Blois : le budget « crédible et sérieux » voté en conseil municipal

Trois semaines après avoir débattu des orientations budgétaires 2019, le conseil municipal de Blois passait au peigne fin le budget primitif et au vote lundi 17 décembre. Il a été adopté à la majorité, le RN a voté contre, la droite et le centre (ainsi que Louis Buteau de LaRem) se sont abstenus. Un budget pré-année électorale au cordeau, avec quelques mesures visuelles pour l’embellissement de la ville.


« Un budget crédible et sérieux, déterminé et volontaire », a indiqué Marc Gricourt dans son discours plaidant en faveur du budget primitif 2019, lors du conseil municipal lundi 17 décembre. « Plus de 13,470 M€ seront consacrés à l’investissement, notamment la fin du financement ACVL (Aménagement cœur de ville Loire, dont les travaux ont démarré fin août 2014 et s’achèvent début 2019, Ndlr), et la poursuite des projets Saint-Vincent et quartier gare ». C’est en 2019 en effet que la partie visible de l’iceberg va commencer, avec la destruction de l’ancien collège Saint-Charles, actuellement en désamiantage, et les fouilles archéologiques sous le parking du chevet Saint-Vincent.

Les taux d’imposition n’augmenteront pas

Le Château royal de Blois, où se déroule encore jusqu’à début janvier une exposition sur des costumes Renaissance…

Petite nouveauté pour le futur exercice budgétaire : la naissance d’un budget annexe unifié pour le château royal, de 3,970 M€. « C’est un outil de pilotage, il fixe des objectifs en termes de performance financière » justifie le premier magistrat blésois. Concrètement, la boutique, le son et lumière, le château lui-même, et le service ville d’art et d’histoire disposeront de leur budget propre, pour le fleuron blésois qui pourrait dépasser les 400.000 visiteurs cette année.

Pour Jacques Chauvin (L.R) et l’opposition blésoise, ce budget est « le reflet des orientations budgétaires. Il intègre le budget annexe unifié du château royal. Il y a eu une totale transparence des chiffres. Stabilité des taux d’imposition, discipline budgétaire, nécessité d’une politique d’investissement ambitieuse : des décisions ont été prises. Je note une diminution de nos recettes de fonctionnement mais aussi de nos dépenses de fonctionnement (-3,16 %). Il y a des bons points, mais ça n’est pas pour autant un chèque en blanc ».

Passe d’armes sur les subventions d’associations, comme chaque année

Secrétaire départemental du Rassemblement national (RN) le conseiller municipal Michel Chassier, après avoir proposé deux amendements (qui seront rejetés) pense que des marges peuvent encore être dégagées, notamment en rabotant les subventions versées à certaines associations, qui sont suffisamment structurées pour imaginer d’autres sources d’autofinancement en resserrant leur gestion. Dans le viseur : bd BOUM (157.500 €), les Rendez-vous de l’Histoire (350.000 €), ou la Compagnie du Hasard située à Feings (9.000 €). Au total, Michel Chassier estime que ce sont « 300.000 € qui pourraient être économisés. Certaines associations sont arc boutées sur la gratuité de leurs manifestations, alors que partout ailleurs les festivals sont payants, comme les Vieilles charrues à Carhaix ou le Printemps de Bourges ». Lesquelles manifestations « paient des artistes pour venir jouer, ce qui n’est pas le cas des intervenants des RVH ou de bd BOUM » rétorque C. Degruelle, adjoint à la culture et président de l’agglomération. Le rapporteur du budget Yann Bourseguin remarque que le RN, « comme du temps du FN », s’attaque toujours « aux mêmes cibles : l’éducation et la culture, facteurs de cohésion sociale ».

Dans la majorité jusqu’en mai dernier, l’ex adjoint au commerce et à l’artisanat Louis Buteau (LaRem) estime quant à lui que : « Notre ville est dans un corridor financier extrêmement étroit. Je m’interroge cependant sur les relations entre la ville et le promoteur du carré Saint-Vincent : il n’y a aucun document, pour moi il y a un flou financier porteur de risque de dérives… Je m’abstiendrai sur ce vote ».

Le maire de Blois a insisté sur la capacité de désendettement de la ville : en 2008, l’encours de dette était de 67 M€, il est désormais 54,8 M€, soit une baisse de l’endettement de 12 M€. Marc Gricourt n’hésite pas à parle de « tour de force de réaliser d’importants investissements tout en diminuant l’encours de dette ». La majorité a adopté ce budget de 74,243 M€ dont 13,470 millions d’investissements. Le RN a voté contre. La droite, le centre et La Rem se sont abstenus.

F.Sabourin

Le square Valin sera réhabilité, et des monuments éclairés

Le square Valin-de-la-Vaissière.

La réhabilitation du square Valin-de-la-Vaissière, initialement imaginée et réfléchi dans le projet ACVL fin 2013, n’avait toujours pas vu le jour. Le conseil municipal a voté le 17 décembre une autorisation de programme de 1,295 M€. C’est le cabinet d’architecture et paysagiste SATIVA de Chilpéric de Boiscuillé, dans le cadre de sa mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur le programme ACVL qui est chargé de l’aménagement de ce square situé entre la place Louis XII et la Loire, et qui mérite bien qu’on s’y intéresse. « Ça faisait partie du programme Perruchot-Chauvin, et ça faisait aussi partie de mon programme en 2014 : un belvédère sur la Loire ! Aujourd’hui les touristes n’accèdent pas assez à la Loire. Faire ce lien entre la Loire, la dalle Valin-de-la-Vaissière et la place Louis XII : liaison entre la ville haute et la ville basse. Le dossier SATIVA je le connais bien, il y avait le dossier chiffré de la place Valin-de-la-Vaissière, les liaisons entre la ville haute et la ville basse. Je suis heureux de voir se projet sortir des oubliettes » a soufflé Jacques Chauvin. « Il y a tellement de projets que vous avez imaginés pour des maires pour lesquels vous avez travaillé mais qui n’ont jamais vu le jour… » a ironisé Marc Gricourt.

En outre, 1,3 M€ sera consacré à la mise en lumière d’éléments remarquables du patrimoine blésois : le pont Jacques-Gabriel, les églises Saint-Nicolas et Saint-Saturnin, la place du château. Ces réalisations éclairantes seront visibles par les Blésois et les visiteurs de la cité royale fin 2019, début 2020. Il sera alors temps de songer sérieusement aux élections municipales…

Commentaires

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  1. “Il sera alors temps de songer sérieusement aux élections municipales…”

    J’ai l’impression que les élus décident de mettre en place ces illuminations, la veille des élections pour tenter de revaloriser leur image. A défaut d’être eux même des lumières

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