Loir-et-Cher : l’hôtellerie et la restauration manquent de bras

Plus de 380 postes dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration sont non pourvus en Loir-et-Cher actuellement. Ce qui inquiète les professionnels du secteur. Préfet, Région, et UMIH s’unissent pour lancer un plan départemental afin de rendre plus attractifs les métiers concernés, et attirer la main d’œuvre dont le secteur a besoin.

Ils se mettent à table : le préfet, la Région, Pôle Emploi, les missions locales, la CCI, les réseaux d’entreprises et l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) sonnent la mobilisation générale pour trouver la main d’œuvre dont les professionnels du tourisme, les hôteliers et les restaurateurs ont besoin pour fonctionner mais ne trouvent pas.

Le Smic hôtelier meilleur que le Smic lambda

Les constats sont connus, et depuis longtemps : horaires à rallonge, travail les week-ends, établissements en secteur rural ajoutant problème de transports et d’hébergement pour les salariés de tous âges, mauvaise réputation des métiers (la plonge, ça vous tente ?), mauvaise réputation des patrons et de leur « formation » à coup de pied dans le… Bref, comme le dit la présidente de l’UMIH 41 Sabine Ferrand : « La profession traine de grosses gamelles ». Et pourtant, la situation s’est améliorée, car les professionnels en question se remettent en cause, depuis plusieurs années. Aide au permis de conduire, aide au logement, aide à la garde d’enfants, et Smic hôtelier meilleur que le Smic lambda : 1648 € bruts mensuels (1290 € nets) au lieu de 1480 € bruts (1149 € nets).

Et pourtant, de grandes difficultés d’embauche se font ressentir. « Dans tous les établissements, quelle que soit la gamme » ajoute Sabine Ferrand, patronne du restaurant le Rhinocéros à Saint-Laurent-Nouan. Le saviez-vous ? Le Relais de Chambord, hôtel quatre étoiles flambant neuf avec vue imprenable sur le château… manque de personnel… Une gargote du fin fond de la Sologne, passe encore, mais Chambord !

Des métiers “voies de garage” ?

« C’est un secteur qui est et qui ne sera pas délocalisable » insiste Sabine Ferrand. « Le manque de personnel qualifié ou non qualifié est préjudiciable à l’activité de certains établissements, qui sont parfois au bord de l’agonie… ». Aux grands maux les grands remèdes, c’est ce que croit le préfet Jean-Pierre Condemine qui déclenche un plan en quatre axes, censés sortir le secteur du frigo. Mobiliser les professionnels et les prescripteurs ; mobiliser le public demandeur d’emploi ; professionnaliser la main d’œuvre potentielle ; accompagner les professionnels dans leurs recrutements.

Conseil de guerre pour l’hôtellerie restauration et le secteur du tourisme, autour du préfet de Loir-et-Cher JP Condemine.

Parmi les pistes à mettre en œuvre « immédiatement » aux dires des acteurs réunis autour de la table du préfet, améliorer la perception des métiers concernés dans les collèges. Lesquels, de l’aveu même de la présidente de l’UMIH, « on a du mal à pousser les portes ». Et pour cause : les métiers de l’hôtellerie-restauration – et l’apprentissage qui va avec – sont encore trop souvent perçus comme des voies de garage, faute de mieux. Mais la directrice académique était-elle autour de la table avec le préfet ? Non.

Globalement quand même, à mettre au crédit de l’UMIH et des professionnels du secteur, « des choses commencent à s’améliorer ». Meilleure image, reconnaissance des métiers, amélioration des conditions de formation, paiement des heures supplémentaires… Il ne reste plus qu’à transformer l’essai, et recruter, tout en fidélisant les potentiels salariés. Dans la ligne de mire, un enjeu capital : en 2019 devraient affluer dans le territoire régional – et donc en Loir-et-Cher aussi – des touristes plus que d’ordinaire, pour le 500e anniversaire de la Renaissance en Val de Loire… Pas question de manquer de main d’œuvre. Et dire qu’il suffit de traverser la rue…

F.Sabourin

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