A lire : un message d’espoir et de tolérance

Né à Seraing en 1954, il a grandi dans la bonne ville de Liège avec les dessins de Wolinski, Cabu, Reiser, ses maîtres. Désormais, il est devenu leur égal. Michel Kichka, au nom imprononçable,  est auteur de BD, dessinateur de presse, illustrateur.

Tout à la fois mais avec un unique humour ravageur qui fait souvent grincer des dents en Israël, son « pays de vie ». C”est que ce témoin de son temps ne laisse rien passer. Et c’est parce qu’il aime ce pays choisi qu’il sait mettre le doigt, plutôt la pointe du crayon, où ça fait mal.

Car en effet quoi de plus efficace qu’un dessin pour dénoncer, protester, s’insurger. Caricaturiste de talent, Michel Kichka, « laïc, juif à 100 %, non croyant et tolérant » comme il aime à se définir, a quitté un beau jour du mois de février 1974 sa Belgique natale pour s’installer en Israël, pays qu’il avait appris à aimer quelques années auparavant  en travaillant dans un kibboutz. Etudiant à l’Ecole des Baux-Arts de Bezalel à Jérusalem, après son diplôme, il s’oriente vers l’illustration et la caricature, un art peu pratiqué à l’époque, tout en enseignant à son ancienne académie. De nombreux dessinateurs et caricaturistes israéliens ont été ses élèves. Au fil des années, le climat politique devient plus tendu dans le pays, et après l’assassinat d’Yzhak Rabin le 4 novembre 1995 à 23h, plus rien  n’est comme avant. Kichka, engagé en faveur de la paix rejoint l’association Cartooning for peace* qui regroupe des dessinateurs de presse du monde entier engagés en faveur de la liberté d’expression.

Dessinateur éditorialiste pour des chaînes de télévision israéliennes, Kichka collabore régulièrement à Courrier international, à Regards (Belgique), au Herald Tribune . Après avoir publié Deuxième génération – Ce que je n’ai pas dit à mon père (Dargaud), une BD retraçant ses relations avec son père, rescapé des camps, il publie chez le même éditeur Falafel, sauce piquante où il retrace avec émotion son parcours personnel. Avec tendresse et humour, il raconte son arrivée en Israël, son intégration, son travail, son engagement pour la paix, sa sidération à l’annonce de la mort de Rabin. Il le dit clairement en accompagnement de ses desseins : « ces années qui ont fini par radicaliser Israéliens et Palestiniens, à renforcer l’extrême droite, délégitimer toutes les voix, à assombrir l’avenir…au cours desquelles nos fils ont été envoyés tantôt au Liban, tantôt dans les Territoires occupés, tandis que nous manifestions à Jérusalem et à Tel-Aviv contre la politique du gouvernement. Falafel, sauce piquante, une manière de mieux comprendre société complexe sur une terre pas si sainte.

Feuilleter l’album

– * Cartooning for peace est une association née en octobre 2006 d’un événement – Les réactions sanglantes à la publication des caricatures de Mahomet dans le journal danois, le Jyllands-Posten -,  et d’une rencontre entre Kofi Annan, prix Nobel de la Paix et Secrétaire général des Nations Unies, et Plantu, journaliste et dessinateur au Monde et à l’Express.

André Degon.

Falafel, sauce piquante de Michel Kichka, 88 pages, Dargaud éd. 21,90 euros

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