Indre et Loir-et-Cher : l’union fait la force en matière de formation pour les CCI

En 2019, le campus formation de la CCI 41 sera géré par la CCI 36. Les deux présidents ont acté ce transfert le 19 décembre dernier. Il devrait booster l’offre de formation en direction des entreprises grâce au savoir-faire développé dans l’Indre.

Jérôme Gernais, président de la CCI 36 et Yvan Saumet, président de la CCI 41 ont paraphé la convention de cession de l’activité formation qui s’étalera sur une période de 3 ans sous les yeux de Christophe Martin (DG CCI 36).

« La CCI 36 possède un savoir-faire reconnu en matière de formation professionnelle et d’apprentissage. Compte tenu des difficultés du campus pour équilibrer ses comptes, il nous a semble opportun d’unir nos forces d’autant que nos deux chambres ont des tailles proches et agissent dans des départements ruraux » a déclaré Yvan Saumet lors du point presse.

Le déficit récurrent du Campus CCI 41 (400.000 € en 2017) dans un contexte de baisse de la ressource fiscale des CCI imposé par l’État (1) a clairement accéléré les choses. Tout comme le prochain départ à la retraite du directeur et pilier du campus Thierry Gourdon. En cours depuis le début d’année, sous l’égide notamment de Christophe Martin, directeur général de la CCI 36, le transfert a été minutieusement préparé. C’est ainsi que la CCI accompagnera financièrement pendant 3 ans son nouveau partenaire à hauteur de 600.000 €.

« L’objectif est d’arriver à rendre rentable le campus à l’horizon de 2 à 3 ans. Pour cela, nous allons proposer de nouvelles formations en mobilisant tous les dispositifs financiers de l’apprentissage, la formation continue ou de la reconversion des demandeurs d’emploi » a déclaré de son côté Jérôme Gernais, Président de la CCI 36. À la rentrée 2019, des cursus en apprentissage verront donc le jour puisque la CCI 36 possède la reconnaissance de CFA. De même, le campus affichera-t-il le label Grande école du numérique avec à la clef des formations informatiques porteuses d’emplois.

Spécialisé dans les formations en infographie – design (1) mais aussi commerciales, les deux entités du Campus CCI 41 connues sous le nom d’ETIC – ESTACOM accueillent en moyenne 160 étudiants par an. Le Campus CCI 36 se situe à une autre échelle puisqu’il a formé 2400 personnes cette année et intègre 380 apprentis. Son chiffre d’affaires de 6,5 M€ (contre 600.000 € au campus CCI 41).

Sous l’impulsion de Paulette Picard, ancienne Présidente de la CCI 36, il a su construire une offre attractive et individualisée répondant aux besoins des entreprises indriennes avec des formations allant du BTS au diplôme d’ingénieur. Il est par exemple au cœur de la mise en place de formations en mécatronique et aéronautique sur le site de l’aéroport de Châteauroux-Déols.

Les salariés restent en place

Moderne et fonctionnel, le campus de la CCI 41 est situé au cœur du centre-ville de Blois

En termes d’organisation, les 8 salariés permanents qui travaillent sur le campus restent en place sous l’autorité d’un responsable issu de la CCI 36. Rattachés à la CCIR, leur emploi est pérennisé tandis que le site reste la propriété de la CCI 41. Un comité associant les deux chambres verra en fin le jour.

La décision stratégique des élus consulaires illustre in fine ce qu’Yvan Saumet appelle la spécialisation des chambres : « La CCI 41 possède une expertise en matière d’aménagement de zones d’activités, de mise en place et pilotage de clusters comme Food Val de Loire ou Shop Expert Valley, celle de l’Indre est reconnu pour ses formations, celle d’Eure-et-Loir pour son action en matière d’innovation avec le C2EI ».

Ce mouvement serait-il le prélude à une régionalisation ? Yvan Saumet n’y est pas favorable : « On ne croit pas à une grande chambre régionale. Tout ne doit pas se décider dans la capitale régionale. Nous territoires ont besoin de centres de décision sur place donc de CCI de pleins exercices ». Et de conclure avec force, « cette alliance nous renforce et renforce les entreprises loir-et-chériennes qui ont plus que jamais besoin de compétences ».

J-L. Vezon

(1) La CCI 41 devrait voir le montant de la TFC passer à 1.1 M€ d’ici 2022.
(2) BTS Design Graphique (option médias imprimés et médias numériques), Bachelor Motion design et communication visuelle. Amenés à disparaître, les BTS seront remplacés par des Bachelor. L’ETIC possède un excellent taux d’insertion dans l’emploi (82 % à 6 mois) qui en fait l’école référence dans la région CVL.

Un pôle consulaire de formation au service du territoire

Avec l’arrivée de la CCI 36, la CCI 41 affiche clairement ses ambitions en matière de formation au moment où se met en place la nouvelle loi du 5 septembre 2018 sur la Liberté de choisir son avenir professionnel tandis que les deux CFA blésois musclent leurs offres de formation continue.

À la tête du CIMI (qu’elle pilote avec la CCIR), organisme de formation leader en France en matière de maintenance industrielle pour les salariés, la CCI 41 n’entend pas abandonner l’industrie. Au contraire.

« Les formations industrielles ne sont pas oubliées. Le CIMI est un outil unique héritier des ateliers d’apprentissage de l’abbé Leroux à Romorantin. Nous allons poursuivre son développement et créer des synergies avec le campus » a bien insisté Yvan Saumet qui a rappelé que la Chambre de commerce et d’industrie de Loir-et-Cher conserve une offre opérationnelle de formations courtes pour les entreprises (RH, management, communication, gestion, outils numériques …).

 

Afficher les commentaires