Dédoublement des Cours préparatoires : résultats encourageants

Le dédoublement des classes de CP dans les quartiers défavorisés, vanté par le gouvernement comme une mesure de justice sociale et globalement bien reçu par les enseignants, livre des résultats « encourageants », selon une première évaluation du ministère de l’Education nationale. Cette mesure-phare du ministre Jean-Michel Blanquer, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, consiste à baisser à une douzaine d’élèves au maximum les effectifs des classes de CP et de CE1 dans ces quartiers, pour permettre un enseignement plus progressif et personnalisé.

A la rentrée 2017 elle a d’abord concerné 2.200 classes de CP de quartiers très défavorisés (dits REP+), avant d’être étendue en septembre à 3.200 classes de CP de quartiers défavorisés (REP) et 1.500 classes de CE1 en REP+.A la rentrée prochaine, elle touchera tous les CE1 de REP+ et de REP et bénéficiera ainsi à 300.000 élèves, soit 20% d’une classe d’âge.

Publiée ce mercredi, une évaluation du dispositif par la DEPP, l’agence des statistiques du ministère, montre un « effet statistiquement très significatif ». La DEPP a comparé deux groupes d’élèves (15.000 au total, dans 408 écoles): l’un rassemblant des élèves de REP+ dans des classes ayant été dédoublées, l’autre des élèves aux profils sociaux proches de ceux de REP+ mais n’ayant pas bénéficié de la mesure. Il en  ressort  que le dispositif a permis une « baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté de 7,8% pour le français et de 12,5% en mathématiques », soit 2.000 de moins en français et 3.000 de moins en mathématiques. “Ces résultats sont très encourageants pour une première année et pour une politique menée à si grande échelle”, a commenté Fabienne Rosenwald, la directrice de la DEPP.

« Pas une recette miracle »

Cependant, « ils sont clairement dans le bas de la fourchette de ceux constatés dans d’autres pays qui ont mis en œuvre de telles mesures », a constaté Marc Gurgand, coauteur d’une note de l’Institut des politiques publiques (IPP), parue en septembre 2017 sur le sujet, mais ils sont déjà significatifs. “Il est rare qu’on trouve des effets de cet ordre de grandeur pour des politiques scolaires menées à si grande échelle” a-t-il ajouté. Si la mesure a un impact sur les compétences des élèves, elle influe aussi sur le climat des classes. 98% des professeurs disent qu’ils ont pu beaucoup mieux évaluer les difficultés des élèves et donc les aider à progresser.

Jean-Michel Blanquer.

Les enseignants voient en effet d’un bon œil l’opportunité d’enseigner en effectifs réduits, à l’instar de Claire Alanore, professeure en REP+ à Dreux (Eure-et-Loir), qui a expérimenté la mesure l’an dernier avec une classe de CP. « Avec de plus petites classes, on connaît mieux nos élèves et on peut leur apporter plus d’attention. Ce  n’est pas une recette miracle, qui permet d’apprendre mieux ou plus tôt à lire, mais simplement de le faire dans des conditions plus sereines », juge-telle.

Pour être pleinement efficace, le dédoublement des classes doit s’accompagner d’une « transformation en profondeur des pratiques pédagogiques », insiste en effet l’enquête de la DEPP. Reste à savoir si les effets bénéfiques se poursuivront sur le long terme. De nouvelles évaluations de la DEPP sont d’ores et déjà programmées. Quant à la perspective d’une généralisation des dédoublements des classes de CP et CE1 à toute la France, évoquée la semaine dernière par Emmanuel Macron, elle n’est pour le moment pas à l’ordre du jour: « Dans la durée, on doit se fixer des objectifs de ce type », reconnait Jean-Michel Blanquer.

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