Jean-François Barnaba, le Gilet jaune fantôme de l’Indre

Le Gilet Jaune Jean-François Barnaba, omniprésent toute la semaine sur les médias nationaux, était de retour dans le département vendredi. Une quasi-rencontre, parfois agitée, avec les groupes locaux qui ne l’avaient encore jamais vu sur les lieux d’occupation.

Barnaba a fait étape au rond-point

Au rond-point avant que les échange s’enflamment.

Depuis une semaine, il était partout, plateau tv, direct radio, interviews en matinal et entretiens le soir. Mais dans l’Indre, le visage du Gilet Jaune Jean-François Barnaba n’était familier que pour une poignée d’habitants du Blanc, qui l’avaient croisé à l’occasion du blocage du pont sur la Creuse, le 17 novembre, premier jour de la mobilisation. Vendredi, pour la première fois depuis presque une semaine, il était de retour dans le département pour venir à la rencontre de ceux dont il est devenu une des figures nationales. « Après le 17 novembre, ne sachant pas trop comment rencontrer des Gilets Jaunes, j’ai commencé à prendre quelques contact via les réseaux sociaux, notamment avec Jeremy Clément. Nous nous sommes retrouvés samedi dernier (ndlr le 1er décembre) pour la manifestation nationale et le soir, déçu de la tournure qu’avait pris la journée, il n’a pas souhaité aller parler sur le plateau de BFM TV. Il m’a proposé de prendre sa place, ce que j’ai fait. Depuis je n’ai pas arrêté de répondre aux sollicitations et je n’étais pas encore redescendu de Paris » , expliquait-il à ceux qui l’attendaient depuis plusieurs jours pour enfin échanger avec lui, plutôt dubitatifs et sur leurs gardes.

Star des médias.

 

Barnaba, star des médias, invisible dans l’Indre

Première étape de sa visite : Le Blanc, sa commune de résidence depuis cet été. Après une première rencontre le matin au café Gambetta, il s’est rendu en début d’après-midi à la Maison Amicale, l’ex-maison médicale transformée par les opposants à la fermeture de la maternité en centre névralgique de leur lutte. Premiers échanges et premières prises de becs, avant que le débat ne soit ponctuellement recentré sur la question de la maternité et de sa réouverture, un enjeu clé et fédérateur.

“Je ne parle que pour moi”

Un fonctionnaire sans poste à 2 600 euros par mois.

Mais très vite, un dialogue s’installe à nouveau entre lui et une vingtaine de Gilets Jaunes venus à sa rencontre. Son absence dans le département avant cette couverture médiatique inopinée interroge beaucoup dans les rangs de ceux qui tiennent le siège depuis le début. « Je n’ai jamais eu la prétention de représenter les Gilets Jaunes de l’Indre, je ne parle que pour moi » répond à cela Jean-François Barnaba. Sa situation professionnelle questionne également. Plusieurs articles notamment dans la Nouvelle République édition Indre, ont révélé ses derniers jours que ce fonctionnaire territorial était sans affectation depuis dix ans et, comme la loi le permet, continue de toucher une partie de son ancien salaire, soit 2600 euros par mois. « J’ai été placardisé parce que j’avais des projets trop ambitieux pour ce territoire. J’avais travaillé pendant deux ans, mis toute mon énergie sur un projet de parc du Surnaturel, soutenu par le conseil général à l’époque. Tout était presque en place y compris un comité de pilotage et du jour au lendemain, il a été décidé que ça ne se ferait pas. » Depuis, il affirme n’avoir cessé de rechercher un autre poste et avoir pris contact avec plus de 300 collectivités locales pour leur faire des offres de service sans succès. « C’était très difficile, à 52 ans, de pouvoir retrouver quelque chose. Il est indécent de dire que je n’ai pas cherché. » Après un temps de dialogue et un café sur le site occupé des Gilets Jaunes du Blanc, l’échange s’est conclu sur un ton plus cordial, certains espérant le voir revenir plus souvent et partager avec lui les doléances entendues afin que les propos de Jean-François Barnaba, s’il continue à être autant exposé médiatiquement, reflètent mieux cette réalité.

Porte-parole auto-proclamé?

Deuxième étape de sa journée : Châteauroux. Là, plus d’une soixantaine de personnes l’attendaient sur le rond-point dit de Mercédès. Au cœur du groupe, mégaphone à la main, le sexagénaire commence à dérouler une fois encore le parcours qui l’a mené à autant prendre la parole sur les médias nationaux. Les questions fusent en réponse. « Pourquoi avoir dit oui ? Pourquoi vous être proclamez porte-parole des Gilets Jaunes de l’Indre ? » Sa situation professionnelle est une nouvelle fois pointée du doigt et provoque l’ire de certaines personnes présentes. « On l’avait jamais vu à Châteauroux et là, on découvre qu’il a un bon salaire, des indemnités… Ça ne correspond pas aux Gilets Jaunes, il a un autre pouvoir d’achat » explique l’un d’entre eux. « On a pas besoin de ce représentant là. On est tous plus ou moins pas d’accord avec ce qu’il dit décrit une autre personne. Nous, ce que l’on veut, c’est pouvoir vivre décemment et on est prêt à rester jusqu’à Noël s’il le faut. C’est hors de question qu’on s’arrête. ».

Dans les caisses de Barnaba

Près de Châteauroux (Indre).

Pour beaucoup ici, le fonctionnaire est considéré comme un communicant, une personne cherchant à récupérer leur mouvement, plus que comme un militant des premiers instants. Finalement, quelques minutes après le début de la rencontre, Jean-François Barnaba décide de quitter le centre du rond-point sous les « Honte à vous M. Barnaba » et « De l’argent, il y en a, dans les caisses de Barnaba ».  Vers 17 h, le Blancois a finalement repris la direction de Paris où il était attendu pour participer à l’émission de la chaine C8, Touche pas à mon poste. Ce samedi, il prévoit de se joindre au rassemblement parisien des Gilets Jaunes, pacifiquement. Du côté de l’Indre, les Gilets Jaunes ont mené vendredi soir plusieurs assemblées générales afin de désigner des représentants qui auront pour mission de porter leurs paroles à différentes échelles. Samedi, un rassemblement est prévu au départ de Belle-Isle à 15 h.

Morgane Thimel

Commentaires

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  1. Bonjour Monsieur Barnaba,

    Je trouve vraiment dommage que vous ne vous exprimiez plus par la force des choses. En tous les cas je trouve que vous représentez bien les idées d’une certaine catégorie de gilets jaune. Et je déplore que vos collègues de rond-point vous aient mal traité et portent des jugements sans connaître votre situation. Bon courage Bien cordialement CLG

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