L‘aéroport de Tours veut élargir son horizon

En pleine période de transition avec le départ annoncé de l’école de chasse en 2021, l’aéroport de Tours est promis à une phase de développement importante selon la volonté de Tours Métropole et du SMADAIT, le syndicat mixte en charge de la gestion de l’infrastructure tourangelle. C’est dans le cadre de cette réflexion que s’est tenue la semaine dernière un séminaire autour de l’aviation d’affaires. Un des axes de développement ciblé, en plus du secteur des vols civils.

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C’est en effet un plan en trois axes qui attend l’aéroport de Tours. Du côté des vols civils, la Métropole a acté un objectif de 500 000 passagers d’ici 2035, contre environ 200 000 aujourd’hui. Une augmentation qui doit se faire sous un nouveau modèle. En clair, les élus veulent stopper le financement des vols comme c’est le cas actuellement avec la compagnie Ryanair. « Aujourd’hui nous finançons avec l’argent public 13 euros sur un vol à 60 euros. Je pense que ceux qui partent en vacances en avion, peuvent prendre en charge cette somme », déclare ainsi Philippe Briand, le président de Tours Métropole. Un avis partagé par Jérôme Arnaud, le directeur d’Edeis, l’exploitant de l’aéroport : « In fine, l’aéroport ne doit plus coûter un sou aux collectivités ».

Allemagne, sud de la France ou encore Italie comme destinations visées

Pour rendre l’aéroport rentable il faudra donc d’abord ouvrir la structure à de nouvelles compagnies et de nouvelles lignes donc. Et une première annonce pourrait arriver bientôt. « J’espère qu’on pourra annoncer cet hiver le lancement d’une nouvelle ligne sans subventions », a ainsi déclaré Philippe Briand. Et comme destinations ciblées : l’Allemagne, le sud de la France (Nice) ou encore l’Italie et pourquoi pas la Scandinavie. Car derrière le simple objectif du nombre de passagers il y a aussi celui de faire de la plateforme aéroportuaire un aéroport de destination et non plus de départ, la proportion de passagers en partance étant actuellement de 70%. Un ratio qu’il convient si ce n’est d’inverser, au moins de rééquilibrer et donc en jouant la carte du développement touristique.

Pour cela, l’un des enjeux sera de connecter les nouvelles lignes tourangelles à des pôles de correspondance, afin de diversifier au maximum les nouvelles offres. Nice ou encore Genève pourraient être de celles-ci.

Cap sur l’aviation d’affaires

Reste la question des vols intérieurs plus proches que celles du sud de la France. Lyon, Montpellier ou encore Toulouse ont notamment été citées lors du séminaire sur l’aviation d’affaires. Quelle place néanmoins pour ces destinations alors que Tours est bien desservie par ailleurs par le réseau autoroutier mais surtout les lignes TGV ? Si la question n’est pour l’heure pas tranchée, des petites lignes régulières venant se placer sur le secteur des déplacements d’affaires pourraient être d’actualité demain.

Lire également sur Info Tours : 1000 mouvements liés à l’aviation d’affaires par an à l’aéroport de Tours.

L’aviation d’affaires est en effet un business intéressant pour l’aéroport de Tours. Aujourd’hui avec 1000 mouvements environ par an, Tours se place au dessus du Mans (770 dont les 3/4 pour les 24h du Mans), Poitiers et Angers (environ 800 mouvements annuels) mais en dessous d’Orléans (1200 mouvements) et loin de Nantes (2500) ou Rennes (1800). Un secteur rentable que les dirigeants tourangeaux veulent attirer encore plus donc via des campagnes de communication ciblées pour faire connaître cette activité aux entreprises régionales.

L’avenir passe aussi par un pôle d’activités

Des développements stratégiques qui entrent dans celle globale de l’aéroport. Avec le départ de l’école de chasse, c’est toute la zone autour que la métropole veut restructurer. L’enjeu est connu, demain la zone de l’aéroport doit devenir un nouveau hub de transports de l’agglomération tourangelle, connecté au tramway mais aussi aux cars grandes lignes « dits Macron ». Un pôle de mobilité mais aussi un pôle d’activités grâce aux 200 hectares qui seront libérés par l’Armée et récupérés par la métropole (qui négocie actuellement avec l’Etat). Le projet est d’y implanter une zone d’activités. Sur les visuels non contractuels dévoilés on y voit des bureaux, mais aussi des restaurants, un pôle loisirs et toute une nouvelle zone sortie de terre. Alors que la métropole manque de terrains vierges, l’opportunité de faire coup double avec une nouvelle zone connectée à l’aéroport est ainsi jugée plus qu’intéressante.

Relire également : Le plan de vol de Tours Métropole

 
Mathieu Giua

Commentaires

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  1. La Région Centre Val de Loire financera-t-elle toujours à plus du 1/3 un aéroport exploité par une entreprise privée low cost à conditions de travail plus que discutables ? Agenda 21….. ?

  2. La région centre finance déjà d’autres projets foireux, alors pourquoi pas celui là ?

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