6000 gilets jaunes à Bourges pour un Acte IX bon enfant, mais pas que …

Ils étaient près de 3000 à avoir annoncé leur visite dans la capitale des Bituriges pour l’acte IX des gilets jaunes. Finalement c’est le double de manifestants, paletot bouton d’or sur le dos, ou pas, qui se sont retrouvés au départ de la place Séraucourt, ce samedi, pour une manif entre flower power, zaddistes et provocateurs. A Orléans (une soixantaine) et à Tours les gilets jaunes se sont aussi rassemblés, moins nombreux.

Un peu de monde à la manif GJ mais à peine plus de 6000 personnes au total

Au pied du château d’eau, tout au bout de la place Séraucourt vide de ses habituels véhicules,  les gilets jaunes sont arrivés par petits groupes dès le milieu de la matinée. Un temps, l’équipe de journalistes de BFM Tv a pu faire son travail, un temps seulement puisqu’elle a été mis au ban du rassemblement par plusieurs énergumènes.

La place Séraucourt était loin d’être remplie

Sous les vociférations de certains, avec les paroles de La Quenelle chantées à tue tête par d’autres, JRI, rédacteur et technicien ont du plier bagage. Les mêmes qui désespèrent de ne pas se voir à la télé ont donc viré ceux qui pouvaient les filmer. En d’autres périodes, l’effet corpo aurait conduit à un départ immédiat de tous les journalistes présents mais ça c’était avant. Avant que l’information devienne une marchandise, comme la santé aussi. Pour faire bonne mesure, les journalistes locaux, ceux du Berry Républicain, ont été mis à l’écart aussi. D’ailleurs, même le bâtiment occupé par le journal berrichon avait été évacué pour la journée. Seules des vigiles restaient sur place. Plusieurs incidents au préalable avait conduit la direction à envoyer ses journalistes certes couvrir la journée sur le terrain mais travailler les papiers « à la maison ». La liberté à la sauce gilet jaune est décidément une notion qui n’est pas compatible avec  celle de la presse

Plus ou moins 6000 participants dans les rues de Bourges

Ils étaient près de 700 pour la manif de la CGT

Pourtant, des 13 000 participants potentiels, les « intéressés » de FB étaient bien loin d’être tous présents dans la cité berruyère. Une première estimation avoisinait les 5000 personnes. En fin de journée chacun s’accordait pour 6300… Peut-être que les 700 manifestants de la CGT, parti loin derrière les GJ, avait été ajoutés.

Les rues d’accès à la préfecture étaient barricadées

Quelques paroles de bienvenue, pas pour BFM, ces vendus de suppôt de Macron, pour le peuple en ces lieux ici rassemblé – moins finalement que pour un concert payant au moment du Printemps de Bourges – et la troupe de GJ a pris la direction du premier rond-point.

Et déjà, la définition de marche pacifique ne l’était pas pour tout le monde : les non-organisateurs avaient beau tenter de guider le défilé vers la rampe Marceau, parcours non officiel validé par la préfecture, plusieurs irréductibles prenaient la direction des bâtiments préfectoraux. Mauvaise pioche si on joue aux 7 familles. Mauvaise pioche si on veut éviter les ennuis… chaque voie d’accès à la Préfecture était verrouillée par un mince cordon de CRS mais aussi avec des barrières anti-émeute et des véhicules !

Premier caillassage à 14h55, première grenade lacrymogène à 15h00

Tandis que le gros de la troupe, quelques uns vous diront « pas gros, juste enrobé », prenait le bon chemin de la manifestation non autorisée mais pas interdite, d’autres avaient décidé d’en découdre.

Alors que les GJ allaient bon enfant, orchestre de rock en queue de peloton – la version hendrixienne de « Hey Joe » n’était pas si mal – qu’un lapin rose, guitare en bandoulière initiait des versions de Carmagnole revisitées, ils étaient une grosse centaine à décider de se retrouver au cœur de la rue Moyenne. Là où la préfète Catherine Ferrier avait interdit de manifester.

Les premières grenades lacrymogènes ont éclaté dès 15h00

Au fil des minutes, arrivant de multiples ruelles de la vieille ville, par paire ou petit groupe, le cortège s’est épaissi et si les premiers rangs s’avéraient pacifique, les bras levés, au dixième rang il n’en était pas de même. Après un bon moment de face à face, les forces de l’ordre reculaient … le temps de recevoir le renfort nécessaire et de passer aux choses sérieuses. Grenades lacrymo et flash balls répondaient aux canettes de bières, cailloux et morceaux de briques arrachés d’un bâtiment à l’abandon dans une ruelle proche.

La situation devenait tendue durant un petite demi heure. Le temps que les gaz piquent les yeux, fassent tousser les asthmatiques et donnent des ailes aux belligérants potentiels. Au sol, les débris qui jonchaient la rue prouvaient la véracité des échanges … la vitre d’une fenêtre d’un appartement au premier étage aussi…

Quelques incidents pour terminer la journée

Pas tous gilet jaune

La plus grande partie du cortège, on notait des pertes pour cause d’usure, fatigue et coup de froid, terminait son périple en revenant à son point de départ, place Séraucourt, où une poignée de récalcitrants tentait encore de faire le coup de poing en fin de journée. Cependant, durant tout l’après-midi, en centre ville le jeu du chat et de la souris s’était poursuivi.

La prévention du bris de glace était de mise dans les agences bancaires

Entre le centre commercial Avaricum, le boulevard de la Liberté et le site de pôle Emploi, les « casseurs » tentaient plusieurs opérations de déstabilisation vite annihilées.

A 19h30, les services de la préfecture annonçaient que l’Acte IX, à Bourges, était terminé. Globalement, hormis des feux de poubelles rapidement circonscris et quelques charges des forces de l’ordre, la journée avait certes été stressante mais on était loin de certaines journées précédentes de mobilisation. On dénombrait cependant 19 interpellations, sur l’ensemble de la journée …

Fabrice Simoes.

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