Indre : objectif attractivité

La ministre Jacqueline Gourault s’est rendue jeudi dans l’Indre à l’occasion du lancement du forum de l’attractivité du territoire initié par le département et en a profité pour rencontrer les opposants à la fermeture de la maternité du Blanc.

La Ministre, Jacqueline Gourault, s’est longuement exprimé sur les enjeux territoriaux

Près de 400 personnes, dont Jacqueline Gourault, Ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, se sont réunis jeudi soir à Déols, au sein du CNTS (Centre nationale de tir sportif), pour assister au lancement du forum de l’attractivité dans l’Indre. « Je suis convaincu que la ruralité sera la modernité » a défendu Serge Descout, président du Conseil départemental en ouverture de soirée. La soirée avait pour but de définir les grandes orientations d’une prochaine consultation départementale sur les pistes à développer pour redynamiser le département. « C’est une démarche collective, engageante et impliquante. » a rappelé l’élu.

Eux ont une idée plutôt claire pour garder une attractivité sur le territoire : rouvrir la maternité du Blanc. Elus de la Brenne et membre du collectif de défense de la maternité avaient pu obtenir une entrevue avec

Arrivée de la Ministre au CNTS, avant sa rencontre avec la délégation blancoise

la Ministre, durant une demi-heure, avant que celle-ci ne se joigne au forum. Un premier entretien avec un membre du gouvernement Philippe, cinq mois après le début de leur mouvement. Ils étaient sept à y participer. Parmi eux, Jean-Michel Mols, président du comité de défense, Jean-Paul Chanteguet, ancien député et actuel président du PNR de la Brenne ou encore Annick Gombert, maire du Blanc. « On était là pour lui expliquer, faire passer notre message, précisait l’élue. Elle a compris qu’avec cette première fermeture, sensée être limitée à l’été et finalement suivie d’une annonce de fermeture définitive, on s’est senti floué, mené en bateau. C’est important maintenant d’instaurer un dialogue sincère et de bien s’avouer que le problème est financier. » « Ils m’ont fait part de leurs blessures et rappelé que, dans le contexte, il y avait un manque de transparence, a, de son côté, rapporté la Ministre. Je ne suis pas médecin, ni Ministre de la Santé, mais je me suis engagée à en parler à Agnès Buzyn et le préfet de l’Indre, Thierry Bonnier, sera là pour continuer le dialogue. Ce n’est jamais de gaîté de cœur que l’on ferme des services publics, mais c’est un problème à l’échelle nationale. Il faut maintenant se mettre autour de la table, regarder vers l’avenir et trouver des solutions pour les territoires en réponse aux problèmes de proximité. Il faut voir aujourd’hui comment relancer le territoire. »

Créer une image de marque

La Charité-sur-Loire ©Jean-Baptiste-CD58

Cette question a été l’enjeu central de la soirée. Tour à tour, les interventions se sont succédées pour évoquer des pistes, notamment celles soumises par deux représentants de la Manche et de la Nièvre. Ces deux départements ont eux-mêmes porté ses questions à leur échelle, avec succès. « Nous avons fait un travail de juin 2016 à mars 2018 qui a aboutit à la création d’une association dont le but sera de présenter notre environnement, les sites d’implantation pour de futurs entreprises et motiver des salariés à s’y intéresser » explique Stéphane Benedit, directeur de l’agence de développement touristique de la Nièvre. Exemples très concrets : demander aux hôteliers de diffuser dans leurs établissements des vidéos promotionnelles plutôt que des chaînes d’info en continu ou aux entreprises de choisir des groupes de musique locaux pour leur standards téléphoniques plutôt que des classiques. Des idées simples telles que celles-ci, petites touches concrètes, permettraient ainsi de développer une image plus qualitative, de marque, pour l’Indre.

Au cours de la soirée, l’intérêt du territoire rural face à la métropole a été de multiples fois rappelé. « Une étude a été présentée sur le questionnement des français et notamment des urbains sur leur désir et leur attente à court terme : 72 % souhaiteraient quitter leur métropole ou leur méga-métropole pour venir sur un espace plus calme avec une notion de bien-vivre, mais aussi avec des services. L’attractivité se traite dans sa transversalité. Si on a des problèmes comme chez nous avec des urgences, des hôpitaux de proximité, des écoles, des perceptions qui ferment, ce n’est pas facteur d’attractivité. »

Numérique et santé

Jacqueline Gourault.

Les questions de la couverture numériques et de la désertification médicale, enjeux essentiels, ont, en conséquence, été au cœur des débats. Jacqueline Gourault a longuement donné son point de vue sur la question. « Il faut trouver l’équilibre pour que le territoire ait suffisamment de présence médicale. La Ministre de la Santé a décidé de supprimer le numerus clausus, de proposer aux territoires qui ont le plus de problèmes d’avoir des médecins salariés que le gouvernement va envoyer. Pour le numérique, il faut engager de très gros programmes. On accompagne les collectivités locales pour équiper les maisons en haut-débit. L’Indre est couvert à 70 %. Mais on a pas toutes les solutions ni de baguette magique. » La ministre a également rappelé que l’Etat accompagnait la rénovation des centre-bourgs avec l’opération Cœur de ville, portée localement par Châteauroux et Issoudun. Une agence nationale de la cohésion des territoires sera prochainement créée.

Quant aux fermetures de services publics, la question n’a simplement pas été abordée. Mais pour Serge Descout, tout est lié à la venue de nouveaux habitants et entreprises. « Il faut réamorcer la pompe en faisant revenir des personnes et ça fera rouvrir des classes, des services… Exemple avec la démographie médicale, pour la première fois depuis des années, l’Indre ne perd pas de médecins en 2018 parce que tout le monde s’y est mis. Il faut stabiliser la baisse et repartir à la hausse. Le département croit à cette cause de l’attractivité, c’est pourquoi nous avons crédité 450 000 euros de budget pour six mois. » Pour que chacun puisse s’exprimer sur cette enjeu, un questionnaire a été mis en ligne, accessible via la page* Internet du conseil départemental à remplir jusqu’au 22 décembre.

Morgane Thimel

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