La double vie de Maurice Genevoix

Né en novembre 1890, Maurice Genevoix a vécu son enfance marquée par le décès prématuré de sa mère, en bord de Loire à Châteauneuf sur Loire. Brillant élève du Lycée Pothier  à Orléans, il intègre l’École Normale Supérieure et consacre son diplôme de fin d’études supérieures au « réalisme dans les romans de Maupassant ».

La statue de Maurice Genevoix aux Éparges.

Il est alors cacique de sa promotion avant une dernière année universitaire pour se présenter à l’agrégation et aborder une carrière universitaire et/ou littéraire, quand la déclaration de guerre en aout 1914 interrompt sa dernière année d’études. Mobilisé comme sous officier d’infanterie il participe aux combats de la côte des Éparges en 1915 où il sera grièvement blessé. Il va donc exercer ses premiers talents littéraires à un sujet tragique: la description de la guerre et surtout à la souffrance des hommes au coté desquels il va combattre dans les pires conditions. Témoin parmi les témoins comme Dorgelès ou Barbusse, son recueil Ceux de 14 révélera un réalisme littéraire inscrit dans sa chair.

« Je suis tombé un genou à terre. Dur et sec, un choc a heurté mon bras gauche. Il saigne à flots saccadés. Je voudrais me lever, je ne peux pas. Mon bras tressaute au choc d’une deuxième balle et saigne par un trou. Mon genou pèse sur le sol comme si mon corps était en plomb. Ma tête s’incline et sous mes yeux un lambeau d’étoffe saute au choc mat d’une troisième balle. Je vois sur ma poitrine un profond sillon de chair rouge. »

Réalisme régionaliste

Les Vernelles.@Ceux de 14

Mais comme pour tous les combattants survivants de la Grande Guerre, les blessures psychologiques, en plus des blessures physiques, sont profondes et le culte des anciens combattants sera leur seule thérapie pour faire face à leurs traumatismes. A l’évidence, Maurice Genevoix se tournera vers une écriture que l’on peut qualifier de réalisme régionaliste dont la Sologne et le Val de Loire seront souvent le cadre, sans doute à la recherche d’un monde perdu comme pour conjurer les fantômes de cette guerre terrible et glorifiée.  Maurice Genevoix conservera de ses écrits de guerre le souci de la précision dans l’écriture faisant de ses romans des récits documentaires mais ce qui fait sans doute la profondeur des romans de Maurice Genevoix c’est cette fragilité de la vie, cette temporalité toujours présente dans le vécu le plus quotidien.

Maurice Genevoix a reçu le prix Goncourt en 1925 pour Raboliot et a été admis à l’Académie Française en 1946.

G.P

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