La défaite en chantant sous la pluie : l’USO rivalise avec le PSG et perd 1-2

C’était soir de gala à La Source, et le moins que l’on puisse dire est que les joueurs orléanais ont su se hisser à la hauteur de l’évènement. Hormis un petit passage à vide physique en début de seconde mi-temps, paradoxalement juste avant leur égalisation, ils ont crânement tenus tête à un grand d’Europe, venu les défier dans sa composition haut de gamme, à la seule exception de l’absence de Neymar et de la présence incongrue de Choupo-Moting, la recrue mystère de Tuchel, qui a bien du mal à tenir la comparaison technique avec les défenseurs du 11e de Ligue 2.

Di Maria régale, Cavani conclut

Cavani ©Coupe de la ligue BKT

Bien organisés et compacts, les joueurs de l’USO ont tenu le choc en première période, sans grosses frayeurs en dehors d’un arrêt réflexe de Thomas Renault dès les premières minutes sur l’une des géniales ouvertures du maestro Di Maria, très en verve jusqu’à sa blessure. C’est même l’équipe locale qui se crée alors les meilleures occasions devant le but d’Aréola, mais pêche dans la finition, en particulier sur un subtil centre en retrait de Ziani.

Comme souvent au football, singulièrement dans les matchs de coupe, les buts sont venus à contre-courant. Juste avant la mi-temps, Di Maria sert sur un plateau Cavani qui réussit à la perfection son lob sur le portier orléanais. 1-0 pour PSG, c’est très bien payé pour une mi-temps au cours de laquelle les actions les plus marquantes ont été à l’actif des petits-poucets. Comblé par la qualité de cete prestation, le nombreux public se dit à la pause que la suite risque d’être plus difficile, la nécessité de se découvrir et la fatigue risquant d’offrir des boulevards aux flèches parisiennes.

Lopy sans se louper

A la reprise, la surprise vient du changement de gardien parisien qui offre au public sourcien un nouveau cadeau : voir Buffon et mourir de plaisir, l’un des plus grands gardiens de l’histoire du football mondial sur la pelouse de l’USO, qui l’eût cru il ya encore six mois ? Seul manque encore la joie enfantine d’admirer les démarrages fulgurants de Mbappé, mais ce plaisir va malheureusement venir sur blessure, Di Maria sortant à la suite d’un tâcle raté.

Lopy ©Coupe de la ligue BKT

Et c’est au moment où Paris endort le stade en monopolisant le ballon, mais sans tuer le match par un deuxième but, bien aidé dans sa stérilité offensive par un Renault de gala, que Lopy des 20 mètres place une frappe puissante au ras du poteau de Buffon. Le stade chavire et exulte, l’impensable s’est produit : l’USO égalise à l’heure de jeu, 1-1 !

Diaby et le principe de réalité

L’USO tient le choc, et plus que jamais l’idée s’installe, à 10 mn de la fin, que la séance des tirs aux buts va venir, et que dans cet exercice, Thomas Renault va assurer l’exploit qui mettra fin à l’invincibilité du PSG en coupes et fera le tour médiatique de la planète foot. Mais Tuchel a sorti son joker gagnant : Diaby remplace Nkunku, et la petite flèche parisienne, supersonique, dépose toute la défense et plante le deuxième but parisien qui refroidit le stade à l’image de la pluie glaçante qui douche les espoirs orléanais. 2-1 pour le PSG.

Diaby ©PSG

Ziani à jamais le premier et la bicyclette de Renault l’indomptable

Bien loin de se décourager, l’équipe de l’USO, si transparente récemment contre l’AC Ajaccio, continue de se battre comme la petite chèvre de Monsieur Seguin, et se démultiplie : Cissokho intenable, Ziani au-dessus de ses adversaires directs techniquement comme à ses plus beaux jours, Pinaud batailleur et sauveur sur un dernier contre de Mbappé, et toujours Thomas Renault, multirécidiviste du sauvetage miracle et premier de cordée de la révolte folle, Don Quichotte de la surface adverse et auteur sur un dernier corner d’une bicyclette qui, comme le nez de Cléopâtre, aurait pu changer le cours, non de l’histoire, mais de ce match ; car comment imaginer qu’une telle égalisation dans le temps additionnel ne l’aurait pas galvaniseé au point de détourner les tirs au but des parisiens bien plus efficacement que Mourinho les critiques et la rébellion de son vestiaire mancunien ?

Oui, Orléans a tout donné, et a beaucoup reçu de son public dans cette très prometteuse rencontre. Après ce parcours de rêve en coupe de la Ligue, il reste l’aventure de la coupe de France à mener jusqu’au bout, avant de reprendre pied en championnat. Et on se prend à rêver, une fois que le maintien sera vraiment assuré : comment ne pas avoir envie de prolonger cette ferveur populaire en se mobilisant pour qu’Orléans, l’une des 13 capitales régionales, entre durablement dans le cercle des 20 clubs de l’élite. Alors, l’US Orléans en ligue 1 ? Chiche !

Paul Jozet

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