À Pithiviers, la gare bientôt réhabilitée en lieu de mémoire des camps

La gare de Pithiviers va rouvrir. Pas au trafic voyageurs –  elle est fermée depuis 1969 et le restera – mais aux visiteurs. D’ici 2020, elle sera transformée en lieu de mémoire, dédié au souvenir des milliers de juifs internés dans les camps du Loiret et déportés vers les camps de la mort durant la deuxième guerre mondiale. 
 
Le bâtiment, muré, retrouvera son aspect d’antan. A l’intérieur sera aménagé un lieu d’exposition centré sur l’internement des juifs et leur déportation, sur environ 200 m2, ainsi que des salles pédagogiques pour les visiteurs et les scolaires. Un aménagement volontairement « modeste et sans mise en scène», financé par la SNCF pour deux millions d’euros, mais chargé de symbole. 
 
Entre 1941 et 1942, 16.000 juifs ont été internés dans le camp de Pithiviers et dans le camp voisin de Beaune-la-Rolande. Parmi eux, 4.400 enfants victimes de la rafle du Vel d’hiv, qui sont restés plusieurs semaines seuls dans ces camps après avoir été séparés de leurs parents, avant d’être à leur tour déportés, via la gare de Pithiviers et Drancy.
Huit convois sont en outre partis directement de ces deux camps pour Auschwitz-Birkenau dont six de Pithiviers, dont les dates seront inscrites sur le quai de la gare, avec le nombre de déportés et la

destination du convoi. 

« Il faut faire parler les sites puisque les camps ont été détruits », a déclaré le directeur du mémorial de la Shoah Jacques Fredj pour qui la gare de Pithiviers permet de comprendre « le moment de basculement qui s’est opéré lorsque le sort des juifs de France a rejoint le sort des juifs d’Europe ». 
Les travaux devraient démarrer au début de l’an prochain et la première pierre sera posée au printemps 2019. Les travaux devraient durer deux ans, pour un ouverture prévue en 2020. Le futur lieu de mémoire fonctionnera en lien avec le Cercil à Orléans, rattaché depuis cette année au mémorial de la Shoah. 
 
 

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