Dansant et décoiffant le festival Jeunes Gens Modernes s’est ouvert à Orléans

 
Réjouissant et percutant. “A la fin des années 1970 la variété inonde la radio. Le groupe Téléphone fait un carton et le rock progressif n’en finit pas de se compliquer. Le punk laisse place à un cold wave à la française: Les Jeunes gens modernes. Mouvement impalpable, farce médiatique. Quelques dizaines de musiciens y ont fait leurs armes dans un bouillonnement créatif décomplexé qui résonne encore chez les groupes d’aujourd’hui. Le festival Jeunes Gens Modernes, nouveau festival du Centre chorégraphique national  d’Orléans tire directement  son titre de ce mouvement musical des année 1980. Fortement inspirés par son armée de romantiques  avec une esthétique de la désillusion , nous proposons d’inaugurer un nouveau rendez-vous à Orléans, lieu de festivités, de rencontres et de découvertes autour de la danse et de la musique”.
 

Maud Le Pladec

Pour un moment de “grande liberté artistique”

Tels sont les mots de Maud Le Pladec, chorégraphe danseuse et directrice du Centre Chorégraphique national d’Orléans mis en exergue du  programme théâtral musical, dansant et chantant de cet événement ébouriffant qui se déroule jusqu’à samedi tant au CCNO qu’au Théâtre d’Orléans ainsi qu’à L’Astrolabe. Ce jeudi soir,  lors du lancement de ce dernier,  c’est au CCNO, résolument comble et vivant, que la chorégraphe réaffirme son désir de “ne pas cloisonner les expressions,  d’offrir un moment de grande liberté et d’inviter à aimer la danse d’une autre manière”. 
Très vite, Maud Le Pladec  donne la parole à Jean-François Sanz, directeur artistique du fonds de dotation agnès b et commissaire de l’exposition Des Jeunes Gens Modernes (postpunk, cold wave et culture novö en France 1978-1989) dont on pourra heureusement profiter jusqu’au 8 mars,  rue du Bourdon Blanc. Cette exposition, adaptation de celle qu’il a créée en 2008 et dont le titre fait référence  à un article Patrick Zerbib dans la nouvelle formule du magazine Actuel en 1980 est le beau fruit  d’un homme qui explique le “phénomène de fascination qu’a exercé sur lui cette scène musicale et artistique et prolifique autant que chaotique  des 70’S et de 80’s. “

De belles rencontres et des découvertes

Tour de chant de State Of avec public invité.


Aux murs du grand hall du CCNO figurent ainsi de saisissantes photos en noir et blanc signées de Belle journée en perspective,  de Roman Cieslewicz, ou, entre autres, des œuvres de Kikiki et Loulou Picasso/Bazooka et de Nina Childress. A voir avec plaisir, les clips d’Optical Sound, les photos de Marquis de Sade, de Marie et les garçons , Taxi Girl et de bien d’autres acteurs underground de l’époque qui n’auront pas eu la durée de succès d’un Etienne Daho.
 
Faisant bien les  choses, ne se contentant pas de célébrer les années 1978 -1983, Jean François Sanz,  expert passionné, témoin continuant d’entretenir et de défendre de belles rencontres et un art d’hier, a passé commande de portraits à Hermione Volt et tenu à inviter Rouge Gorge, jeune chanteur entre cold wave et indie pop à intervenir salle Jean Babilée transformant  avec un charme fou et des plus fragiles, avec ritournelles de vie , clavier et boite à rythme, la salle du CCNO en dance floor après la performance State Of des Américains Brennan Gerard et Ryan Kelly pour trois interprètes. 

Radieux tour de pise avec  “State Of”

Performance State Of


Ici, ces artistes virtuoses venus d’outre Atlantique et poursuivant leur recherche sur la pole dance souvent acrobatique,  interrogent, tour à tour défaits et glorieux, parodiques et notre sociétés sur fond entre autres du Happy  birthday de Marylin Monroe monde pour JFK en 1962, l’hymne américain The star spangled banner par Whithey Houston, le  Chant des partisans ou le poing levé du Black Power lors des jeux olympiques de Mexico en 1968. Littéraire et virevoltant, invitant le public à entrer dans la ronde, ces interprètes conjuguent l’allusion au monde chargé d’illusions,  l’exploit et le plaisr du jeu, le discours littéraire, la force et la souplesse du geste, la présence du corps et de la voix.
Ce tour de piste exceptionnel, création donnée en première internationale à Orléans a  légitimement  reçu un accueil des plus chaleureux du public collé à la scène et qui en a pris plein les mirettes. Rivé à la prouesse.
Saisi par la performance et son humour décalé.
 
Jean-Dominique Burtin.
 
Jusqu’au samedi 2 février. au Théâtre et au CCNO.
En savoir plus: www.ccn-orleans.com

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