Châteauroux, la mairie affiche ses projets

En ce nouveau début d’année, le maire de Châteauroux, Gil Avérous a fait le point sur les grands projets qui attendent les castelroussins pour 2019 et les années suivantes.

Les abords de la gare seront entièrement transformés

L’année dernière a vu la concrétisation ou le démarrage de plusieurs projets de l’agglomération castelroussine (construction du complexe aquatique Balsanéo, cité du numérique…). Avec celle qui s’annonce, les équipes de la municipalité de Châteauroux souhaitent ne pas ralentir leur rythme à presque un an de la fin de leur mandat. Alors que Gil Avérous, le maire, ne cache pas sa « très grande envie d’y retourner », lui et son équipe souhaitent toutefois rester « aux affaires le plus longtemps possible ». « Les annonces en la matière, on les fera en janvier 2020. On dira qui est candidat et l’équipe que l’on propose » a précisé le maire, mercredi, à l’occasion d’une rencontre avec la presse locale pour marquer ce début d’année. Il a choisi ce temps d’échange pour lister ses projets et intentions quant à l’année 2019, en même temps que les événements à venir.

Projets d’ambition nationale et régionale

A l’étude depuis près d’un an, un futur data center aux abords de la ville, sur la zone d’Ozans, mobilisent le travail de nombreux techniciens et politiques localement, mais également à Paris. Ce projet, porté par une société de Tours, entraîne aujourd’hui de multiples ramifications, notamment pour valoriser la chaleur dégagée par les systèmes de refroidissement des colonnes de données. De grandes serres de production maraichères sont imaginées, en collaboration avec la FNSEA. Une usine de déshydratation de luzerne est également à l’étude pour produire des aliments pour chevaux. « C’est cette idée qui est la plus avancée, explique le maire. La production pourrait même débuter avant même l’installation du data center. » Ces éléments pourraient être complétés par un ensemble de panneaux photovoltaïques, à même de produire l’électricité nécessaire au centre. « C’est à l’étude car cet énergie est intermittente alors que nous en avons besoin constamment. On étudie l’opportunité de la stocker, pourquoi pas en transformant l’énergie en hydrogène… Nous travaillons avec un grand nom du secteur de l’énergie sur ce sujet. »

A quelques kilomètres de là, le site de l’AFPA de Châteauroux, appelé à fermer, pourrait prendre une nouvelle utilité à l’échelle régionale. « J’ai proposé que ce site serve au service national universelle avec, si possible, un rayonnement régional. L’AFPA disposait de tous les équipements nécessaires à ce projet une capacité d’hébergement important, un restaurant pour 200 couverts, des salles de classes, une piste de conduite pour ceux qui passent le permis, des équipements sportifs… »

L’usine Spatz, route de Blois, sera prochainement rasée

De la même façon, la municipalité concentre aujourd’hui une partie de ses efforts à trouver une nouvelle vocation à ses friches industrielles ou commerciales. A l’entrée de la ville côté Blois, l’ex usine de textile Spatz, vide depuis 2009, sera rasée. En centre-ville, un ancien supermarché de proximité accueillera prochainement un atelier de maroquinerie. Et en périphérie, l’ex-usine Cérabati de céramique deviendrait le dépôt de bus de l’agglomération. Autre challenge, trouver une nouvelle vocation à la piscine à vagues dont l’utilité cessera avec la mise en service du centre aquatique Balsanéo en 2020. « On lance un appel à projets privés. On est prêt à tout étudier jusqu’à la fin de l’année. »

Quel avenir pour le building ?

Au pied de la place Gambetta en travaux, l’avenir du building est aujourd’hui questionné

Geste fort et symbolique, la mairie pose aujourd’hui la question de l’avenir d’un monument emblématique du centre-ville : la tour St-Ciran (communément appelé le building). Construite il y a une cinquantaine d’années et depuis longtemps décriée par les castelroussins qui y voient plus un inconvénient qu’un avantage à l’esthétisme de leur centre-ville, elle pourrait un jour prochainement se retrouver à terre. « Nous voulons lancer une réflexion avec ses habitants et les castelroussins car aujourd’hui, les co-propriétaires sont confrontés à la nécessité de rénover les façades, des travaux qui reviendraient à chaque propriétaire quasiment au prix de leur appartement. Ne vaut-il pas mieux envisager cette destruction ? » lance Gil Avérous.

La destruction du bâtiment de la gare routière est l’enjeu d’un bras de fer entre le maire et l’architecte des bâtiments de France

L’urbanisme et les rénovations feront une nouvelle fois partie des secteurs que la municipalité investit largement avec de nombreux réaménagements : quartier de la gare (projet freiné par un bras de fer entre le maire et l’architecte des bâtiments de France quant à la destruction de la gare routière), place Gambetta, jardins des Cordeliers, quartier Beaulieu (en collaboration avec le bailleur social OPAC), opération cœur de ville ou #refaistafacade où les habitants pourraient recevoir environ 4000 euros pour agir… La municipalité veut donner à la ville un visage plus attrayant et ainsi changer doucement son image pour le plus grand nombre. Et pour cela, elle mise sur un autre relais : l’événementiel, notamment sportif.

Cette année, de multiples compétitions seront encore aux programmes : compétition nationale de triathlon, rallye cross… et surtout le championnat du monde de voltige aérienne prévu cet été. Le Centre national de tir sportif ne sera pas en reste. Il sera un élément important, mis en avant par la municipalité qui candidatera prochainement à la labellisation Terres de Jeux 2024. « Le but est de créer une émulation en proposant chaque année un événement aux citoyens pour leur donner l’envie de faire plus de sports, notamment du sport santé. » Deuxième volet : devenir une base arrière pour l’entrainement des athlètes de tout pays. Et parmi elles, les équipes chinoises ont déjà pris une longueur d’avance. De jeunes athlètes, étudiants, profitent déjà des opportunités de la ville, mais surtout des équipements qu’ils ont créé dans le cadre du campus chinois Eurosity. Installé dans l’ancien site militaire de la Martinerie et accueillant des étudiants depuis 2016, le site s’oriente vers l’accueil de futurs sportifs professionnels chinois. Cette collaboration sera probablement renforcée par la mise en place prochaine du 17ème Institut Confusius, à Orléans, université dont dépend le Centre d’Etudes Supérieur de Châteauroux, partenaire privilégié d’Eurosity. Pour 2019, le campus chinois renforcera ses équipements en construisant un gymnase après une piste d’athlétisme et un stade en 2018.

Morgane Thimel

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