Des compétitions internationales de natation sans maillot, juste pour le plaisir

Après Mulhouse et l’Italie, le Havre accueillait fin octobre des compétitions internationales de natation naturistes. Une manifestation organisée par la Fédération naturiste internationale riche en performances. Mais sans espoir de records homologués, faute de… tenue réglementaire !

« Des manifestations comme ça, c’est super. Cela fait 7 ans que j’y participe », explique Yann, tourangeau d’origine, après être descendu du podium, une médaille autour du cou. Accompagné de sa fille et de sa mère, il est venu pour représenter les couleurs de la Suède, où il réside habituellement. « Je ne participe pas pour me faire connaitre, mais parce que j’aime la natation, et l’ambiance de ces rendez-vous annuels. En tout cas, pas pour inscrire un nouveau record mondial, puisque nos temps ne seront jamais homologués ».

Pourquoi ? « Pour qu’un record de natation puisse être validé par les instances officielles, il faut porter une tenue réglementaire », indique un ancien, membre de la formation française présente sur place (la plus importante en nombre), qui cite même une anecdote, pas très récente, mais significative. « En 1965, l’Australienne Dawn Fraser, médaillée d’or aux jeux olympiques de Tokyo, déclarait que si elle nageait nue, elle battrait bien plus de records. Deux ans après, la nageuse allemande Sylvia Ester, lors d’un entrainement dans une piscine berlinoise, battait un record qui n’a jamais été homologué, car elle était nue, et que la tenue réglementaire imposée par la fédération internationale de natation, pour les femmes, est le maillot de bain une pièce ». Et cela n’a pas changé.

Depuis près de 50 ans, déjà…

Organisée sur place par le Club du soleil de la porte Océane, cette compétition havraise était la 47e du nom. Neuf nations étant présentes, sans les Belges ni les Néerlandais, soit 200 naturistes sur place, avec les accompagnateurs et les « officiels ». Comme le relevait le quotidien Presse Océan, venu se rendre compte de l’évènement, « 200 personnes dont 130 nageurs, représentant neuf pays, participaient à l’événement. Au total, 75 départs furent donnés toute la journée. Les compétiteurs ont pratiqué le 50 m papillon, le 50 m dos, le 50 m brasse, le 50 libre et des relais dont un relais famille 3 fois 50 m libre ». Des compétitions traditionnelles pour ce type d’évènement, ouvertes à toutes les classes d’âge, et alliant une organisation rigoureuse (prise en main par l’Allemagne) à une ambiance bon enfant.

C’était la première fois que le Havre accueillait cette compétition, mais pas la Normandie, Evreux ayant déjà joué le jeu, voilà plusieurs années, comme d’autres villes françaises (Montluçon, Piriac sur Mer, Mulhouse). Et d’aucuns se souviendront qu’en 1978, c’était la ville de Tours, alors gérée par M. Royer, qui avait accueilli la manifestation, comme le prouve un reportage réalisé à l’époque dans l’émission Stade 2, et précieusement conservé par l’INA.

Cette année, face aux représentants d’Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Suisse, Espagne, Autriche, Danemark et Suède, la France revient avec 41 médailles (11 or, 13 argent, 17 bronze). A l’issue des épreuves, en présence de Zieglinde Ivo, présidente de la Fédération internationale, et Yves Leclerc, président en exercice de la Fédération française de naturisme, la France pouvait se targuer d’avoir été la nation la plus représentée dans la compétition, même si elle n’a pas remporté le plus grand nombre de médaille.

Rendez-vous à Paris en 2019

« Pour participer, il faut être détenteur de la licence naturiste, c’est une obligation. Mais nous savons que nous avons dans les régions des bons nageurs qui, pour une compétition à Paris, en s’y prenant de bonne heure, sauront se préparer, et se libérer pour les dates retenues ». La prochaine compétition de ce type est effectivement prévue à Paris, en 2019, du 19 au 21 octobre. En région Centre-Val de Loire, après la défection de Tours voilà plusieurs années, il existe encore deux piscines qui proposent des horaires spécifiques pour nager sans maillot de bain, sous la responsabilité d’associations naturistes locales, à Saint-Jean-de-la-Ruelle (45) et Argenton-sur-Creuse (Indre).

Les membres de l’Association des Naturistes de Paris sont déjà sur le pied de guerre pour préparer un évènement fastueux. Et il se murmure que d’aucuns ont déjà planifié leur entrainement. Gageons qu’ils sauront faire école, pour présenter une équipe encore plus performante qu’en 2018.

Jean-Luc Bouland

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