Cher : tout le monde est pour le débat mais …

En raison d’un retard à l’allumage avec le site internet qui n’a pas fonctionné le jour dit et une annonce devant un parterre de maires beaucoup moins récalcitrants en fin de présentation qu’à son début, le président Emmanuel Macron a connu des hauts et des bas pour la première journée officielle du « Grand Débat National ». Un grand débat que les élus du Cher ne rejettent pas même si l’approche est parfois contrastée d’un maire à l’autre, d’une commune à l’autre.

Dans le Cher, le maire de Bourges Pascal Blanc a inscrit sa démarche dès lundi sur les réseaux sociaux en expliquant que « J’y prendrai bien sûr toute ma part, afin de faire remonter au gouvernement et aux parlementaires le ressenti des Berruyères et des Berruyers. Je souhaite que ce débat national soit un véritable débat de tous les citoyens ! Je contribuerai donc à l’organisation de ces débats à Bourges, sans aucun à priori. » Le premier magistrat de Bourges, aussi président de l’agglomération berrichonne, a précisé, ce jeudi, sa position. Si au niveau de son parti politique, le Mouvement Radical, le Grand Débat n’est pas un sujet de préoccupation principal, au niveau du citoyen Pascal Blanc la donne est toute autre.

Les maires sont ceux qui sont à porté d’engueulade

Gérard Larcher

« Le Grand Débat est sur la table et quand on donne la possibilité de s’exprimer, on le fait… Ce sera sans à priori, en toute impartialité. Surtout que, avec ces interrogations, le gouvernement a compris l’importance de l’élu local. Comme l’a déclaré le président du sénat Gérard Larcher (en visite à l’automne dernier, à Châteauroux. NDLR)les maires sont ceux qui sont à portée d’engueulade de leurs administrés. »

Le Berruyer estime que, dans le domaine du débat, la preuve est faite que, sur Bourges au moins,  il existe depuis bien longtemps à travers les débats publics, les comité de quartiers, entres autres. «  Pour la mise en place du nouveau réseau de transport en commun nous avons, par exemple,  présenté l’avant-projet aux utilisateurs habituels, mais aussi à d’autres potentiels, comme les jeunes. Nous avons fait des concertations, validé, amendé avant de présenter le projet final. De fait, l’élu local sait faire  Organiser, mettre en place, via la Préfecture si nous sommes sollicité certes mais nous allons aller au devant. Il ne faut pas attendre. Depuis le 21 décembre des cahiers de doléances, papier et dématérialisé, existent au niveau municipal. On n’a pas attendu … » Et Pascal Blanc explique que dès la semaine prochaine, après avoir étudié  le « Kit », Bourges fera le nécessaire pour participer au Grand débat. « C’est de la responsabilité de chaque maire de faire un pas … » 

Pas contre le débat en milieux rural mais …

Jean-Pierre Charles

Au cœur du Cher, là où est la ruralité dans le département, les maires sont plus réservés. Denis Durand, le maire de Bengy-sur-Craon, président départemental de l’Association des maires ruraux de France (AMR), regroupant 40 des 280 communes de moins de 3.500 habitants, a par exemple, remis en préfecture, mercredi matin, une trentaine de cahiers de doléances recueillis dans les mairies. Quant à Jean-Pierre Charles (PCF), maire de Graçay (1454 habitants au dernier recensement)  et vice-président  de l’AMR,  lui et les membres de son conseil municipal ont longuement discuté de la meilleure manière pour aborder le sujet. « Nous avions déjà mis en place les cahiers de doléances, plutôt d’expression citoyenne. » Les commissions Théodule, ce n’est pas ce qui enchante le maire de la petite ville des Vallées Vertes. Il estime d’ailleurs que «  Pour ce grand débat national, c’est le grand flou. A Graçay on ne refuse jamais le débat mais si c’est ‘Cause toujours tu m’intéresses’ cela n’aura aucun intérêt. A notre niveau, se sera sans tabou, sans questions interdites comme pour l’ISF. On va aller vers les gens pour les aider. » Sur le principe, l’édile graçayais  n’est pas opposé à l’organisation de réunions : «  si nous avons des sollicitations de l’État, nous mettrons à disposition des salles.» Cependant, si le débat démocratique est en soi validé par Jean-Pierre Charles, ce dernier ne manque pas de préciser que « nous, les petites maires, nous ne voulons pas être confondus avec ça … ».

Pour bien marquer cette différence, le Berrichon explique avoir créé un groupe d’expression bien avant le mouvement des GJ, un arbre à palabres, et veut lancer un projet de discussion « Graçay Cap 2030 », non pas sur quelques semaines mais  sur la totalité de l’année 2019. Lors de ces vœux annuels, ce week-end, c’est ce qu’il devrait annonce à ses administrés. Et d’ajouter que « on ne veut pas que notre démarche soit polluée par la Macronnie ! » Par ailleurs conseiller départemental, il assure être sur les même bases de travail que ses collègues de l’opposition de l’assemblée départementale…

Comme quoi, chacun à sa manière, valide la volonté de débattre. Les modes d’emploi sont parfois différents, les attentes des élus, des populations rurales ou pas, aussi …

Fabrice Simoes. 

Prendre le « Grand débat » au pied de la lettre

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