Ferdinand Gilson, le dernier poilu du Loiret

Pour clore ces quatre années de commémoration du centenaire de la Grande Guerre, Magcentre vous propose un témoignage exclusif, enregistré en 2005, celui de Ferdinand Gilson, le dernier poilu du Loiret.

Ferdinand Gilson, né en 1898 et décédé à l’age de 107 ans, fut un dernier poilu à témoigner de la guerre de 14-18 qu’il n’appelait pas la “Grande Guerre”. Habitant les Choux dans le Loiret, il nous avait reçu, en 2005 quelques mois avant sa mort, avec sa gentillesse habituelle pour nous livrer devant la caméra quelques souvenirs mais aussi ses réflexions toutes personnelles sur cette guerre, avant de nous convier à boire un petit verre avec lui.

Entretien Alain Gérard

Ferdinand Gilson, un poilu germanophile

Ferdinand Gilson a donc 16 ans quand la guerre est déclarée et premier étonnement, il travaille alors à Paris comme jeune mécanicien chez un petit patron allemand où il apprend ses premiers mots d’allemand, germanophonie qu’il développera jusque dans ses vieux jours en s’abonnant à des revues allemandes pour faire des mots croisés. Car Ferdinand Gilson n’a jamais compris cette guerre entre deux peuples qui aujourd’hui, à sa grande satisfaction, cultive l’amitié et le respect. Il montra au front en avril 18 comme artilleur, dans les Flandres, où il vivra le baptême du feu avec la mort, dès ce premier jour, de deux camarades sur les quatre qui servaient la batterie où il venait d’arriver, dans une tenue de combat dépourvue de sous-vêtements pour cause de pénurie, raconte-t-il.

Il connaît alors la dure vie des tranchées : la boue, les rats, la mort qui frappe au hasard des obus, son excellente ouïe lui permettant d’alerter ses camarades de l’arrivée “des marmites” pour se protéger. Gazé deux fois au gaz moutarde (en avril et en juillet 1918), il est envoyé fin août à Fontainebleau pour se rétablir et suivre une formation d’aspirant quand il apprend la signature de l’Armistice. Démobilisé, il reprendra son métier de mécanicien en continuant de s’interroger sur les motifs de cette guerre, rêvant avec sa mère d’origine belge et ayant perdu très jeune son père d’origine anglaise, à des Etats Unis d’Europe…

Lorsque survient la seconde guerre mondiale, Ferdinand Gilson n’hésite pas à s’engager pour la résistance, et habitant alors dans l’Eure, il met à profit sa connaissance parfaite de l’allemand pour obtenir des renseignements précieux qu’il transmet aussi vite à l’organisation de l’Armée Secrète, permettant de cibler des attaques aériennes alliées, ce qui lui vaudra un diplôme de reconnaissance du Président Eisenhower à la Libération.

Il créera alors une petite entreprise de mécanique qui restera sa passion personnelle, à Gien dans le Loiret, et devenu lui-même patron, il connaîtra alors une certaine prospérité.

GP

https://www.humanite.fr/node/294600

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