Orléans: “une débauche d’argent public pour les nouvelles grandes écoles privées”

L’annonce par le maire d’Orléans et président d’Orléans Métropole de l’implantation dans sa ville de trois nouvelles grandes écoles privées de haut niveau n’a pas satisfait tout le monde. Ainsi la section FSU de l’université d’Orléans estime que ces sommes rondelettes de plusieurs dizaines de milliers d’euros seront déboursées au détriment de l’université.

@ESTP

Voici la réaction de la section FSU de l’université d’Orléans suite à l’annonce d’importantes subventions d’Orléans Métropole en faveur de 2 écoles d’enseignement supérieur privées.

@ESTP

“Une débauche d’argent public au profit de deux écoles privées… et au détriment de l’université d’Orléans ! “La FSU tient à signifier sa totale opposition au financement par Orléans Métropole de l’installation en centre-ville d’antennes de deux écoles privées d’enseignement supérieur.

Le conseil d’Orléans Métropole, réuni ce 20 décembre, doit se prononcer sur le versement de subventions d’un montant délirant en faveur de l’ISC Paris et de l’ESTP Paris. D’une part, l’intercommunalité prévoit de consacrer pas moins de 20 millions d’Euros pour acheter l’ancien collège Bailly, l’agrandir et le mettre à disposition de ces deux écoles privées. D’autre part, Orléans Métropole entend verser 7 millions d’Euros de fonctionnement et 1,4 millions d’Euros d’investissement entre 2019 et 2024 à l’ISC et 1,2 millions d’Euros de fonctionnement et 2 millions d’Euros d’investissement entre 2020 et 2022 à l’ESTP !

De plus, ces formations privées, aux frais d’inscriptions indécents (7 950€ pour un Bachelor à l’ISC et 7 725€ une année d’ingénieur à l’ESTP), où l’achat d’un diplôme l’emporte sur l’objectif de formation, sont susceptibles de concurrencer, notamment en matière de stage et d’insertion, des formations dispensées au sein de l’Université d’Orléans par Polytech et l’IAE.

Dans un établissement public, les droits universitaires s’élèvent à 243€ en Master et 601€ en école d’ingénieurs, en sachant que les étudiants boursiers en sont exonérés et qu’ils représentent 38% des étudiants en France.

Dans le même temps, toujours au nom du « rayonnement » du seul centre-ville, l’université d’Orléans, pourtant étranglée budgétairement, doit entretenir à ses frais le superbe et si peu fonctionnel Hôtel Dupanloup… dont elle a si peu l’utilité.

Comment une collectivité publique peut-elle, au seul profit d’une infime minorité, mépriser à ce point l’enseignement supérieur public et bafouer de la sorte l’intérêt général ? “

Commentaires

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  1. L’expression “dépenses publiques, profits privés” n’a jamais été autant d’actualité qu’avec ce projet financièrement délirant.

    On pourrait comprendre l’investissement s’il participait au rayonnement de l’université (publique) elle-même.

    On a comme l’impression que le maire joue au bon élève macroniste en anticipant sur le projet présidentiel de démantèlement du système d’enseignement supérieur public français.

    • Bonjour,
      A part le mot délirant j’approuve votre première phrase.
      Toutefois, ensuite, la formule “anticiper un projet” (c’est quand même du très flou !!) me paraît témoigner d’une pure volonté de rattacher au président de la République actuel une action locale qui n’a pas d’autre responsable que nos élus locaux.
      Enfin, contrairement à vous, je pense qu’aucun investissement en faveur du privé ne peut servir l’enseignement public même en terme de “rayonnement” (notion à définir et à mesurer si possible ???).
      Quant à ceux qui renvoient sur les défaillances passées de l’université la responsabilité de ces choix de la ville en faveur du privé (strictement pour les formations commerciales), il vaudrait mieux qu’ils s’inquiètent des difficultés de l’université et y remédient à leur niveau que d’aller enrichir des systèmes dits de formation dont l’objectif lucratif est au moins égal à l’objectif pédagogique, quand il existe. merci à vous.

  2. Pour rappel (aussi à la FSU),il y a eu un substantiel gaspillage d’argent public sous la mandature de l’ancien président de l’université d’Orléans .Celle-ci a meme eu les honneurs de la presse .
    Si besoin pour l’actuel président,l’ISC dispense comme toutes les écoles de commerce des cours de gestion !

    • Bonjour,

      Les élus FSU au conseil d’administration de l’université d’Orléans furent les seuls à voter systématiquement contre les budgets successifs présentés par l’équipe présidentielle de Youssoufi Touré, car ceux-ci conjuguaient austérité et insincérité.

      A l’inverse, toujours entre 2009 et 2016, les représentants de la ville d’Orléans, de la Région Centre et du Département du Loiret ont approuvé tous les budgets primitifs, toutes les décisions budgétaires modificatives et tous les comptes de résultat pourtant alarmants.

      Comme le ministère a refusé de publier en 2016 le rapport de l’inspection générale, l’enquête préliminaire en cours pour détournement de fonds publics et favoritisme nous éclairera peut-être sur les responsabilités des différents acteurs locaux dans la dérive financière de l’université d’Orléans…

  3. 1/Ce ne sont pas les mêmes étudiants qui font ce genre d’écoles que ceux qui vont à l’ Université.Il faut diversifier les offres.
    2/ Quand on voit la gestion de l’Université et le déficit énorme qui en a découlé, a-t’ on vraiment envie de lui confier l’ argent de la communauté?
    3/Il y a des filières ds les établissements publics qui sont excellentes mais il n’ y a pas assez de places pour en rajouter.Si le privé prend le relais, c’ est un éventail de propositions qui s’ élargit.
    Pourquoi ce vieux réflexe sectaire? Personnellement, je trouve qu’ il ne devrait y avoir qu’ un seul enseignement mais plus rigoureux, plus exigeant, plus innovant.

  4. Toutes les écoles de commerce sont privée, il est temps de demander la création d’ écoles publiques et gratuites, Pourquoi pas la première à Orléans
    suggestion à la FSU….

  5. F.S.U. merci de ne pas confondre : le financement de l’Université ne dépend pas de la Métropole d’Orléans, mais du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Et commencez par bien gérer les fonds qui vous sont alloués. Par contre, je suis d’accord avec vous sur l’inconvenance des subventions de fonctionnement accordées à ces établissements privés, ce qui se fait au détriment d’autres acteurs de l’activité économique et associative.

  6. Il ne faut pas voir que le bout de son nez. Implantation d’écoles = développement de la ville à long terme ! Plus d’étudiants à loger, à nourrir, à occuper en terme de loisirs et de sorties. Plus de facilités ensuite à trouver des jeunes diplomés à embaucher. Peut-être même l’implantation de nouvelles entreprises avides de stagiaires ayant les compétences qu’offiront ces écoles.
    Certes, elles sont payantes pour les élèves : mais ce que payeront les élèves ne sera pas payé par le contribuable (contrairement aux écoles publiques) : cela demande certes un fort investissement au départ, mais ensuite, il n’y aura plus qu’à récolter le fruit de cela !
    On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs comme on ne développe pas une ville sans dépenser de l’argent !
    Pourquoi autant de frilosité lorsqu’il s’agit de développement ?

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