Paiement des péages, « annonce inopportune et inappropriée »

« Annonce inopportune et inappropriée » a déclaré la ministre des transports, Elisabeth Borne à une question du sénateur CRCE du Nord Eric Bocquet portant sur la décision du groupe Vinci de faire payer les péages aux automobilistes passés gratuitement sur ses autoroutes lors des  récentes manifestations. « Les  automobilistes n’ayant pu payer les péages empruntés pendant la mobilisation des « gilets jaunes » devront régulariser leur situation, mais seront exemptés de l’amende prévue par le code de la route ».

© JL Vezon

Plus tôt dans la matinée le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s’exprimant sur France Info  avait donné le ton « Je trouve ça très incongru, pour le dire avec politesse. Ce n’est pas une bonne manière de procéder dans la période. J’invite les cadres dirigeants du groupe Vinci à aller sur les ronds-points. Il faut savoir entendre ce que les Français ont dit. C’est ma conviction personnelle. Je considère que le comportement n’est, à mon avis, pas optimal ».

Il semble bien que le gouvernement entende ne pas céder à leur pression et recadrer les prétentions des sociétés autoroutières dont, selon le sénateur Bocquet, la rentabilité annuelle oscillerait entre 20 et 24%. Elisabeth Borne doit recevoir leurs principaux dirigeants ce mardi à son ministère où le ministère de l’Intérieur sera également représenté. « L’objectif de la réunion de ce soir, c’est de faire le point avec eux sur les dégradations qu’ils ont subies et sur la façon dont on va assurer un retour à la normale à la veille des départs en vacances de Noël » a indiqué la ministre des transports dans sa réponse aux questions d’actualité au sénat.

Par ailleurs la ministre estime  que « les sociétés d’autoroute ne sont pas fondées au plan juridique  qu’elle ne puissent utiliser les images des caméras de vidéosurveillance et puiser dans le fichier des cartes grises pour se faire rembourser des « péages gratuits », quand les barrières ont été levées par les « gilets jaunes ».La vidéo verbalisation vise à rechercher des auteurs d’infraction et pas à recouvrer des péages ».

Les sociétés autoroutières, au premier rang desquelles Vinci, ont estimé à « plusieurs dizaines de millions d’euros » les dégradations qu’elles ont subies. Plusieurs barrières de péage ont notamment été pillées ou incendiées. A ce sujet le ministère des Transports estime  que la jurisprudence tendrait à montrer que la prévisibilité des débordements épargnerait les finances publiques, compte tenu des circonstances.

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