AG du Medef 41 : manager à visage humain, une nécessité pour les entreprises

En invitant Élisabeth Moreno, patronne de Lenovo France et chantre du management bienveillant à son assemblée générale du 8 novembre dernier, le MEDEF 41 est conscient que les patrons doivent changer de logiciel s’ils veulent attirer leurs futurs collaborateurs.

Élisabeth Moreno

« Nous devons passer en mode séduction pour trouver les collaborateurs donc nous manquons. Pour cela, il nous faut remettre de l’humain, du sens et de la reconnaissance dans nos organisations » déclarait Paul Seignolle le président du MEDEF 41 en prélude à l’assemblée générale du mouvement patronal qui revendique 1.200 adhérents représentant 90.000 salariés en Loir-et-Cher.

“Et si on arrêtait de parler de patrons ?” Le thème choisi était donc parfaitement en phase avec cet objectif. C’est la nouvelle égérie du patronat français en personne qui a été choisie pour traiter du sujet. présidente de Lenovo France depuis 2017, Élisabeth Moreno illustre à la fois la réussite d’une femme issue de la diversité (elle est d’origine capverdienne) et l’esprit d’entreprise puisqu’avant d’être choisie par le groupe chinois, N° 1 mondial des ordinateurs, elle fut créatrice d’une entreprise de 30 salariés dans le bâtiment.

« 60 % des salariés se déclarent désengagés dans leur travail ». La dirigeante a d’abord pointé les causes d’un phénomène qui touche tous les pays développés et se traduit par la montée du mal-être au travail (syndromes d’épuisement ou burn-out, de bore-out (ennui) et de brown-out (perte de sens). A l’origine de cela, l’absence d’autonomie, l’absurdité des process, le manque de délégation mais aussi l’arrivée des générations Y, Y et Z pour qui le travail n’est plus la valeur essentielle.

Plaidoyer pour un leadership éthique

Le changement de la posture managériale est donc une ardente nécessitée. Les patrons autoritaires, manageant à la hussarde et regardant leurs troupes de haut depuis leur tour d’ivoire, doivent se « reformater » et se transformer en ce qu’elle nomme des « servant leader », chefs fédérateurs sachant repérer les talents et les faire grandir.

Ce nouveau leader, décrit par l’Américain Robert Greenleaf dès les années 70, doit savoir se mettre au service de « ses équipiers » pour les aider à accomplir l’objectif commun qui est le succès de l’entreprise. Pour cela, il doit être capable de susciter du désir et savoir créer un environnement source de bonheur au travail.

Élisabeth Moreno a insisté sur « l’urgence de remettre du bon sens dans les organisations en promouvant la délégation, la bienveillance, le partage de l’information, et la reconnaissance ». Condition du succès, ce patron « communicant, connecté et collaboratif » doit donner l’exemple et adopter un comportement exemplaire en phase avec les valeurs qu’il promeut. Exit donc les parachutes dorées, les hausses de salaire injustifié ou l’enrichissement indu des actionnaires.

P. Seignolle, entouré d’Élisabeth Moreno et JF Durand (pdt Entreprises et formation 41)

Copieusement applaudie, l’étoile montante du MEDEF a aussi répondu aux questions de quatre patrons. (Cécile Séjourné, directrice commerciale des Laboratoires Chemineau, Pierre-Paul Parodat, directeur industriel de Daher, Patrick Marionneau, PDG d’EMKA électronique et Paul Seignolle, ex dirigeant de Sidamo et actuel président de l’ADA Blois Basket 41) transformés en journalistes l’espace d’une soirée.

Et chacun a bien compris que sous des dehors bienveillants, la Franco-capverdienne ne s’en laisse pas compter. « Je me suis séparé des manageurs qui ne partageaient pas les valeurs de bienveillance et de dialogue en vigueur chez Levono » a-t-elle déclaré en exprimant aussi son refus de la discrimination positive si la personne ne possède pas les compétences requises pas le poste. Un sacré caractère cette Mme Moreno !

J-L. Vezon

Une offre de services emploi et formation

Le MEDEF 41 préfigure-t-il la nouvelle génération des MEDEF territoriaux ? il est en effet l’un des seuls en France à offrir à ses adhérents (83 % des entreprises de moins de 50 salariés) des services en matière de recrutement et de formation.
Le MEDEF 41 possède ainsi depuis 2009 une structure dédiée au recrutement dénommée, Entreprise et formation 41. Depuis 2016, celle-ci est chargée de mettre en relation entreprises et bénéficiaires du RSA dans le cadre d’un partenariat avec le Département de Loir-et-Cher. Ce dernier a créé une plateforme très innovante visant au rapprochement entre offres d’emploi et candidat baptisée Job 41. Depuis le lancement du site job41.fr, ce sont ainsi 1990 offres d’emploi qui ont été collectées auprès de 706 entreprises générant au total 446 retours à l’emploi (dont 60 % de plus de 6 mois).

« Parce que la meilleure des aides sociales, c’est le travail, nous sommes dans une démarche sociétale de retour à l’emploi. Nos équipes accompagnent les personnes qui retrouvent un poste en aidant à l’aménagement du temps de travail, à la mise en place de formations ou à l’adaptation des cadences » a souligné le président de l’association Jean-François Durand.

Depuis le printemps dernier, le MEDEF a aussi mis sous sa gouvernance le Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ 41) que préside désormais la DRH d’Acticall Alexandra Nouvellon. La structure se mobilise pour l’insertion des personnes éloignées de l’emploi en mettant en place des contrats de professionnalisation au sein des entreprises adhérentes (141 contrats de travail depuis 2012). Bénéficiant d’un accompagnement socio-professionnel, les alternants peuvent ainsi accéder à des emplois dans de multiples domaines (restauration, vente, industrie, etc.).

 

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