Faut-il interdire les lanceurs de balles de défense ?

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui représente l’autorité indépendante chargée de défendre les droits des citoyens en France a demandé ce matin  la suspension de l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD), en raison de la « dangerosité » de ces armes utilisées par les forces de l’ordre dans les rassemblements des gilets jaunes, ces dernières semaines.

« Annulons le risque qui existe de dangerosité des LBD 40×46 et des grenades lacrymogènes et assourdissantes GLI-F4 en suspendant leur utilisation » a-t-il dit en demandant au gouvernement de « prévenir plutôt que soigner ». Selon des chiffres annoncés  hier 12 des 25 saisines dont certaines collectives, enregistrées par le Défenseur des droits depuis le début de la contestation des gilets jaunes évoquent des tirs de balle de défense. Selon une source policière, sur la seule journée d’action du 12 janvier, au moins 5 manifestants ont été grièvement blessés « vraisemblablement » par des tirs de LBD.

A l’heure actuelle 110 cas circulent sur internet ou sont mentionnés dans la presse.  82 blessés graves sont répertoriés dont 60 déclarent avoir été touchés par des tirs de lanceur de balles de défenses, en grande majorité dans la tête occasionnant dans 10 cas la perte d’un œil.

La Cour européenne des droits de l’homme a rejeté le 18 décembre une requête urgente de manifestants touchés par des tirs de LBD qui lui en demandaient l’interdiction en France. Elle a précisé « ne faire droit aux demandes de mesures provisoires qu’à titre exceptionnel lorsque les requérants seraient exposés à un risque réel de dommages irréparables ».

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