Loire-Atlantique : un referendum pour s’unir à la Bretagne

La Loire-Atlantique fait partie de la région Pays de la Loire depuis 1956 mais plusieurs associations, dont “Bretagne réunie”, invoquant des raisons culturelles et historiques, militent pour son rattachement à la région Bretagne. Fin novembre, “Bretagne réunie” a remis au président du département Philippe Grosvalet (PS) une pétition de plus de 100.000 signatures, soit 10% du corps électoral de Loire-Atlantique, portant sur ce rattachement.

Aussi, ce lundi, le conseil départemental de Loire-Atlantique a voté contre ce rattachement mais s’est prononcé pour l’organisation d’un référendum décisionnel sur le sujet. Les 62 élus  étaient appelés  à s’exprimer dans le cadre de la loi de 2015 sur la Nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe), qui offre un « droit d’option » aux départements souhaitant quitter une région pour une autre, à condition que les élus du département, mais aussi des deux régions concernées, votent en ce sens à une majorité des trois cinquièmes.30 élus de Loire-Atlantique  ont voté contre le rattachement à la Bretagne, 13 ont voté pour, et 15 se sont abstenus. Quatre n’ont pas pris part au vote. Paul Loret, coprésident de Bretagne Réunie, à l’origine de la pétition, a estimé que ce vote était « un échec pour la démocratie (…) parce qu’une nouvelle fois, on voit bien qu’on ne veut pas écouter l’avis de la population. Ça fait 40 ans que le sujet est d’actualité et ça fait 40 ans que les collectivités locales régionales renvoient vers l’État et que l’État renvoie vers les collectivités locales et régionales, donc on n’avance pas ».

En revanche, 55 élus se sont prononcés pour que l’État organise un référendum dans les deux régions concernées. Trois ont voté contre, trois se sont abstenus et l’un d’eux n’a pas pris part au vote. Ce vote est symbolique, le département n’ayant pas la possibilité légale d’organiser un tel référendum. « Les habitants des neuf départements des deux régions des Pays de la Loire et de Bretagne doivent s’exprimer parce que ce sont les territoires impactés par un changement de limites, par un changement de frontière. Ce sont tous les habitants de ces deux régions qui sont concernés et donc c’est à eux qu’il faut demander l’avis », a estimé Philippe Grosvalet . Ronan Dantec, sénateur (EELV) de Loire-Atlantique a pour sa part déclaré « Ce sera un peu un test par rapport à ce qu’a dit Édouard Philippe sur le fait qu’aujourd’hui, il fallait entendre cette demande d’une démocratie plus directe, plus participative. Si Édouard Philippe dit non à une demande aussi massivement exprimée, par 105.000 citoyens de Loire-Atlantique, par le conseil départemental à la quasi-unanimité, ce serait totalement incompréhensible. »

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