Le Péril jaune

Il ne fallait pas sortir de Polytechnique ou de l’ENA pour comprendre depuis longtemps que le prix de l’essence n’était que l’accroche de mécontentements divers et, que je sache, les RG n’ont pas été dissous. Ou bien alors il fallait justement ne pas avoir fait l’X ou l’ENA, ni avoir été recruté sans expérience préalable et sur dossier dans le but de représenter ses Gérard Hocmardconcitoyens à l’Assemblée pour s’en rendre compte.

par Gérard Hocmard

Il y a visiblement un problème de grille de lecture de la part des membres de ce gouvernement. À partir du moment où on voit partout de la peste brune (de droite ou de gauche avec quand même un réflexe dextrogyre) et où on interprète les faits à travers ce prisme, la peste finit par être au rendez-vous. C’est bien connu : à force de crier « au loup »…

Si besoin était, les réseaux sociaux qui, comme la langue d’Ésope, sont le meilleur comme le pire, ont prouvé en l’occurrence leur incroyable capacité de nuisance. On est atterré d’apprendre aujourd’hui que des « gilets jaunes » de bonne volonté, qui croyaient naïvement défendre simplement leur bifteck, font l’objet, eux et leurs familles, de menaces de mort pour souhaiter entrer en pourparlers avec le gouvernement.

Il est incroyable en tout cas que l’on n’ait pas songé samedi à sanctuariser l’Arc de Triomphe, où la Flamme du Soldat inconnu représente peut-être un des derniers symboles d’unité d’une société en miettes. À moins qu’il se soit agi d’une stratégie de la part du ministère pour faire passer l’idée de l’amalgame gilets jaunes – peste brune. Auquel cas le résultat est pitoyable !

On ne voit guère de consolation possible pour les responsables gouvernementaux empêtrés dans leur suffisance et dans leurs bourdes. À moins qu’un petit dîner tout simple à 200 euros peut-être… ?

 

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