Capton, un peintre animalier à la tendre et magnifique puissance

Invité d’honneur de l’exposition présentée par Gil Bastide au Château de Saint-Jean-le-Blanc, le peintre orléanais y fait montre d’une tendresse à la puissance magnifique. Celui qui a notamment peint  les séries “Nature crucifiée” ou “Hommes taureaux”  présente cette fois, à l’invitation du galeriste,  une importe série d’huiles sur toile de petit et grands formats sur le thème de l’Afrique. Watusis, buffles, élans du Cap, pintades, moutons du Maroc, béliers, vaches à bosse sont autant d’animaux “domestiques”  que l’artiste anime d’une présence à la juste beauté singulière.
 
Pourquoi être, entre autres un peintre animalier ? “Pour parler de nous, des hommes et d’où l’on vient, pour célébrer certains de ces animaux nourriciers que l’on exploite au maximum alors qu’ils sont , dans d’autres civilisations, considérés comme des dieux et porteurs du lait maternel”. 

Capton s’est-il rendu en Afrique pour peindre cet ensemble d’animaux qu’il a mis six mois pour faire naître ? “En vérité c’est Gil Bastide qui m’a proposé de  réaliser ce travail et m’a nourri de ses voyages et de son amour pour l’Afrique. Dans tout ce que je fais, je prend, je digère, je transcris à ma façon ce que l’on m’ a transmis. En ce sens, le peintre Danielle Beck m’a aussi beaucoup  appris”.

Richesse, profondeur et densité des couleurs

 
Une fois encore Gilles Capton, qui fut élève à l’école des Beaux-Arts d’Orléans,  développe dans ce nouveau travail son souci du graphisme, du vide et du plein, de l’équilibre des masses.  Celui qui peint “depuis toujours comme il respire  et qui ne va pas bien quand il ne peint pas” dit devoir, avec une humilité qui coule de source, la densité et la profondeur des couleurs qui peuplent ses toiles à l’enseignement de son professeur, Davallant.

Artisan, il peut revenir revient cinq ou six fois sur un tableau, travaille à l’huile “juste sortie du tube” et qui n’est pas trop huileuse, sur carton ou sur une toile de lin dont le grammage est assez lourd. C’est toujours par le fond, cette belle étendue pure, que l’artiste commence son œuvre pour qu’au moment de faire naître le motif ” la toile lui appartienne déjà.” Et l’artiste à l’atelier, sans cesse bouillonnant de projets, d’ajouter: “Je ne travaille qu’avec la lumière du jour, alors, en hiver,  dès  dix-sept heures je me contente  de préparer mes toiles pour l’été avec colle de peau, le blanc et les châssis”.

S’il aime demeurer “dans sa bulle et son plaisir”, Capton se tient toutefois à l’écoute des informations du monde qui l’inspirent mais invite “à prendre garde aux bonnes paroles, à prendre le temps de regarder autrement sous peine de se faire piétiner”.
Amoureux de la terre nourricière et des rapports humains, admirateur de Velasquez, de Le Caravage et de Rosa Bonheur,  Gilles Capton,  à l’image de quelques nobles bergers nomades qui peuplent ses toiles,  nous ouvre avec beauté l’intensité  de son monde intérieur.

Jean-Dominique Burtin.
 
Exposition du 6 au 16 décembre, de 14 heures à 19 heures,
château de Saint-Jean-le-Blanc.
 
Sur le thème du voyage, Capton partage les cimaises avec les peintres  Vincent Alran, Richard Boutin, Cieu, Florence Dias Looten, Dany Dufour, Charlotte de Maupeou, Michel Saint-Lambert.
 
En savoir plus sur l’univers du peintre Capton : capton-peinture.blogspot.com
 

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