Vierzon : l’ARS s’engage, les grévistes de la faim cessent le jeûne

Les grévistes de la faim de l’hôpital de Vierzon ont cessé leur jeûne mercredi soir. L’ARS (Agence Régionale de Santé) aurait rassuré élus, syndicats et grévistes quant à l’avenir du site et intégré le projet du corps médical local. La situation paraît se débloquer sur le site même si tous les dossiers ne sont pas encore refermés.

Les deux grévistes ont retrouvé le sourire mercredi soir.

Il aura fallu 140 jours de grève, dont quarante jours de camp gaulois dans la cour de l’établissement, trois jours de grève de la faim ( environ quatre kilos perdus chacun) pour deux agents hospitaliers du cru, des actions régulières depuis le mois de juin dernier, plusieurs réunions à Orléans, des prises de positions favorables des élus locaux et régionaux, pour que l’ARS accèdent enfin aux demandes de l’intersyndicale de l’hôpital de Vierzon. Pourtant ce que réclamaient les grévistes était assez simple : l’engagement écrit que la maternité ne fermerait pas et donc le maintien de l’ensemble des services de l’hôpital local.

 

 

L’ARS n’est pas opposée à la modernisation du bloc opératoire…

L’hôpital de Vierzon.

La directrice de l’ARS avait, dans un premier temps, réaffirmé que, malgré les difficultés actuelles de l’établissement, l’objectif n’était pas de fermer la maternité et quelle n’était pas opposer à une modernisation du bloc opératoire si elle figurait dans le projet médical d’établissement que les médecins devaient rédiger. Il semble que la dernière mouture de celui-ci soit au goût des instances administratives régionales. On aura beau clamer, comme la députée Nadya Essayan, en voyage en Argentine avec la délégation française pour le G20 des parlementaires que « Depuis Buenos Aires, j’ai eu un entretien téléphonique avec Mme la ministre de la santé Agnès Buzyn au sujet de la situation de l’hôpital de Vierzon. Elle m’a assuré de son soutien pour que nous arrivions à sortir de la situation par le haut et m’a chargé d’un message à la population du bassin de vie vierzonnais : sa préoccupation est celle de la qualité des soins. C’est ce qui guide les décisions qui sont prises et non l’aspect budgétaire. Un service ne fermera jamais pour des raisons budgétaires. Et la maternité de Vierzon en l’occurrence n’est pas menacée de fermeture ». On peut tout de même se demander si la dernière action des agents hospitalier Berrichons n’a pas été plus décisive pour débloquer la situation qu’un simple coup de fil. Ou alors, il aurait fallu ouvrir une ligne directe voilà quelques mois déjà…

La mobilisation de la plupart des intervenants du site, des élus et de la population n’a jamais été remise en cause.

Sinon comment expliquer que, en trois jours, le projet énoncé, présenté et commenté par le corps médical de la deuxième ville du Cher depuis plusieurs semaines, et qui n’a jamais varié, ou si peu, ait pu avoir l’assentiment de l’ARS lors de sa présentation la semaine dernière.

Il aura donc suffit d’une série d’objectifs choisis, et couchés sur le papier, comme la création d’une unité médico-chirurgicale pour le suivi des patients (pathologie viscérale, pathologie urologique…) comme le développement de la filière gérontho-orthopédique et traumatologique, comme le développement de la filière ophtalmologique (consultation et chirurgie), comme compléter et pérenniser l’équipe de gynécologues-obstétriciens pour maintenir la maternité et son activité, comme rénover le bloc opératoire, maintenir ses activités et optimiser l’organisation, comme maintenir le service de pédiatrie et anticiper la prise en charge d’épidémies saisonnières, autant de sujets qui sont indispensables à la vie et au fonctionnement d’un établissement de territoire qui se respecte et respecte ses habitants. Surtout que la remise à niveau du bloc opératoire constituait la pierre d’achoppement pour assurer, ou pas, le maintien de la maternité, qui serait devenu, in fine, sans cet outil, un centre de périnatalité à la mode Blancoise.

Un audit toujours en cours

L’humour a toujours été de mise sur la camp gaulois.

Toujours est-il que l’audit actuellement en cours, le rapport doit être rendu en décembre prochain, devrait aussi donner une vision plus proche de la réalité, à condition qu’il prennent en compte tous les paramètres et particulièrement le manque de soutien financier de l’ARS depuis la début de ce siècle. Alors que l’hôpital effectuait, sur ses propres deniers, des investissements importants, à l’image de la rénovation des urgences, de la maternité, de la construction du centre de soins de suites et de rééducation « Robert Leroux » l’agence n’a octroyé qu’une participation minimale à hauteur d’un peu moins d’un million alors que, dans le même temps, . le montant des travaux s’élevait à 30 millions d’euros, et toujours sans le concours de l’état…
Pour beaucoup d’observateurs, outre ces choix politiques, le déficit structurel de l’hôpital de Vierzon est aussi dû à une tarification à l’activité (T2A) inadaptée qui grève la trésorerie de l’établissement.

Si le dialogue semble être à l’ordre du jour, élus locaux et acteurs du mouvement veulent rester vigilants… Pour beaucoup, un communiqué n’est finalement qu’un morceau de papier.

Fabrice Simoes

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