Acte IX à Bourges : les gilets jaunes auront droit aux boulevards périphériques

L’arrêté préfectoral est clair : les gilets jaunes ne peuvent pas manifester dans le centre historique de Bourges. De plus l’acte IX initié par Maxime Nicolle (Fly Rider), et Priscillia Ludosky est considéré comme illégal selon la représentante de l’état dans le Cher, la préfète Catherine Ferrier. Pourtant, près de 3000 gilets jaunes ont validé leur présence tandis que plus de 13 000 pourraient se déplacer.   

Par un arrêté pris ce vendredi, la préfète du Cher, Catherine Ferrier, a interdit toute manifestation, à priori pour les gilets jaunes, à l’intérieur du centre-ville de Bourges pour ce samedi 12 janvier. « Au vu des éléments dont elle dispose, la Préfète du Cher interdit la manifestation dans le centre-ville à l’intérieur d’un périmètre » est-il indiqué sur le communiqué.

Si le Bourges historique est interdit de manif, par contre, plan à l’appui, les limites du  périmètre de restriction suivent exactement le parcours souhaité par les « organisateurs » locaux de l’Acte IX. Catherine Ferrier a reçu en préfecture mercredi quatre gilets jaunes qui ont proposé une belle ballade de près de 6 km qui emprunte des artères plus larges que celles du centre ville berruyer. A l’heure actuelle, la page FB consacrée à l’événement par « La France en colère » recense 2817 « participants » et 13584 « intéressés » et voit fleurir des commentaires qui s’offusquent d’un « parcage » de la manifestation. Même, alors que le poste était libre depuis plusieurs mois, l’annonce de la prise de fonction, lundi, de la nouvelle secrétaire générale de la préfecture, qui devient de fait sous-préfète de l’arrondissement de Bourges, est interprétée comme de l’interventionnisme parisien, ou présidentiel, pour contrer la manif …

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La CGT a déclaré sa manif, les gilets jaunes ne l’ont pas fait

Par contre, si la Préfecture du Cher a autorisé une manifestation de la CGT, elle « constate sur le même itinéraire l’organisation d’une manifestation non déclarée donc non autorisée et illégale, ce samedi 12 janvier à Bourges. Ce rassemblement constitue un attroupement dangereux et présente des risques pour la sécurité des participants et des organisateurs. » et d’enjoindre les usagers à faire les soldes dimanche plutôt que samedi. « Quant aux usagers qui souhaitent se rendre à Bourges ce samedi 12 janvier, ils pourraient  rencontrer des problèmes de stationnement et il leur est conseillé la plus grande prudence. Les commerces seront ouverts dimanche. »

A Bourges les manifestants étaient là depuis la première manif.

Si les services techniques de la ville se sont employés à faire disparaître une grande partie du mobilier urbain potentiellement utilisable comme projectile, les commerçants sont dubitatifs quant à la conduite à tenir, même avec une interdiction de manifester dans les rues piétonnes du centre ville.  Même si, par ailleurs, la manifestation se veut « pacifique ». On peut aussi se poser la question de  la pertinence de l’appellation…

Du coté du maire Pascal Blanc, on a fait un appel, toujours par réseau social interposé, à la prudence «  notamment les commerçants ». Et d’expliquer qu’il a rencontré la Préfète pour s’assurer de la plus forte mobilisation des forces de l’ordre afin que ce rassemblement se passe dans les meilleures conditions possibles. Pour faire bonne mesure, entre Berrichon on se comprend mieux, le maire berruyer a pris directement contact avec Laurent Nuñez, le secrétaire d’État berruyer auprès du ministre de l’intérieur. Il a certes insisté sur le droit à manifester « bien au contraire, mais dans le strict respect des biens et des personnes. » Des messages FB circulent depuis ce vendredi matin assurant que «  200 CRS sont plaqués au Tribunal de Bourges ». « 4 par 4, prêts à bondir » aurait ajouté Coluche.

Bourges, une ville moins connue des forces de l’ordre

Interviewé par le site web Konbini, pour Maxime Nicolle, le choix de Bourges, outre sa position centrale dans l’hexagone s’explique parce que c’est « une ville un peu moins connue des forces de l’ordre pour éviter qu’il y ait du ‘nassage’ de fait, que la tension monte”. Sauf que, si le parcours berruyer proposé est large sur une bonne partie, il présente aussi quelques endroits piégeux.

Pour l’un des leaders autoproclamé du mouvement la présence en Berry est cependant lié à un transport. Même si le Berry est sensiblement à égale distance de tous les « bouts » de la France, il n’empêche que cela fait une trotte quand même, Bretagne incluse !

Priscillia Ludosky, auteure de la pétition contre la hausse des taxes carburants, serait elle aussi de la partie. La Seine-et-Marne, ça fait moins loin.

Bourges épicentre de l’Acte IX, ce samedi 12 ? C’est bien possible ! Quant à la magnitude du séisme, on n’en connaîtra la teneur qu’à la fin de la journée …    

Fabrice Simoes

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