Blois : la navette électrique traverse la Loire, et dessert le quartier Vienne

Depuis le 14 décembre et pour une durée de six mois, la navette électrique gratuite de centre-ville traverse la Loire par le pont Jacques-Gabriel pour desservir le quartier Vienne. C’était une forte demande des riverains et commerçants de la rive gauche, une vieille promesse municipale et de l’agglo. Actuellement, environ 900 personnes empruntent quotidiennement cette navette qui parcourt environ 110 km par jour, trouvant sa place en centre-ville.


Elle a enfin traversé la Loire, la navette électrique gratuite du centre-ville blésois ! Cela faisait un bon moment que commerçants et habitants de la rive gauche de la Loire la réclamaient, quasiment depuis sa mise en service le 1er septembre 2013 où elle était à son lancement payante : 0,5 cts d’€. Un an plus tard le 1er septembre 2014 elle est devenue gratuite. Cette fois, ça y est, elle circule en Vienne avenue Wilson jusqu’au parc des expos depuis le 14 décembre, desservant trois arrêts au passage (Alliés, Ronceraie, Parc expo), portant à 14 le nombre total d’arrêts. Même si c’est seulement « une expérimentation » jusqu’au 7 juillet prochain, comme le précise le président d’Agglopolys Christophe Degruelle, c’est déjà un sacré progrès, et peut-être bon signe pour l’avenir.

Côté cadencement, la navette effectue un passage toutes les 13 minutes (au lieu de 15 mn) pour un temps de parcours total de 31 mn au lieu de 22mn, de 9h à 20h du lundi au samedi, comme actuellement. Pour assurer cette extension de circuit, une troisième navette est nécessaire : jusqu’au 8 janvier prochain, elle est électrique, prêtée par la marque Blue Bus (groupe Bolloré), elle est similaire aux actuelles navettes sauf qu’elle n’est pas décorée aux couleurs d’Azalys (la société qui gère les transports en communs blésois). À partir du 9 janvier sera remise en service l’ancienne navette à moteur thermique, en complément des deux navettes électriques circulant depuis début 2018.

Christophe Degruelle, président d’Agglopolys.

Avenue Wilson circule aussi une ligne de bus Azalys (la ligne A), payante celle-ci. Y aura-t-il un report de voyageurs de la ligne payante vers la navette gratuite ? « C’est tout l’objet d’une expérimentation », ajoute C. Degruelle, « c’est à la fois une extension vers Vienne, et une réflexion plus globale sur les modes de transports propres. Nous avons testé récemment un bus au gaz, actuellement un bus 100 % électrique. Il s’agit aussi de relier comme convenu la partie basse et haute de la ville, conformément à l’axe de développement de la gare à la rive sud de la Loire, épine dorsale de l’agglomération ».

Renforcer l’attractivité commerciale du centre-ville

Quid des autres quartiers, notamment la ZUP ? À bord de la navette G. Soukin descend à l’arrêt Monsabré pour attraper un autre bus du réseau Azalys, pour l’emmèner vers les quartiers nord : « La navette c’est pour les riches, ceux du centre. Nous les pauvres à la ZUP on prend le bus payant ». Voilà qui devrait relancer le débat sur la gratuité des transports, débat qui n’a pas encore atteint le Blaisois mais d’autres villes de même strate oui.

« Blois est la seule agglomération à faire circuler trois navettes électriques gratuites en centre-ville », précise Sylvain Lemarchand, directeur de Kéolis Blois (réseau Azalys). Laval, Cherbourg, Quimper, agglo de même taille que Blois n’en font circuler qu’une… L’expérimentation sera-t-elle concluante ? « C’est la période idéale pour la lancer », ajoute encore Christophe Degruelle, « juste avant les fêtes de fin d’année, pour renforcer l’attractivité commerciale du centre-ville ». Ce sont aussi probablement les prémices de futurs parkings relais au niveau du parc des expos ou à d’autres endroits périphériques de la ville, pour inciter les automobilistes à y laisser leurs voitures et avoir le plaisir de transiter par ces petites navettes silencieuses, ressemblant à des véhicules Playmobil et permettant surtout de fluidifier la circulation proprement.

F.Sabourin

Une navette électrique gratuite : combien ça coûte ?

Pour avoir une troisième navette électrique dans le centre-ville de Blois (jusqu’en Vienne donc), il faudrait débourser la « modique » somme de 205.000 €, prix unitaire. Auquel il faut ajouter le prix des batteries : 25.000 € pièce ; à trois batteries par navette on atteint 280.000 €. Et ce n’est pas fini : il faut encore ajouter le prix de l’assurance des batteries : 30.000 €. Au total : 305.000 € pour une navette électrique d’une quinzaine de places. La consommation des batteries coûte elle environ 500 € par mois par navette, soit à peu près la moitié d’une navette à moteur thermique.

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  1. Pour les personnes à faibles revenus, n’hesitez pas à vous renseigner auprès d”Azalys et du CIAS pour un tarif réduit.

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