Rennes : les départements en congrès, le bras de fer continue avec le gouvernement

Ils sont tous là les président de Conseils départementaux, ils sont venus de tous les départements de France avec en prime François Baroin, le président de l’Association des Maires de France, Hervé Morin celui  des Régions de France, Gérard Larcher, le président du Sénat et Jacques Toubon, le défenseur des Droits. Ils sont plus de mille Girondins, tous représentants de nos territoires  rassemblés, paradoxe,  dans le couvent des Jacobins qui sert de palais des Congrès à la ville de Rennes.

Dominique Bussereau, le président de l’ADF.

 C’est peu dire  que le malaise est palpable et l’inquiétude profonde. Il y a de la défiance dans l’air à l’égard du gouvernement et en même temps, malgré tout, une espérance. Ces femmes et ces hommes gestionnaires rompus au quotidien des territoires n’ont rien de révolutionnaires.  Tous bords confondus,iIs veulent seulement avoir les moyens  d’accomplir correctement la tâche pour laquelle ils ont été élus.S’ils n’y parviennent pas la faute en est au gouvernement et pour l’heure la situation demeure tendue entre l’exécutif et les collectivités. Fin septembre à Marseille, le congrès des régions s’était soldé par une quasi-rupture entre le gouvernement et les grandes associations d’élus, ADF, Régions de France et Association des maires de France (AMF), qui dénonçaient l’absence de concertation et même d’interlocuteur dédié. Depuis la situation a un peu évolué.

. Pour sortir de cette impasse, le chef de l’État a multiplié les signes en direction des collectivités, avec notamment la création d’un grand ministère de la Cohésion des territoires confié à Jacqueline Gourault ou encore son périple cette semaine dans onze départements de l’Est et du Nord de la France. Pas asez cependant.

 Un progrès mais le compte n’y est pas

Dominique Bussereau à Rennes.@Le Télégramme.

Dans son discours d’ouverture du congrès Dominique Bussereau, ( ex LR),  a rappelé qu’il avait rencontré Emmanuel  Macron il y a un mois ett qu’ alors « le Président a pris l’engagement d’une nouvelle période, une nouvelle aire de relation avec les élus locaux. Il n’y pas de raison de ne pas le croire »

Mardi, à la veille du congrès, Jacqueline Gourault a écrit aux départements pour leur expliquer comment l’Etat allait les aider pour financer les politiques de solidarité,  soit un déblocage immédiat de 250 millions d’euros quand la part de l’Etat s’élève à 9,3 milliards d’euros. Non sans humour, le Charentais Dominique Bussereau a conclu : « Il y a un acompte, une étape, un progrès, mais le compte n’y est pas. Il y a un acompte, mais il faut alimenter le compte ». La veille en effet, le bureau de l’ADF a accepté les propositions financières du gouvernement pour soutenir les politiques sociales des départements et le financement de l’accueil des mineurs non accompagnés (MNA). Même s’il continue de les juger insuffisantes… Fin 2017, « 25 000 jeunes étrangers étaient pris en charge au titre de l’aide sociale à l’enfance », pour un coût de 1,25 milliard d’euros dont environ 15% financés par l’État, indique l’ADF pour qui « le dispositif est devenu insupportable pour les départements ».

 Les collectivités attendent des actes

Marc Gaudet, président du Loiret.

 Insistant sur le « caractère exceptionnel » du congrès, le président du département de l’Aude, André Viola, président du groupe de gauche de l’ADF a dénoncé la méthode des gouvernements qui se sont succédés et notamment celle menée depuis mai 2017. « Aussi bien la forme que le fond sont contestables. Ces réformes ont pour socle le dénigrement et pour méthode l’opacité ». Pour lui comme pour l’ensemble des congressistes il faut « mettre fin à la recentralisation qui s’est imposée ces dernières années », et « reconquérir une autonomie

Jacqueline Gourault, ministre

financière .  Appelant le gouvernement à cesser les « décisions brutales » et à formuler des réponses concrètes pour assurer le financement des aides de solidarité, dont le versement incombe aux départements, André Viola a poussé les départements à la mobilisation. « Il faut que nous luttions pour faire évoluer le cours des choses ! Que qui décide paye.  »

« Les territoires attendent désormais des actes », disent sans hésitation les associations d’élus qui  affichent à nouveau au congrès leur unité et le soutien très clair du président du Sénat  Gérard Larcher.

Les ministres de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, et des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, seront finalement présents en clôture du congrès des départements de France, ce vendredi à Rennes.

                                                              F.C.

 

 

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