Romorantin-Lanthenay : le site Carrier repris

Le groupe rochelais Sarrion, qui avait déjà repris les Transports Charbonnier en décembre 2017, s’est porté acquéreur des locaux de Carrier. Une aubaine pour le bassin car le groupe devrait créer une quarantaine d’emplois dans la logistique et le recyclage d’extincteurs usagers.   

En avril dernier, devant le site Carrier

L’annonce en avril 2018 par UTC, de la fermeture du site romorantinais fabricant de vitrines réfrigérée Carrier, impliquant la suppression de 87 postes, avait sonné comme une nouvelle catastrophe industrielle pour une ville déjà lourdement marquée par la fermeture de Matra auto en 2004.

Dès cette annonce, le Préfet de Loir-et-Cher Jean-Pierre Condemine avait souhaité, en lien avec les élus locaux, mettre en place un comité de pilotage composé de Carrier et des services de l’État afin de favoriser la recherche d’un repreneur mais aussi suivre au plus prêt l’avancement et la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l’emploi en faveur des salariés licenciés.

Entre avril 2018 et janvier 2019, pas moins de 5 comités de pilotage ont été organisés. Lors du dernier en date le 14 janvier dernier, il a été acté la reprise des ex-locaux Carrier par l’entreprise de transport Sarrion. Celle-ci double donc la mise après le rachat du transporteur et logisticien romorantinais Laurent Charbonnier en 2017.

Le comité de pilotage Carrier a acté la reprise de l’entreprise par SARRION

Cette grosse entreprise familiale a décidé de développer  son activité de  stockage et picking à partir du site Carrier pour laquelle elle a déjà recruté 5 caristes. Elle a aussi choisi de conserver un secteur  en plein essor à savoir la dénaturation des extincteurs. Celle-ci existait déjà sur le site de fabrication de vitrines réfrigérées où 300 000 extincteurs Sicli (filiale de Carrier) étaient déconstruits avant recyclage.

« Cette activité de prime abord différente de celle des Transports Charbonnier est intéressante de part son potentiel de développement et sa complémentarité avec le transport-logistique. Nous avons donc créé, le 2 janvier, une entité spécifique filiale de Charbonnier baptisé Eco Planet recycling», a déclaré Franck Sarrion, président du groupe charentais. 11 emplois en cdi d’agents de dénaturation ont ainsi déjà été proposés aux Carriers en attendant la mise en place de nouveaux recrutements avec la mise en place d’une nouvelle équipe. 

Christophe Sabassier et Franck Sarrion ont présenté les projets de développement du site en logistique et recyclage des extincteurs

« Priorité aux Carriers car nous souhaitons être acteurs dans la redynamisation du bassin. A moyen terme, ce sont 35 emplois qui sont notre cible » a assuré de son côté le directeur général  Christophe Sabassier. Les élus présents ont naturellement salué cette arrivée à l’instar du maire de la ville Jeanny Lorgeoux  pour qui l’arrivée d’une entreprise qui connait la culture locale symbolise le redressement économique de la ville.  Louis de Redon, vice –président du département en charge de l’environnement et Tania André, conseillère régionale déléguée, ont pour leur part salué cette reprise.    

Des résultats encourageants pour le reclassement des Carriers

Stève Billaud, responsable de l’UT de la Direccte, a de son côté dressé un 1er bilan de la cellule de reclassement dont bénéficient les salariés en congé de reclassement.  28 salariés ont ainsi déjà retrouvé un emploi  (dont 21 cdi), 39 sont dans une dynamique de formation, 3 envisagent de créer une entreprise tandis que 12 pourront faire valoir leur droit à la retraite. « 70 solutions sont identifiées au total sur les 87 salariés » s’est réjoui S.Billaud.

Par ailleurs, comme la réglementation l’impose pour les groupes de plus de 1000 salariés, une convention de revitalisation va être signée début février entre Carrier et l’Etat. D’un montant prévisionnel de 692.128 €, celle-ci va être présentée aux élus, organisations syndicales et chambres consulaires. Elle comprendra différentes enveloppes dédiées au développement économique en particulier sur la ville de Romorantin, à la mobilité, la relocalisation des emplois saisonniers  mais aussi un fond pour la formation professionnelle des ex-Carriers auquel sera étroitement associé la région.    

Logistique, 
Romorantin-Lanthenay, nouvelle plaque tournante ?

« Barycentre du centre » la capitale de la Sologne  affirme une vocation nouvelle. Idéalement placée au carrefour de flux routiers, l’agglomération attire les entreprises du transport et de la logistique.  

Fondée en 1947 à la Rochelle, le groupe Sarrion va donc monter en puissance en Sologne. Implanté dans les grands ports français (La Rochelle, Bordeaux, Le Havre, Nantes, Sète …) et spécialisé dans le transport conventionnel, de containers ou d’hydrocarbures, ce groupe familial compte pas moins de 24 sociétés et 800 salariés. 

En reprenant Carrier après une étude, il s’agira pour lui d’augmenter ses capacités de stockage, aujourd’hui saturées au centre de la France ; on sait que la tendance est en effet à l’externalisation des activités logistiques des entreprises qui se concentrent sur la production.  Avec les Transports Charbonnier intégrés en décembre 2017, il dispose déjà de 20 000 m² d’entrepôts. 

« Cette reprise est naturelle pour assurer le développement de notre groupe. La zone d’Orléans est aujourd’hui saturée et, pour nous, il est clair que Romorantin a un réel avenir du fait de sa localisation. Nous souhaitions être les 1ers à y investir  »  a assuré Franck Sarrion président du groupe déjà présent à Tours et Issoudun.

Le directeur général de Sarrion à Romo, Christophe Sabassier va donc pouvoir répondre à des appels d’offre grâce à un entrepôt fonctionnel, d’une surface de 6 000 m² et doté d’un double pont roulant. Des travaux d’aménagement vont aussi renforcer son attractivité pour attirer des clients locaux potentiellement intéressés. Côté emploi, une quinzaine de postes (chef d’équipe, caristes et préparateurs de commandes) seraient à pourvoir sur le 2ème trimestre 2019.

Jean Luc Vezon.

  1. Sarrion a réalisé 94 M€ de CA en 2017. Il possède une flotte de 650 véhicules et 1500 semi-remorques.

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