Région: Jacqueline Gourault mise sur la Banque des territoires pour réduire les fractures

Ils n’étaient pas plus d’une trentaine mardi soir au rond-point du Lab’O à Orléans. Bien moins nombreux que les personnels de police dans les véhicules stationnés non loin de la pépinière de start up. Pas de quoi effrayer Jacqueline Gourault, l’une des deux Ministres  du gouvernement originaire de la région  (avec Marc Fesneau), ancienne maire de La Chaussée-Saint-Victor (banlieue de Blois) et conseillère régionale. Dans le musette de la ministre de la Cohésion des territoires, pas de quoi non plus démobiliser la colère des gilets jaunes enclin notamment à dénoncer ces fractures territoriales.

Jacqueline Gourault, Ministre de la Cohésion des territoires et Olivier Sichel, directoire général de la Banque des territoires.

La Caisse des dépôts, la banque des collectivités, inaugurait en effet au Lab’O, sa déclinaison territoriale en région Centre-Val de Loire baptisée la Banque des territoires, dirigée par Julie-Agathe Bakalowicz à la tête d’une trentaine de personnes. Ce nouveau dispositif initié en mai et chapeauté par Olivier Sichel présent mardi à Orléans, vise en effet à lutter contre “la fracture territoriale”. “La banque des territoires doit être le bras armé d’une politique de solidarité et d’égalité entre tous les territoires français”, avait lancé Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances lors de sa création en mai.

 La banque ne décide pas, elle vient en soutien des décisions des élus locaux. “Si derrière” (nos politiques), “il n’y a pas le nerf de la guerre, on ne peut rien faire”, a ainsi constaté Olivier Carré le Président de la Métropole d’Orléans.

“La caisse des dépôts est trop parisienne, vous fonctionnez en silo, soyez plus rapide”, tels étaient les tares essentiels de cette banque centralisée, censée pourtant intervenir dans les territoires, qu’a reconnues Olivier Sichel. Désormais la Banque met à la disposition des collectivités en plus des prêts à l’habitat social et au secteur public, des conseils et de l’ingénierie. 

Trop tôt évidement pour constater un changement occasionnée par dette décentralisation. Reste que malgré le climat ambiant, passé au jaune vif, on n’a pas décelé mardi, quoi que ce soit qui ressemble à un mea culpa, dans la désertification rurale par exemple. Au contraire on n’a pas évitée la sempiternelle séance d’auto satisfaction de ce genre de cérémonie et la déclinaison des 289 m€ de prêts (dont 49M€ aux collectivités et 240M€ au logement social), octroyés en 2018. 

Les fonctionnaires en première ligne?

Adepte du parler vrai mais toujours en nuance, tout juste a t-on ressenti mardi dans les paroles de Jacqueline Gourault, une remise en cause en creux de ces hauts fonctionnaires, planqués à Bercy ou dans l’anonymat des préfectures et des directions régionales, et qui généralement laissent le élus aller au casse pipe, sans assumer des politiques de fermeture des services publics par exemple, dont ils sont largement responsables.

Julie-Agathe Bakalowicz, directrice régionale

La création de l’Agence Nationale des Territoires, imaginée par François Baroin (le président de l’AMF) et déjà votée par le Sénat remettra t-elle en première ligne ces hauts fonctionnaires? “Il s’agit de fédérer les acteurs, y compris des fonctionnaires pas toujours suffisamment utilisés par les territoires, nous avons des spécialistes dans les services de l’Etat”, a dit tout en nuance Jacqueline Gourault. La ministre a également parlé de “réorganisation de services de l’Etat dans les territoires”, refrain connu depuis la RGPP (Révision générale des Politiques Publiques) sous Nicolas Sarkozy, mais qui consistera aussi à ne pas remplacer des fonctionnaires qui partent en retraite.

L’un des outils du chantier sur la redynamisation des centre villes moyennes passent par les dispositifs d’Etat, baptisés “Action coeur de ville” qui par exemple pour le Loiret, concernent Montargis, Gien et Pithiviers. et mobilisent donc une bonne partie des crédits de la Banque des territoires.

Avec Ces trois loirétaines, au total 13 villes moyennes de la région, Bourges,Vierzon, Dreux, Chartres, Nogent-le-Rotrou, Châteauroux, Issoudun, Chinon, Blois, Romorantin, sont concernées.

Jacqueline Gourault a confirmé aussi mardi que ces outils destinés aux villes moyennes seront complétés par une opération centre bourg pour les plus petites communes, grâce à un dispositif ORT (Opération revitalisation des territoires) qui pourrait concerner pour notre région Sancerre, Châteaudun et La Châtre. Hypothèses non confirmés par la Ministre pour l’instant.

Ch.B

 

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