140 hectares achetés pour le site de la centrale de Belleville

Lors de la réunion de la commission locale d’Information, à Cosne-sur-Loire (Nièvre), EDF a confirmé l’achat de 140 hectares de terres agricoles afin d’augmenter sa réserve foncière autour de la Centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Un achat qui n’est pas en relation avec le projet non définitif de création d’une aire de stockage de déchets nucléaires, pour le moment … 

C’est à la mi-septembre que la SAFER du Centre a lancé une « étude de faisabilité foncière EDF » pour le site de Belleville-sur-loire et Sury près Léré. Une étude qui concernait une dizaine de parcelles cadastrées pour la première commune et une trentaine pour la seconde. Par courrier, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) expliquait que « EDF souhaite compléter sa réserve foncière afin de faciliter la réalisation éventuelle de nouveaux projet permettant d’assurer la production d’électricité décarbonnée et, ainsi, se donner les moyens de pérenniser l’implantation locale du groupe EDF … » et précisait que « la SAFER Centre est missionnée pour évaluer les faisabilités d’acquisitions foncières… » En gros, vous avez un terrain, nous voulons l’acheter. C’est combien ?

Des achats fonciers déjà au printemps

La Safer a envoyé aux propriétaires terriens le plan de la future réserve foncière EDF

Installée préalablement sur une superficie de 170 hectares, la Centrale avait déjà étendu sa réserve foncière au printemps dernier après qu’une « superficie importante de terrains ait été  à vendre dernièrement autour de la centrale » selon le journal local La Voix du Sancerrois. On avait alors parlé de la possibilité de finaliser le projet de « super-piscine » dépotoir pour les déchets nucléaires. Des suppositions réfutées tant par le groupe EDF que par certains élus locaux. A l’époque, le site internet de l’entreprise assurait que «l’acquisition de terrains fait partie d’un processus à plus long terme que l’échéance de l’éventuel projet de piscine. ». La députée LRM de la Nièvre,  Perrine Goulet, s’était alors exprimée sur le sujet et avait rappelé que rien n’était impossible finalement puisque  « Il y a bien un projet d’entreposage de déchets nucléaires, un besoin prévu à l’horizon 2030, Belleville fait partie des options et la réserve foncière de la centrale, notamment, est un argument. » De fait quand 140 hectares supplémentaires sont finalement achetés autour de la Centrale cela inquiète les défenseurs de l’environnement, telle que le site d’information Reporterre, les associations comme Vivre Notre Loire dont la requête qui contestait l’autorisation donnée par l’ASN (autorité de sûreté nucléaire ) à EDF de créer/déplacer une zone de déchets potentiellement pathogènes avait  été rejetée par le Conseil d’État au début de l’été, ou les anti-nucléaires tel que Sortir du nucléaire Berry-Puisay.

Préparer nos investissements futurs

Daniel Deprez, secrétaire de Vivre notre Loire avait interpellé, par courrier, EDF, ASN et SAFER. La réponse est venue de Jean-Marie Bousier, le directeur du centre nucléaire de production d’électricité (CNPE), qui a préciser « il s’agit d’une démarche habituelle d’EDF consistant à gérer son patrimoine foncier. Les achats en cours ne sont liés à aucun projet industriel en particulier, et sont conduits de la même manière sur la plupart des autres sites industriels du groupe EDF … » Lors de la réunion cosnoise, le directeur du site a par ailleurs ajouter que « on travaille à acquérir du foncier pour préparer nos investissements futurs ».

Certes, la direction locale n’a pas confirmé cette nouvelle extension consécutive à la mise en place du projet « piscine à MOX », cependant elle ne l’a pas infirmé explicitement non plus. En effet, de multiples orientations sont possibles et le résultat sera le fruit d’une réflexion qui doit conduire à des décisions au printemps de l’année prochaine. C’est à ce moment là que sera affichée la volonté de construire, ou pas, une « piscine », et par là-même son emplacement. D’ailleurs, la question d’un entreposage « temporaire  de combustible usé avant retraitement doit faire l’objet d’un débat public » a expliqué Jean-Marie Boursier qui a oublié de préciser que le combustible MOX, pour Mélange d’OXyde de plutonium et d’OXyde d’uranium, est un produit à très importante radioactivité qui dégage une forte chaleur. Le problème de ce déchet de combustible, c’est que si un combustible classique met 5 à 8 ans pour se refroidir, lui met dix fois plus de temps (50 ans). A cela il faut ajouter que la rentabilité actuelle de son retraitement n’est pas jugée suffisante …

Et comme l’a mentionné Jean-Marie Boursier au journal Le Berry Républicain « aujourd’hui, il n’y a rien qui dit qu’elle (la piscine, Ndlr) sera installée à Belleville… » Rien qui dit le contraire non plus !

Pour rappel : l’emprise de la centrale se situe  sur les communes de Belleville et de Sury-près-Léré mais se trouve à la limite de trois départements, deux en Région Centre-Val de Loire (Cher et Loiret) un en région  Bourgogne-Franche Comté (Nièvre) alors qu’un quatrième département, l’Yonne, est lui aussi impacté par la Centrale. La situation géographique est semble-t-il favorable pour les projets du fournisseur d’énergie qui voit là s’ajouter les conditions d’accès facilitées par un réseau ferroviaire à proximité.

Fabrice Simoes.

EDF agrandit son emprise pour la Centrale de Belleville : la piscine se confirme?

Commentaires

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  1. Bonjour,
    Merci pour votre article “preparer nos envestissements futurs”
    Petite rectification demandée : c’est Claude Didier qui est Secretaire général de Vivre notre Loire et non Daniel Desprez.
    Merci de rectifier, cordialement.
    Claude Didier

  2. ” Ils ” font pareil à St Laurent des Eaux . Ce qui serait bien , ce serait pour disposer de surfaces nécessaires pour déposer , temporairement avant évacuation , les éléments de démontage des unités anciennes de production d ‘ électricité . Les réacteurs , A1 et A2 de St Laurent sont des ” graphite – gaz ” du même type que Tchernobyl , A l ‘ arrêt , elles attendent leur démentellement annoncé et promis par EDF . Oui , mais quand ?

    • Effectivement, nous nous faisons la même remarque: 4 réacteurs, dont deux à l’arret et toujours pas démantelés… c’est pour quand

  3. Avec la caution de l’Etat , EDF fait ce qu’il veut où il veut . Qui pour s’oposer sur le plan politique ? Médiatique ? Populaire ?

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