Gilets jaunes : le mouvement ne faiblit pas dans l’Indre

Vendredi matin : blocage de l’aéroport Marcel Dassault et 1500 lycéens dans la rue. Le mouvement Gilets jaunes continue de rassembler dans l’Indre. Ce week-end, ils relayeront les rassemblements nationaux à l’échelle locale.

Les Gilets jaunes se sont positionnés devant l’aéroport toute la matinée

Ils ont pris leur poste dès 7 h 30 vendredi matin. Une vingtaine de personnes, gilets jaunes sur le dos, se sont positionnés aux portes de l’aéroport Marcel Dassault Châteauroux-Déols, choisissant deux entrées pour limiter les accès aux sites, véhicules bloqués mais les employés pouvaient circuler à pied. « On a choisit ce site en rapport avec la taxation du kérosène. Aujourd’hui, le gouvernement choisit de taxer le carburant et d’impacter les ménages alors que le kérosène et les super tankers ne sont pas concernés. Pourtant, ils polluent au moins tout autant » expliquait tranquillement d’une voix commune l’ensemble des personnes présentes. Le rassemblement a d’ailleurs été vu d’un bon œil par la direction de l’aéroport. « Ça s’est passé dans de très bonnes conditions, avec des gens non-agressifs qui ont manifesté sans problème, dans une bonne démarche, précisait Mark Bottemine, directeur de l’aéroport. Nous n’avons pas eu d’annulation dans nos plans de vol. Ils ont juste fait un peu marcher les joueurs de l’équipe de foot de Sochaux qui ont du rejoindre leur car 200 mètres plus loin. C’est plus drôle que méchant. » Vers midi, ils ont quitté les lieux.

“On veut une meilleure répartition de l’argent”

Toute la matinée, symboliquement, ils n’ont donc laissé passer aucun camion de fret, ni à l’arrivée, ni au départ. « C’est toujours les mêmes qui doivent se serrer la ceinture et on n’y arrive plus, déplore Damien, en recherche d’emploi, mobilisé depuis le 17 novembre. Le gouvernement cherche à tirer un maximum sur la corde, mais ce n’est pas possible. Ce que l’on veut, c’est une meilleure répartition de l’argent. » La veille, avec deux autres personnes du mouvement indrien, il a pu porter ses revendications auprès de Jacqueline Gourault, Ministre de la cohésion des territoires, venue participer à un forum sur l’attractivité. « Nous lui avons présenté nos revendications sur le pouvoir d’achat, la retraite, la question de l’écologie et de l’équité fiscale. Nous l’avons senti à l’écoute et nous lui avons laissé des documents en espérant que cette goutte s’ajoute aux autres… » Pour eux, hors de question de laisser le mouvement s’essouffler. A Châteauroux, toute la semaine, ils ont été présents sur de nombreux points stratégiques : mairie, URSSAF, hôtel des impôts, et réseaux d’horodateurs…

Les lycéens castelroussins étaient environ 1500 à défiler

A quelques kilomètres de là, le rassemblement était d’une toute autre ampleur. Après avoir bloqués les entrées de cinq de leurs établissements, les lycéens se sont rassemblés en un vaste cortège qui a longuement défilé dans les rues de Châteauroux. Le mouvement, préparé la veille via les réseaux sociaux, a trouvé un écho important dans le département. Environ 1500 jeunes y ont participé dans les rues de la préfecture, au son des « Macron démission ». « On est là pour nos études et notre avenir, explique Anaïs, élève en première au lycée technique Blaise Pascal de Châteauroux. Le changement de la formule du bac aura lieu l’année juste après la mienne et ça m’inquiète. Nos profs nous ont vraiment déconseillé de rater le bac l’année où on le passera. » Des lycées ont également été bloqués dans les communes d’Issoudun et le Blanc.

Loin de s’arrêter, la mobilisation devrait à nouveau trouver un écho très important ce samedi suite à l’appel national lancé par leur mouvement. Deux rassemblements auront lieu ce week-end à Châteauroux, un premier samedi à 15 h devant la préfecture et un second le lendemain, à la même heure, sur l’esplanade de la scène nationale Equinoxe. Les Gilets Jaunes indriens devraient majoritairement choisir ses rendez-vous locaux. Quelques uns prendront tout de même la direction de la capitale. Présent ce vendredi matin à l’aéroport, Christophe, en recherche d’emploi, a lui choisit de se rendre sur les Champs Elysées ce samedi. « Je n’ai pas pu la semaine dernière, mais cette fois, j’y vais. Il faut être courageux ! »

Morgane Thimel

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