Coup de cœur enchanteur et parisien de Mérigault

Loin d’une description figurative ou anecdotique de la capitale, le peintre Bernard Merigault en offre une vision à la fois théâtrale et poétique où le brassage des matières et des couleurs suggère à merveille les foules bigarrées de différents quartiers où des natures mortes où le charme à la Prévert opère avec efficace facture.

Une ville haute en charme et en couleurs

Dans le séduisant espace du Domaine de la Trésorerie de Saint-Pryvé Saint Mesmin où l’artiste présenta en juin 2016 un doux travail sur le Japon, le peintre décoche ici des toiles évoquant les quais de Seine avec une verve contemporaine ou une singulière  présence des caisses des bouquinistes trempées de mélancolie sous la pluie .

Et puis voici encore l’évocation du Musée Picasso, du Centre Pompidou, passages et rues, verdoyante lumière du jardin des plantes, Montmartre, l’entrée du métropolitain, l’effervescence chamarrée de Barbes, le ciel de Paris au-dessus de Notre- Dame, vaste nuée où sont incluses quelques notes d’une partition fondue dans la peinture où l’on perçoit les notes,  mais aussi  un titre de l’œuvre  « Récréation » et un sous-titre, « Valsons toujours ». Hymne au bonheur et secrète invitation.

Les très belles pages de Claire Monneraye

A l’occasion de cette exposition de grands et petits formats qui conjugue ombre et lumière, pluie et beau temps, Bernard Mérigault présente un très beau catalogue où figure une longue et belle page, presque un conte que l’on dirait écrit par une passante rêveuse et attentive. Intitulé «  Promenade » et composé pour ce ce peintre voyageur par Claire Monneraye, chef de projet expositions Agence France Museum Louvre Abu Dabi, il est purement et simplement enchanteur. Nulle autre personne ne saurait  aussi bien parler de la teneur de cette exposition de toute rareté entrevue dans l’atelier.

En voici un extrait: “De ses scènes aux textures complexes, les sons et les mouvements émanaient avec une humanité et une vivacité rare. Chaque tableau était une histoire où les collages de matières se superposaient aux couches picturales contribuant ensemble à densifier et étendre notre perception sensorielle et émotionnelle du réel.
Le peintre ne cherchait jamais à se limiter à la peinture mais toujours à la redécouvrir et l’enrichir. Chacune de ses scènes nous indiquait en quelques sorte qu’il ne fallait jamais se limiter au tangible mais toujours chercher à en explorer les infinies facettes et à, toujours, imaginer la réalité”.
Quelles jolies lignes, quelle jolie lettre en harmonieuse correspondance avec une œuvre dont la belle architecture des espaces est le fruit d’une technique virtuose et d’un regard qui, où que ce soit, se pose comme un beau sentiment.

Jean-Dominique Burtin

Exposition « Mérigault Paris »,

du 3 novembre au 9 décembre,

Domaine de la Trésorerie, 14, rue des Moines, Saint-Pryvé Saint-Mesmin.
Ouverture le week-end de 10 h 30 à 19 h et en semaine de 14 h à 19 h.
Vernissage le jeudi 29 novembre à partir de 18 heures.

Le parcours d’un peintre voyageur

« Lorsque je m’arrête dans un village, les enfants, les femmes, puis les hommes approchent. Dessiner sur le vif favorise le contact avec la population » explique l’artiste. Dans la lignée d’illustres prédécesseurs, Mérigault visite le monde avec son carnet de voyage à la main. Dessins, collages et aquarelles sont réalisés dans l’instant pour garder l’émotion première d’une rencontre.

Partout dans ses œuvres éclatent les bleus, les jaunes, les rouges, des scènes de vies, des petits métiers, des coutumes. Autant de fenêtres ouvertes sur le monde. Il traverse ainsi le Maroc, la Mauritanie, le Pérou, la Bolivie, les Antilles, La Mongolie, le pays Masaï, Bali, et il y a peut New York et le Japon

Né à Paris en 1942, Mérigault vit et travaille actuellement à Saint-Denis-en-Val (Loiret). De nombreuses expositions particulières et de groupes tant en  France qu’à  l’étranger ont le plus souvent pour thème ses « impressions de voyage ».

Bernard Mérigault à étudié à l’École des Beaux Arts d’Orléans,  à l’École de décoration de Tours et, Sociétaire des Artistes Orléanais, a reçu en 1985 le Prix de la Ville d’Orléans. Cet artiste est aussi peintre décorateur pour studios de cinéma et de télévision, et réalisateur de trompe-l’œil et de murs peints.

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