Tourisme : des rencontres orléanaises pour réveiller la métropole

Comment faire venir les touristes à Orléans ? Consciente d’un retard de 15 ans sur d’autres destinations proches, impactant l’économie locale, la Métropole se donne moins de 8 ans pour combler ce déficit. En organisant par exemple les rencontres orléanaises du tourisme, pour profiter de l’expérience de collectivités plus aguerries.

Jeudi 16 janvier, Olivier Carré, Président d’Orléans Métropole et Maire d’Orléans, et Martine Grivot, Présidente d’Orléans Val de Loire Tourisme, et son adjointe en mairie d’Orléans, profitaient de ce début d’année pour faire du tourisme. Sans quitter la métropole, mais en invitant chez eux des spécialistes du sujet pour débattre avec les acteurs locaux impliqués, principalement des hôteliers et restaurateurs, et quelques prestataires institutionnels et privés.

« Il y a eu près de 200 personnes sur l’ensemble de la journée, le pari est réussi. Et nous pouvons affirmer qu’il y aura d’autres rencontres de ce type. Peut-être pas tous les ans, mais au moins tous les deux ans », déclarait à l’issue de cette journée riche en enseignement l’élue en charge de la promotion du territoire, des relations extérieures, du tourisme et du Festival de Loire. « Nous avons mieux compris d’où venait notre retard, certes, mais nous avons surtout apprécier les témoignages apportés par nos invités, comme leur unanimité à dire que notre ville était belle, et qu’elle a un réel potentiel pour attirer les touristes ». À condition, simplement, de savoir le mettre en valeur, au-delà des deux manifestations identitaires orléanaises, le Festival de Loire et, surtout, les fêtes de Jeanne d’Arc. « Ce sont surtout ces dernières qui nous référencent à l’étranger, même si les autres commencent à avoir leur notoriété ».

©Tourisme-Orleans Metropole

Pas seulement la Chine

De 10h à 17h, ces premières rencontres du tourisme offraient un beau plateau d’intervenants, pour tenter de faire le tour du sujet, et de donner des pistes pour engager rapidement une nouvelle politique d’attraction touristique sur la Métropole.  Après une présentation des tendances actuelles du tourisme par Didier Arino, Directeur Général de Protourisme, différentes tables rondes abordaient des points plus concrets comme « Comment s’implanter efficacement dans le tourisme de loisirs ? » ou « Comment devenir une réelle destination de court séjour ? », que d’aucuns nomment « City Break ». En fait, quelles sont les clefs de réussite ? Et y en-a-t-il vraiment ? On reconnaissait autour de la table, pour apporter des éclaircissements sur ces points, des responsables d’Atout France, dépendant du Ministère du Tourisme, et des intervenants d’autres métropoles, comme Lyon ou Reims, ou des intervenants plus impliqués dans l’accueil et l’hébergement. Parmi les autres thèmes de la journée figuraient aussi le Tourisme d’affaires, avec des intervenants locaux ou opérant à Rennes, Bordeaux ou en Ile de France ; l’E-tourisme et les vertus supposées incontournables du digital ; le marché Chinois et ses impératifs : comment trouver notre place sur un marché en forte expansion ? Et la logique de programmation de grands événements : sont-ils des leviers de fréquentation touristique ? Voire, « Faut-il concevoir des événements dédiés au tourisme ? ».

Des objectifs, et des équipements

Roseraie Jean Dupont ©Tourisme Loiret

Vouloir rattraper ce retard, c’est assurer une meilleure promotion de la destination orléanaise, certes, mais à quoi sert-il de bien communiquer…si, venu sur place, le public est déçu de la prestation offerte. Communication et équipement doivent donc aller ensemble. « Nous savons que nous avons un déficit en équipement d’accueil, notamment en hôtel 4 et 5 étoiles, ce qui nous empêche de répondre aux attentes, par exemple, des responsables d’équipes nationales, pour des rencontres sportives de haut niveau. Tout cela devrait évoluer après la construction et la mise en service du Comex ». En fait, pas de communication efficace sans un produit touristique de qualité, et pas de produit touristique de qualité… sans une communication efficace auprès des investisseurs privés, notamment les groupements hôteliers, pour qu’ils viennent s’implanter en métropole orléanaise, au même titre qu’un restaurant étoilé au guide Michelin, attendu depuis longtemps.

Faut-il pour autant en conclure que toutes ces recherches et ces efforts tendraient à faire venir, principalement, une clientèle « haut de gamme », qui valoriserait Orléans, et apporterait des ressources économiques importantes, mais au détriment d’un tourisme populaire qui manque souvent d’équipements à sa mesure ? « Nous avons aussi un programme dans cet ordre, avec l’ouverture prochaine d’une auberge de jeunesse, qui proposera 70 lits », affirme Martine Grivot, consciente des efforts à réaliser pour rattraper le retard. « Nous avons déjà une « marque » qui se reconnaît, le « O » d’Orléans. Cela va contribuer à véhiculer notre image ». D’autres projets sont en cours, comme le déménagement de l’Office de tourisme. Et ce n’est qu’un début. En septembre, ce même Office de Tourisme était présent à Top Resa, un salon touristique professionnel national. En mars prochain, les responsables du tourisme orléanais iront en observateurs au Mondial du Tourisme, toujours à Paris, pour approfondir leurs recherches. Des démarches qui devraient être plus positives dans l’immédiat que la présence dans certains salons à l’étranger, tel celui de Barcelone, où, reconnaît Martine Grivot, « Là-bas, Orléans, cela ne leur évoquait pas grand-chose ».

Sans conteste, les élus ont réellement entrepris de vrais efforts pour combler ce retard. Mais ils savent qu’ils doivent aussi surmonter un handicap très local : faire que les Orléanais eux-mêmes sachent parler en bien de leur ville à l’extérieur,  pour faire venir les touristes. Tout un programme à mettre en place, apparemment, pour les convaincre, en leur donnant les arguments adéquats.

Jean-Luc Bouland.

  

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