Samedi 24 novembre : objectif capitale pour les gilets jaunes du Loiret

Une semaine après la mobilisation nationale du 17 novembre, les « gilets jaunes » appellent à un « Acte II » ce samedi 24 novembre à Paris. Tout en maintenant leurs actions en régions, alternant entre blocages, barrages filtrants ou opérations péages gratuits sur les autoroutes.

Ces deux appels à “bloquer” la capitale ont été lancés sur le réseau Facebook, espace d’expression privilégié des « gilets jaunes ». L’un par Frank Buhler, identifié depuis comme le délégué du parti Debout la France dans le Tarn-et-Garonne (et ancien membre du Front national) et l’autre par Eric Drouet, un chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne), créateur de l’événement “Acte 2 Toute La France A Paris !!!!”.

Vendredi 23 novembre au soir, près de 30.000 manifestants étaient attendus à Paris ce samedi, au maximum selon certaines sources policières, bien que les prévisions soient difficiles à faire dans ce contexte très particulier.

Bloquer la capitale

Depuis le milieu de la semaine, le gouvernement, par la voix du Ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a confirmé que cette manifestation serait autorisée, mais sur un lieu défini, le Champs de Mars, et non Place de la Concorde, comme le souhaitait les organisateurs. Une décision qui ne plait pas aux gilets jaunes, peu chaud d’être « parqué » par une autorité qu’ils ne veulent pas reconnaître, et qui laisse supposer que d’autres rassemblements distincts pourraient être organisés dans la Capitale, « notamment sur la place de la Concorde, la place de la Bastille ou celle de la République », mais sans informations précises, bien entendu.

Selon certaines sources, citées notamment par France bleu, « Un dispositif d’environ 2.600 policiers et gendarmes sont mobilisés à Paris. Les abords de l’Élysée, l’Assemblée nationale, le Sénat, les places de la Madeleine, de la Nation et la Porte Maillot seront particulièrement surveillés ». Mais d’aucuns, plus radicaux, comme il peut se lire sur certains sites dédiés, ne voudront pas en rester là. « Ce que nous voulons, c’est la démission du président. Ou sa destitution. Et nous ne lâcherons rien ». Un discours qui s’entend aussi sur le terrain, sur les points de blocages, dans les barrages filtrants ou lors des opérations aux péages des autoroutes, comme en a connu toute la semaine la région Centre-Val de Loire, comme toutes les autres régions de France (1).

Ainsi, dans le Loiret, au nord d’Orléans, au rond-point Gérondeau de Saran, principal point de rassemblement du département, avec le rond-point cacahuètes à Amilly, certains se déclaraient prêt à tenir jusqu’à Noël, se réchauffant en faisant brûler des palettes, couchant sous des abris en toile, et comptant sur la solidarité des sympathisants pour leur apporter des vivres. Jusqu’à Noël…ou jusqu’à la démission du président de la République.

Une ouverture gouvernementale

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« Nous avons reçu le message des citoyens. Il nous invite à aller plus loin. Pour qu’elle ne soit pas socialement inacceptable, il faut que la transition écologique, qui est nécessaire, soit juste, équitable et démocratique. Nous devons donc mobiliser tous ceux qui la rendront acceptable, pour ne laisser personne de côté », affirmait en fin de semaine un communiqué du gouvernement, précisant que M. Macron annoncerait mardi 27 novembre des mesures pour franchir « un nouveau cap pour la transition écologique”, appuyées par des négociations sur tout le territoire pour la rendre « acceptable et démocratique ». « La transition écologique se fera avec les citoyens. Il y aura de l’argent, des débats et une méthode », précisait l’Élysée. Le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, devrait détailler les mesures en suivant la déclaration présidentielle, notamment le report de la vignette poids-lourds. Une décision destinée à éviter que les routiers se joignent massivement au mouvement, sachant que si la CFDT ne souhaite pas donner de mot d’ordre en ce sens, FO a déjà apporté son soutien aux Gilets jaunes.

Samedi dernier à Orléans.

En région Centre-Val de Loire, même si quelques pancartes peuvent interpeller le public par leurs propos agressifs ou complotistes, on ne déplore pas d’action négatives ou médiatisée comme ce fut le cas dans la semaine dans d’autres régions. Ainsi, pour la plus récente, ce vendredi 23 novembre en fin de journée, l’acte désespéré d’un homme « doté d’un Gilet jaune » qui s’est présenté dans un centre commercial d’Angers, à proximité de la station-essence, avec une grenade explosive, et menaçant de se faire exploser s’il ne rencontrait pas Emmanuel Macron. Un acte qui a nécessité une intervention du Raid.

Ce samedi 24 novembre, les orléanais ont rendez-vous à 13h au rond-point Gérondeau pour monter à Paris. Mais aussi pour compter leurs forces, et maintenir la présence sur place, comme sur toutes les autres zones d’actions françaises.

Jean-Luc Bouland

  1.  : Les points de rassemblement du samedi 24 novembre : Saran, Rond-point de Gérondeau ; Amilly, Rond-point Cacahuète ; Châlette-sur-Loing, Rond-point Lidl / Mcdo ; Bray-En-Val, Rond-point Tournebride ; Gien, Rond-point de Mcdo. Ces informations étant toutefois susceptibles d’évoluer).

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