Orléans, orientations budgétaires : du saupoudrage, ou une vision politique ?

C’est de saison voici revenues les orientations budgétaires 2019 dans les collectivités, notamment Orléans réunie en conseil municipal lundi 5 novembre. Dans un contexte de légère inflexion de la croissance et une inflation de 1,8 %, avec la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages et l’obligation pour la Ville d’Orléans de contenir ses dépenses de fonctionnement à 1,2 % maximum, l’opposition se demande si les « OB » (orientations budgétaires), sont un simple saupoudrage manquant de « vision politique ».

Déshabille-t-on Orléans pour habiller la Métropole ? C’est en substance ce que demandent les élus d’opposition qui s’inquiètent des transferts de compétences de la ville-centre vers la Métropole. « Un problème de communication et de pédagogie » temporise Olivier Carré. Peut-être aussi les élus d’opposition n’ont-ils pas lu le supplément édité par Magcentre.fr sur « tout ce que vous avez voulu savoir sur la Métropole sans jamais avoir osé le demander »… ? Dans l’escarcelle de la Métropole à partir du 1er janvier 2019, de nouvelles évolutions du périmètre d’intervention : les équipements culturels et sportifs (Zénith, la patinoire du complexe du Baron, le Musée des beaux-arts, le musée historique, la base de loisirs de l’Île Charlemagne) ; et de nouvelles compétences facultatives pour la Métropole mais qui le deviendront à partir de l’année prochaine : les clubs sportifs professionnels (Orléans Loiret basket, USO Foot, et les deux clubs de handball masculin et féminin). « Qu’est-ce qui va rester à la ville après tous ces transferts à la Ville, à part les écoles ? », a déclaré Corine Leveleux-Teixeira conseillère PS d’opposition. « Quelle est la logique qui préside à ces transferts de compétences ? Les équipements sportifs ? Pas tous. Pourquoi pas le MOBE ? J’aimerai qu’on ait un bilan sur les transferts des équipements réalisés, ceux qui restent à réaliser. Sur le fond je ne vais pas dire grand-chose, parce qu’au fond il n’y a pas grand-chose. Il y a de la comptabilité, des expertises, etc. mais pas de politique. C’est un budget de saupoudrage. Quels sont ses points forts, ses points faibles ? Ça me paraît manquer de volontarisme ». Dominique Tripet (Front de gauche) va dans le même sens : « L’élue que je suis depuis 2014 pouvait se prononcer sur des décisions, elles étaient municipales ; mais finalement avec les transferts de compétences vers la Métropole je ne vais plus avoir mon mot à dire ; c’est une perte d’expression démocratique ».

La proximité : l’apanage du maire. Le rayonnement : la Métropole

L’ex président de l’agglomération, Charles-Éric Lemaignen estime que « Ce que fait la Ville d’Orléans est exceptionnel. Aujourd’hui on est à maturité, on devrait communiquer davantage, c’est totalement exceptionnel. Sur l’inquiétude des transferts de compétences à la Métropole : les politiques sont mélangées et c’est ça qui permet les échanges ». Cependant, le rapporteur du budget Michel Martin ajoute que « c’est vrai c’est difficile, on est dans une période de basculement des compétences. Tout le monde n’a pas la vision globale Métropole-Ville ». Olivier Carré justifie quant à lui la « métropolisation » d’Orléans, qui a largement été débattue fin 2016 et début 2017, au conseil d’agglomération comme dans les conseils municipaux : « D’autres territoires ont fait ces choix depuis 20 ou 30 ans ; nos prédécesseurs ne l’avaient pas fait. (La Métropole s’occupe de..) …l’eau, l’assainissement, la voirie : et on va même parfois plus loin en effet avec la culture, le sport. La Métropole se définit sur l’aire urbaine, et c’est l’échelle du vécu pour les gens, dans leur quotidien. La Ville ne peut plus faire les choses seules. Tout est désormais une question de curseur : où est-ce qu’on l’arrête par exemple en matière d’équipements sportifs ? Les musées nationaux : il n’y en a pas quarante. L’essentiel est concentré sur la Ville d’Orléans. Tous ces éléments-là, il ne faudrait pas qu’à la sortie la tentation soit de dire on déverse tout. La proximité reste l’apanage du maire ; tout ce qui contribue au rayonnement, c’est la Métropole qui doit être en capacité de le faire. Il n’y a que l’échelon communal pour la proximité humaine. Il y a sans doute un problème de communication et de pédagogie, car tout est écrit ».

F.Sabourin

La maison de santé pluridisciplinaire Saint-Marceau s’appellera… maison de santé pluridisciplinaire Saint-Marceau

On a connu les élus plus imaginatifs, quand il s’agissait par exemple de trouver un nom à la future salle « CoMet ». La maison de santé pluridisciplinaire Saint-Marceau, qui ouvrira au public le 2 janvier prochain se nommera… « Maison de santé pluridisciplinaire Saint-Marceau ». « On notera que les autres MSP étaient dotées de noms de personnalités », s’est étonnée Marie-Emmanuelle Matet de Ruffray (élue d’opposition, PS). « Concernant cette dénomination le travail n’est pas complètement abouti, je le regrette un peu à titre personnel » a justifié Valmy Noumi Komguem, adjoint au maire en charge de la santé, ajoutant que c’était « la population de ce quartier qui avait été consultée et qui avait trouvé le nom ».

Trois médecins généralistes, deux gynécologues, un médecin gynécologue spécialisé dans l’allaitement, un rhumatologue, deux échographistes, deux infirmières, un psychothérapeute, une sage-femme, deux sages-femmes échographistes, deux kinés, un naturopathe, un sophrologue, une diététicienne et une coordinatrice : le projet, validé par l’ARS (Agence régionale de santé) en janvier 2017 va se spécialiser dans la santé de la mère et de l’enfant ; les pathologies chroniques (en particulier les risques cardio-vasculaires) et la gériatrie. Une bonne nouvelle, même si certains s’interrogent sur la provenance des médecins généralistes : sont-ils nouveaux à Orléans, où viennent-ils déjà de cabinets orléanais, s’interrogent Marie-Emmanuelle Matet de Ruffray et Michel Ricoud. « En ce qui concerne la diversité de ces praticiens : aujourd’hui la notion concurrentielle est dépassée. À ce jour des stagiaires qui auront été en stage avec ces mêmes médecins pourront intégrer la MSP », répond Valmy Noumi Komguem. Inquiet, comme tout le monde dans l’orléanais de l’évolution de la désertifiation médicale, le maire d’Orléans qui est aussi président de la Métropole répond que « tous les éléments mis bout à bout, la médecine de ville sur le modèle des années 50 a complètement évolué. Là où les médecins qui s’installent sont très exigeant c’est sur l’environnement professionnel qui les entoure. J’ai été sensible sur le plan santé du Président de la République, il répond à certaines questions. Aujourd’hui si on veut avancer, il est indispensable que tous ces réseaux existent et que la médecine de ville ne soit pas déconnectée de l’hôpital. On va être très actif auprès de nos jeunes internes pour leur montrer l’intérêt qu’ils ont à s’installer chez nous, sur la qualité de vie bref être très accueillant pour eux ». Dans le même temps, le sort de la MSP Simone-Veil à La Source (ouverte il y a deux ans) est suspendu, en panne de praticiens…

 

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