15 €, la part contributive de l’employeur, sur le modèle du ticket-restaurant, est prévue aux environs de 60% (soit 9 € pour un ticket à 15 €) ; il serait exonéré de charges sociales sur ce système. Le reste étant à charge du salarié ou de l’agent. Des frais de recharges de véhicules électriques ainsi qu’une bonification en cas de covoiturage peuvent être appliqués, afin d’encourager ce que l’élu L.R appel « l’économie verte ». Par mois, les salariés concernés pourraient ainsi économiser environ 200 € nets. Un gain de « pouvoir d’achat » direct, et une incitation à reprendre un emploi, quand on sait que dans certaines zones rurales, « 49 % des difficultés pour le retour à l’emploi c’est le transport » comme l’indiquait le maire de Romorantin Jeanny Lorgeoux.

37 voix pour, 38 contre

« Cette proposition est soutenue par cinq groupes à l’Assemblée nationale : France insoumise, le PS, l’UDI, L.R. le RN et les non-inscrits », indique Guillaume Peltier, « tout est prêt ». Mais la majorité régionale, par la voix de son vice-président aux finances Marc Gricourt, ne l’entend pas de cette oreille. Après avoir compris de travers – celui-ci pensait que la Région devrait mettre la main à la poche pour financer la mesure – il déclare devant l’assemblée régionale que « nous avons sur le fond une position : la compétence de l’État n’est pas celle de la Région, et inversement. C’est encore une fois mettre en opposition territoires ruraux et territoires urbains, alors que ceux-ci souffrent aussi d’une hausse de la fiscalité en matière foncière par exemple pour les petits propriétaires. Nous ne voterons pas cet amendement ». François Bonneau enfonce le clou dans le réservoir à essence : « Si vous laissez entendre que la Région pourrait accepter une telle mesure, ce serait un mauvais signal envoyé pour d’autres mesures. Oui pour mener ensemble les combats au niveau national, non pour cette procédure hasardeuse ».

Cette impréparation dans la réponse apportée par la majorité a dû semer le doute chez les élus régionaux… Résultat du vote : l’UDC (Union de la droite et du centre) renforcée par Pierre Commandeur (La REM), Fabien Verdier (divers gauche) et du RN (Rassemblement national) pour voter à 37 voix pour l’amendement. L’exécutif régional vote à 38 voix contre. Mais deux conseillers régionaux d’opposition manquaient à l’appel : Alexandre Cuignache (Debout la France) et Philippe Loiseau (RN), qui n’ont pas donné pouvoir de vote. Avec un peu plus de discipline – une valeur chère à la droite et à l’extrême droite pourtant – l’amendement aurait pu passer, et c’eut été une première ! En attendant, il reste en panne sèche… « On représentera l’amendement », conclut Guillaume Peltier, « c’est la première fois qu’il y a une majorité aussi serrée ».

F.Sabourin

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