Vierzon : union des territoires pour la défense des services de santé

Une trentaine de communes étaient partie prenantes lors de la réunion, organisée à Vierzon, à l’initiative du maire de la commune du Cher, Nicolas Sansu. Des représentants élus ou membres de comité de soutien d’établissements hospitaliers actuellement en opposition avec les décisions des différentes Agences régionales de Santé (ARS) étaient présents pour ce premier rendez-vous berrichon qui « peut être un début pour éviter le renoncement aux soins et/ou faire le lit du privé ».

Les soignants de l’hôpital de Vierzon considèrent que l’on ne peut plus attendre…

Châteaudun, Tours, Nantes, Châtellerault-Loudun, Saint-Claude, Vire, Pithiviers, Montluçon, Thouars, Decize, Feurs parmi les présents, d’autres ( Creil, Concarneau, Decazeville, Privas, Saint-Agrève, Aubenas, Sarlat, Saint-Affrique, Ruffec, Avranches et Granville, Remiremont, Apt, Auch et Gers, Alès, Laval et Mayenne, Moûtiers, Douarnenez, Die, Brioude, Montceau-les-Mines, Gisors, Bernay ) avaient envoyé un mot d’excuse mais assurant de leur soutien dans de futures démarches, le maire de Vierzon avait le sourire malgré le sujet du jour. Vingt-six représentants élus ou membres de comités de soutien issus de treize territoires avait fait le déplacement pour cette réunion qu’il avait initié voilà une petite dizaine de jours seulement. Une réunion voulue le jour du débat du projet de loi de financement de la sécurité sociale à l’Assemblée nationale, pour échanger sur les menaces pesant sur les services des hôpitaux publics de ces territoires. Au total trente-cinq territoires en butte avec les décisions de leur ARS respective étaient sur une même longueur d’onde sous les ors de la salle des actes vierzonnaise.

Des actions ciblées mais communes

Au bout de plusieurs heures de débats où chacun a pu apporter la vision spécifique de chaque établissement, et après avoir convenu globalement « de l’ineptie de l’organisation de la santé publique visant à une métropolisation de mauvais aloi », plusieurs actions ont été retenues et viennent s’ajouter au lancement d’un appel/pétition sur change.org.

Annick Gombert (aucentre) et Nicolas Sansu côte à côte pour la défense des hôpitaux de territoires

Lors du prochain congrès des maires de France, le 21 novembre prochain, une adresse sera effectuée auprès des maires présents. De plus, une demande d’audience auprès de la ministre de la santé avant le vote du projet de loi santé tandis qu’une mobilisation de tous les territoires, en simultanée, et sous toutes formes décidées localement serait mise sur pied pour le 1er décembre. Enfin, l’organisation de référendums d’initiative locale sur chaque territoire les 26 et 27 janvier 2019 sont programmées. Une option déjà bien avancé dans le haut Jura où 90 communes avaient entamé une réflexion sur le sujet depuis plusieurs semaines. Ces votes seront « retoqués par la préfecture mais ce peut-être un signal fort de l’implication des populations concernées » estimaient les intervenants. C’est actions qui n’ont qu’un but selon leurs concepteurs : fédérer les divers territoires avec chacun ses particularités, ses demandes, ses propositions, etc. « Des mobilisations voulues en faveur de l’hôpital public sur tout le territoire de la République se fédèrent pour faire respecter l’égalité » assurent-ils.

Fermer une maternité c’est une violence faite aux femmes

Des femmes du Blanc manifestent en tenue de la série La Servante écarlate.

Alors que les élus discutaient des différentes formes d’actions à mettre en œuvre pour faire bouger les choses, sur le terrain les actions se sont poursuivies. Au Blanc, des habitants de la commune occupent les locaux de la maternité fermée temporairement cette été pour « manque de personnels » et qui ne doit pas rouvrir après le vote du conseil de surveillance de l’hôpital Châteauroux-Le Blanc la semaine dernière. Lors de la réunion vierzonnaise, Annick Gombert, la maire du Blanc, était l’une des voix déterminées de la réunion. Outre une participation active aux débats, l’élue Blancoise a aussi rappelé que les propos de la Ministre de la santé, Agnès Buzyn, qui n’a pas hésité à qualifier la maternité blancoise de « dangereuse » et d’évoquer « de très mauvaises pratiques … » dans l’établissement, allait avoir une suite judiciaire. « Fermer une maternité c’est une violence faite aux femmes » a ajouté Annick Gombert.

À Vierzon, les Gaulois campent toujours

Les Gaulois campent toujours dans la cour de l’hôpital de Vierzon

À Vierzon, le campement « Gaulois » débuté au centième jour de grève du site est toujours occupé par plusieurs irréductibles qui se relayent régulièrement. Les représentants de l’intersyndicale avaient eux-aussi des idées pour obtenir des avancées sur leurs propres revendications, au-delà des aspects administratifs, et essentiellement à caractère de gestion de « l’humain » sur le site berrichon. Si le maire devait rencontrer la Directrice de l’Agence Régionale de santé cette semaine en compagnie d’une délégation de 14 élus locaux du Cher et du Loir et Cher, puis avec l’Intersyndicale du personnel, cette dernière envisageait une action commune à tous : une marche convergente de petites unités, pour un regroupement et une arrivée groupée à Paris. Une idée empruntée à la marche du Larzac ou celle des Beurs, et qui avait le mérite de mobiliser peu de personnes pour une visibilité maximum et un intérêt médiatique positif. Si la marche reste, pour le moment, en état de projet les soignants ont tous souligné l’urgence de la situation des hôpitaux. « On ne peut plus attendre. Les soignants, partout, sont usés ».

C’est tout ces problèmes et toute cette énergie déployée pour les surmonter que le Vierzonnais Nicolas Sansu avait l’intention d’expliquer, ce mercredi matin, sur France Info, aux premières heures de la matinée.

Fabrice Simoès

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