Le casse-tête européen d’Emmanuel Macron

Comment apaiser la France sans renoncer à ses ambitions européennes ? Pour Emmanuel Macron cette équation s’apparente presque à la quadrature du cercle. Notre chef d’Etat qui depuis son élection s’affiche comme le plus européen des européens a dû ouvrir largement sa bourse pour apaiser les « gilets jaunes » hexagonaux, autrement dit prendre parti pour les intérêts  de la société française en dépit des règles européennes.

Il a signé un chèque de 13 à 15 milliards tiré sur le budget de l’Etat sans augmenter les impôts ni pouvoir diminuer les dépenses ce qui conduit automatiquement à creuser le déficit et donc à transgresser la règle des 3% maastrichtienne que le gouvernement s’enorgueillissait de ne pas transgresser. « Dépassement temporaire », déclarait hier à la radio Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale. « Un pic qui ne doit pas s’éterniser » nous faisait remarquer hier Marc Fesneau, le ministre des relations avec le Parlement. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici confirme : «  Si on se réfère aux règles : dépasser cette limite, peut-être envisageable de manière limitée, temporaire, exceptionnelle. Mais chaque mot compte : le dépassement éventuel des 3%  ne doit pas se prolonger sur deux années consécutives ni excéder 3,5% sur un an ».

Soit, mais du point de vue comptable l’entorse budgétaire sera bien réelle, du point de vue politique elle sera symbolique. Aux yeux des eurosceptiques, elle mettra l’accent sur le dogmatisme de Bruxelles, leur bête noire qui étrangle les états et donc leur peuple. Contraint et forcé par « les gilets jaunes », Emmanuel Macron a lui-même écorné sa doxa européenne qui faisait sa singularité face aux autres candidats aux élections européennes à venir. La transformation de la France et la refondation de l’Europe constituaient pour lui les deux faces d’une même montagne à gravir.

De source ministérielle proche de  de la présidence, le chef de l’Etat n’a rien abandonné de ses ambitions et de ses convictions européennes. Il n’empêche que le calendrier ne lui est pas favorable. Les élections au parlement de Strasbourg et de Bruxelles sont dans cinq mois, en mai. C’est court alors qu’il doit  répondre aux demandes spécifiquement nationales, qui contiennent pour certaines, une part de rejet européen  des « gilets jaunes » et mettre sur pied de façon tangible et palpable  les indispensables réponses. Comment construire une liste la plus large possible autour de son idéal et faire campagne avec cet étendard ? Pour le chef de l’Etat un vrai casse-tête.

Françoise Cariès.

Commentaires

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  1. J’ai laissé un message pour “Jacquou le croqué” dans l’article précédent !

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