Grand débat: le préfet n’en sera pas, non plus, l’organisateur en région

Qui va organiser, encadrer le Grand débat?. Selon quel périmètre géographique, avec qui? La centaine de personnes tirée au sort en Centre-Val de Loire, qui devait servir d’échantillon est-ce toujours d’actualité? “Nous attendons les grandes orientations, mais le préfet ne sera pas le pilote”,  a indiqué lundi Jean-Marc Falcone, le préfet de région et préfet du Loiret.

Jean-Marc Falcone, préfet de région, préfet du Loiret.

Un représentant de l’Etat qui serait sans doute trop voyant pour les “gilets jaunes”, en guerre contre tout symbole du pouvoir étatique. Ca, c’était mardi matin, avant que Chantel Jouanno présidente de la CNDP, n’annonce sur France2 sa démission du Grand débat à la suite de la publication de son salaire, 14 700€ brut par mois.

Une plate-forme numérique recensera et aiguillera les initiatives de débats locaux, c’est confirmé. Le tout sous la houlette nationale de la CNDP (Commission nationale du Débat public) donc sans Chantal Jouanno.

Jean-Marc Falcone devant la presse.

.Jean-Marc Falcone a néanmoins indiqué qu’il recevra bientôt le président des maires du Loiret, Frédéric Cuillerier, pour faire le point sur les cahiers de doléances. Ceux-ci ne semblent pas faire un tabac tant à Orléans (une vingtaine de propositions) que dans les communes périphériques comme Saint-Jean-Le-Blanc ou Saran. Sur le terrain ce sont donc les maires qui devraient être sollicités pour organiser le Grand débat. A quelques jours du début de ce grand remue-méninges, le pari d’Emmanuel Macron de “canaliser” les revendications pour les faire remonter à Paris, semble risqué.

 

Douze ronds-points évacués dans le calme dans le Loiret

Toujours sur la crise sociales en cours, Jean-Marc Falcone a profité des traditionnels voeux adressés à la presse au début d’année pour préciser que sur les douze ronds-points évacués dans le Loiret, il n’y a pas eu d’affrontements violents tels qu’ils ont eu lieu à Paris, dans quelques métropoles ou à Tours. Interrogé comme ancien directeur national  de la police, le préfet de région, peut difficilement recoiffer cette casquette pour porter un regard sur les derniers événements et les récentes critiques, notamment sur le refus des forces de l’ordre d’aller au contact.

Il est clair en tous cas et c’était aussi contenu dans l’intervention du Premier ministre sur les nouvelles mesures “d’ordre public” réclamés par les citoyens et les syndicats de policiers contre les casseurs et les manifestants violents, que les méthodes policières vont monter d’un cran pour aller au contact des manifestants violents et des casseurs.

A propos de la menace terroriste qui “reste très élevée dans notre pays”, Jean-Marc Falcone a indiqué qu’il avait pris onze arrêtés de périmètres de protection (Coupe du Monde, marché de Noël, fêtes johanniques…) en 2018. En dépit de cette actualité sociale et politique chargée, c’est la sécurité routière qui constitue le résultat le plus préoccupant dans le Loiret. “Un résultat catastrophique”, a souligné Jean-Marc Falcone puisque 45 personnes ont été tuée en 2018 sur les routes du Loiret, soit une augmentation énorme de 21,62%; La plus part du temps des victimes originaires du département. Les causes classiques sont multiples, vitesse, consommation d’alcool et de stupéfiant, utilisation du portable en roulant, mais il n’est pas exclu que la neutralisation des radars par les gilets jaunes n’ait pas eu non plus, en libérant la vitesse, une incidence sur ces chiffres dramatiques. Pourtant l’Etat se targue d’avoir financé 16 actions de prévention et d’éducation routière pour 51 300€.

Ch.B

 

 Les autres actions prioritaires de l’Etat dans le Loiret mise en exergue par le préfet en chiffres

  • 7 millions d’euros seront consacré au renforcement des digues sur la Loire entre 2019 et 2020 (3,5 millions en 2018 et 3 millions en 2017)
  • Le soutien financier aux collectivités territoriales (communes interco…) a presque ‘atteint 10 millions en hausse de 82% par rapport à 2014. 
  • L’hébergement d’urgence: 4 millions d’euros dont 1,6 million pour la veille sociale d’hiver.
  • Politique de la ville: 1,9 M€
  • Politique d’habitat et de rénovation urbaine: 83,5 millions. D’autres projets verront le jour en 2019 dans le cadre de l’ANRU (Agence pour la rénovation urbaine) à Orléans Métropole et Gien.

 

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