Noir, c’est noir… Y a-t-il encore de l’espoir ?

                                                                                

                                                                                 Par Gérard Hocmard                                             Gérard Hocmard

 

Commencent à me bassiner avec leur Black Friday !!!

Cela fait une semaine que la boîte à lettres déborde de publicités bordées de noir annonçant qu’on va voir ce qu’on va voir, une semaine que huit courriels sur dix claironnent l’arrivée du Black Friday, une semaine que le « ping » du téléphone indiquant un nouveau texto est déclenché par un message invitant à profiter du Black Friday. Et les radios, les télévisions en rajoutent. À les entendre et à les lire, nous ratons la chance de notre vie en ne profitant pas de ce vendredi pour changer de voiture, d’appareils ménagers, de mobilier, de garde-robe ou prendre des places de spectacle. Pouce !

On le sait, qu’il va falloir se coller aux achats de Noël ! Tant mieux s’il y a des affaires à faire grâce à des réductions exceptionnelles ! Mais pourquoi ce jour-là et qu’est-ce que c’est que ce phénomène ? Pour les Américains, c’est le lendemain du jeudi de Thanksgiving où ils rendent grâce pour le sauvetage des premiers colons menacés de famine par les indigènes dont leurs descendants allaient massacrer les descendants. Il faut bien se remettre de tout ce qu’on a mangé et bu la veille pour mieux célébrer, alors on va s’aérer en faisant du magasinage, comme diraient les Québécois. Ce que percevant, les commerçants ont eu, voici une couple de décennies seulement, l’idée d’attirer le chaland par des remises exceptionnelles. Chez nous, on appelle ça des soldes et on les fait plutôt après les fêtes pour écouler les invendus de la saison. En quoi sommes-nous tenus d’imiter les Américains à une date qui ne nous dit rien ?

Singer les Etats-Unis

Et puis d’abord, si on doit y passer, pourquoi appeler cela « Black Friday » ? Certes « Vendredi noir » est moins glamour, mais on doit pouvoir trouver une formule dynamique qui soit française, non ? Je ne sais pas, moi, le « J -30 », le « Jour des Remises » ? À quoi bon baver sur les États-Unis, leurs mœurs politiques et l’impérialisme qui permet à n’importe quel juge local de s’arroger le droit de condamner nos banques ou nos entreprises si c’est pour les singer et transposer leurs errements ?

On nous a déjà fait le coup d’Hallowe’en il y a une vingtaine d’année en la faisant passer pour une vieille tradition française (tu parles, on savait si peu ce que c’était que certains à l’époque l’ont appelée « la fête des lanternes » !), on ne va pas recommencer avec ce Black Friday ?

Tradition pour tradition, celles des jacqueries fiscales est bien plus française et répond à une autre tradition non moins française, le tropisme fiscal des gouvernements quels qu’ils soient. À chaque pays son truc…

 

                                                                                              Gérard Hocmard

 

 

 

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