Vélo à Orléans : la passerelle, non merci… 

 
Après avoir abandonné l’idée de mettre le tram à sens unique sur le pont George V pour faciliter le passage des vélos, le maire d’Orléans Olivier Carré croit tenir la bonne solution avec la construction d’une passerelle, entre le pont Joffre et le pont royal. Les cyclistes, eux, sont d’un tout autre avis et préconisent de faire bien mieux pour beaucoup moins cher.
 

Le pont sur la Loire à La Charité.@Jérome Beyler.


Le Collectif Vélorution, qui réunit des adeptes du vélo au quotidien, estime qu’il s’agit à nouveau d’une « fausse bonne idée » qui peut être sympathique pour les piétons, mais ne facilitera en rien la circulation des cyclistes, faute d’être dans la continuité des autres voies de circulation.
« Si les élu(e)s, le maire en tête, ont réellement une ambition forte pour favoriser les déplacements alternatifs aux véhicules motorisés individuels et polluants, il n’est pas nécessaire de dépenser des millions d’euros : un peu de courage politique suffit (…), écrivent les militants. « La suppression d’une voie de circulation sur le pont Georges V présente un coût dérisoire (de l’ordre de 50.000 euros), est réversible et, surtout, peut être testée sans délai ». Voilà qui  éviterait de devoir patienter  des années avant de pouvoir franchir le pont en toute sécurité…  Et de consacrer 15 ou 20 millions d’euros à un ouvrage qui ne répondra que très imparfaitement aux besoins des usagers. 
 

Séparer vélo et piéton

 

Séparer les vélos des piétons.


Pour eux, c’est donc la solution à privilégier pour satisfaire aux objectifs du futur plan de déplacement urbain (PDU) que prépare la métropole. Un document qui prévoit de faire reculer la part de la voiture et d’augmenter de 50% les déplacements à vélo pour atteindre 80.000 déplacements par jour. 
Ils ne sont pas seuls à émettre des critiques sur la passerelle. Le conseil de développement de la Métropole, un groupe de personnalités qualifiées qui réfléchit à l’avenir du territoire, exprime lui aussi des réserves. Dans son avis sur le projet de PDU, il propose, lui, une passerelle accolée au tablier du pont royal, sous réserve de réussir à convaincre l’Architecte des bâtiments de France, comme cela a été le cas à La Charité-sur-Loire (Nièvre), sur un ouvrage ancien. 
Mais là encore, les vélorutionnaires jugent l’hypothèse bien trop coûteuse quand on peut neutraliser une voie de circulation à peu de frais. Et ils ironisent sur le fait qu’à l’entrée de la passerelle mentionnée, il est demandé aux cyclistes de descendre de vélo…  
 
En revanche, ils rejoignent le conseil de développement sur d’autres points mis en avant dans l’avis, notamment la nécessité de séparer les espaces piétons et vélos, la création des pistes continues, et surtout l’importance des crédits à consacrer au sujet « vélo ». Selon le conseil de développement, si l’on veut atteindre les objectifs fixés par le PDU, il faut « un budget annuel sanctuarisé, fortement augmenté par rapport au projet de plan de déplacement urbain, exprimé en millions d’euros et non plus en centaine de milliers » d’euros. 
Ch.B
 

Tours “Pass d’Argent” pour la mobilité

Et pendant ce temps-là à Tours…Le réseau Fil Bleu plébiscité et à nouveau récompensé : Tours Métropole Val de Loire reçoit le Pass d’Argent du 27e Palmarès des Mobilités 2018 !

Mardi 4 décembre dernier, lors du 27e Palmarès des mobilités, Ville, Rail et Transports au Salon des Arts et Métiers à Paris, Tours Métropole Val de Loire a reçu le Pass d’Argent pour la qualité de son réseau qui sait mailler transports en commun bus + tram et des solutions vélo. Tours Métropole se classe derrière Bordeaux Métropole (Pass d’Or) et devant Eurométropole Strasbourg (Pass de Bronze).

Ce prix décerné par un jury de spécialistes de la revue Rail & Transports et parrainé par Keolis (qui est aussi le concessionnaire à Orléans), est, selon la municipalité tourangelle, “un encouragement supplémentaire aux efforts déployés par la Métropole, son Vice-Président Frédéric Augis délégué aux Mobilités et la Direction des Mobilités pour faciliter des déplacements fluides, complémentaires et respectueux de l’environnement pour tous les Tourangeaux, sur un réseau dont la fréquentation ne cesse de progresser avec 37,5 millions de voyages enregistrés en 2017”.

 

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