Réparer les vivants fait battre nos cœurs

Sur la scène du théâtre Gérard Philipe à Orléans la Source, Emmanuel Noblet s’est emparé avec force du roman de Maylis de Kerangal Réparer les vivants. Une histoire d’accident tragique qui aborde le thème du don d’organe et de la transplantation. Un solo dont il faut saluer l’intensité de la mise en scène mais dont le fond reste un peu poussif.

Emmanuel Noblet.

Un jeune sur une planche de surf. Un retour en voiture entre copains qui finit mal. Une mort cérébrale et l’interrogation de deux parents sur leur consentement au don d’organes… Les scènes se suivent, rythmées, sans temps morts, dans un décor minimaliste (deux chaises, une planche, un drap) mais efficace. 

À la fois urgentiste, chirurgien, parents, agent de la santé publique…, Emmanuel Noblet, en blouse blanche toute la pièce ou presque, multiplie les rôles et les silhouettes passant avec aisance d’une émotion à une autre, d’une focalisation à une autre, d’un contexte à un autre, avec parfois une ou deux vannes pour détendre l’atmosphère… 

Intégrant images projetées et sons, voix off, cette adaptation, qui flirte avec le concept conférence TED et le rythme du clip, est remarquable sur la forme amenant les spectateurs en immersion totale dans des lieux immédiatement identifiables, et les plongeant dans une intensité progressive haletante. 

Encéphalo plat sur le fond

Un regret cependant sur le fond, où là l’encéphalo est un peu plat… La pièce reste trop attachée à une description linéaire des faits. S’attarder un peu moins sur la description des personnages et des contextes professionnels aurait peut-être permis de donner plus de place aux doutes, aux réflexions (religieuses, solidaires, la liberté face au consentement présumé…) et à la confrontation des personnages sur le “pour” et le “contre” du don d’organe, ici abordé de façon un peu rapide, donnant au final un manque de suspense quant à la décision parentale évidente.

Et c’est dommage…

E.B.

Réparer les vivants

d’après Maylis De Kerangal
– adaptation et mise en scène d’Emmanuel Noblet
avec Emmanuel Noblet ou Thomas Germaine (en alternance)

16 janvier 2019 – Théâtre G. Philipe – 20h

ATAO

 

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