Congrès des départements: pour Marc Gaudet (Loiret), “l’accueil des mineurs relève de l’Etat”

Président du Conseil départemental du Loiret , Marc Gaudet participait à Rennes au Congrès des l’Association des Départements de France auquel, fait exceptionnel, aucun ne manquait.  Dans toutes collectivités locales le malaise est profond. « Nous ne voyons pas où l’Etat veut en venir », nous a déclaré l’élu du Pithiverais. « Si tout est verticalisé qui sera présent sur le terrain ? Depuis les dernières réformes territoriales les citoyens ne savent plus qui représente quoi,  qui intervient  et  pour quoi. Ils ne comprennent plus. Heureusement nous, les conseillers départementaux nous représentons un canton  et nous sommes encore identifiés. »

Comme tous les présidents de départements, Marc Gaudet est confronté dans le Loiret à l’arrivée de mineurs migrants non accompagnés qui relèvent des compétences départementales.

Interview :

« L’accueil des mineurs migrants est une politique régalienne par excellence »

 

Mag’Centre : combien à ce jour avez-vous recensé de mineurs  migrants ?

Marc  Gaudet : “Nous en avons un peu moins de 400, 380 pour être plus précis. Nous sommes à 1,1% de la totalité  de ceux qui arrivent sur toute la France conformément à la répartition qui a été décidée au niveau national, comme la création d’un fichier. Il en arrive une dizaine par jour parmi lesquels huit sont majeurs. Ils nous en reste donc deux. Certains arrivent avec dans les poches des itinéraires fourni par les passeurs leur permettant d’éviter le plus possible les contrôles et leur désignant les lieux où ils ont le plus de chance d’être accueillis. Dans la quasi totalité des jeunes garçons. Ce sont des fait nouveaux, j’ai été prévenu mercredi que cinq jeunes migrants  nous ont été amenés  la brigade auto-routière. En  provenance directe d’Espagne? Nouveau système mis en place par les passeurs ?”

Mag’Centre: quels problèmes ces mineurs posent-ils localement ?

Marc Gaudet : “Les évaluations d’arrivée des mineurs non accompagnés MNA demandent du personnel, prennent du temps et coûtent. Heureusement nous venons de toucher 1,2 million de l’Etat ce qui rétablit un peu les choses Ces jeunes arrivent tous sur la métropole, Orléans, dont les hôtels d’accueil sont saturés Des solidarités seraient les bienvenues pour des réorientations mais on ne peut pas dire que les maires de nos villes moyennes se bousculent au portillon.

Toutes les semaines, ces jeunes doivent se rendre à un bâtiment du trésor public pour toucher en liquide la petite allocation à laquelle ils ont droit.  Des files d’attente se forment dehors. Quand ils ont touché leur allocation ils  comptent leurs billets, procèdent à des transactions entre eux. Nous songeons  à remplacer cette distribution en argent liquide par une carte, avec des paiements dédiés  aux achats quotidiens, nourriture, vêtements….”

 Mag’Centre : estimez-vous que ces mineurs non accompagnés relèvent des compétences des départements ?

Marc Gaudet : “C’est ce que dit le gouvernement: vous avez l’action sociale en charge  donc de la protection des mineurs . Or les mineurs non accompagnes relèvent de l’immigration qui fait partie  de la politique régalienne par excellence . L’Etat doit intervenir et les prendre en charge.”

Propos recueillis par Françoise Cariès

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