1500 Gilets Jaunes à Châteauroux pour le XIIe acte

Pour ce XIIe acte des Gilets Jaunes, un appel national invitait à venir manifester à Châteauroux. Environ 1500 personnes y ont répondu et ont défilé dans le calme.

Le cortège a déambulé dans les rues environ deux heures.

Rendez-vous était donné dès le matin, 10 heures, au mail Saint-Gildas, vaste place à l’entrée du centre-ville de Châteauroux. Petit à petit, les manifestants se sont rassemblés. Ils sont venus de l’ensemble du département, mais également de Bourges, Vierzon, et quelques uns de Perpignan et du Finistère. Echanges et débats avaient été organisés, en guise d’apéritif, avant le départ du cortège prévu à 14 heures. « Lors des échanges, on a évoqué la précarité dans les zones rurales, le manque de transports, les difficultés rencontrées par les retraités, les personnes handicapées, les actifs peu rémunérés, tout ça à mettre en parallèle avec la hausse des carburants, des produits de première nécessité… », liste Stephen Damien, Gilet jaune de la première heure et membre actif.

Les manifestants s’étaient maquillés pour dénoncer les blessures subies par certains.

Des questionnements qui, une fois encore, relèvent de domaines et d’actions très variés, mais qui, pour les Gilets jaunes indriens, pourraient être résolus par une même solution : le RIC. « Si l’on obtient le référendum d’initiative citoyenne, tout va en découler dans le bon sens. Il faut que nos dirigeants comprennent qu’ils ne sont pas élus avec une si grande majorité, entre les votes blancs et les votes qui sont plus d’opposition contre un autre candidat… Avec le RIC, le peuple pourra alors
s’exprimer correctement. » Quant au Grand débat, il est loin d’apporter une réponse. « C’est de la fumisterie, avance le jeune homme. Juste pour nous faire attendre, et faire s’essouffler le mouvement. » Rien de tel prévu pour eux. Samedi, la météo était froide et grise, mais Stephen l’assure, au printemps, ils seront toujours là et profiteront à ce moment-là de journées plus clémentes.

Ambiance bon enfant

Début d’après midi : une longue file jaune vif se déverse dans la rue adjacente. Environ 1500 personnes d’après la police, 2500 pour les organisateurs y prennent part. Rapidement des « Macron démission » s’élèvent le long des rues empruntées par le défilé. Quelques pétards explosent et résonnent, mais la marche se fait dans le calme et sans heurts. Le tracé avait été défini à l’avance après une série de rendez-vous, en préfecture, pour que celui-ci contourne le
centre-ville de Châteauroux. Les Gilets jaunes de Châteauroux avaient longuement travaillé pour mettre en place un rendez-vous exemplaire. Et en effet, dans leurs rangs, plusieurs organisateurs avaient revêtu le Gilet orange et assuré un relais sécurité en plus des forces de l’ordre présentes, ou une aide de premier secours en cas de blessure ou de malaise. Leur présence a été appréciée
lorsque les manifestants ont croisé les premiers CRS en poste place Gambetta, l’une des entrées du centre-ville interdit au défilé.

Les manifestants ont pris le départ vers 14 heures.

Aucun geste agressif, mais quelques petites phrases provocatrices. A plusieurs reprises, la scène s’est répétée jusqu’à la fin du cortège, où a alors débuté un jeu de chat et souris entre manifestants et policiers pour accéder à l’hyper centre de Châteauroux. Environ 90 CRS avaient été dépêchés sur place et depuis plusieurs jours, l’ensemble des forces de l’ordre locales avait été préparée au cas où pour ce samedi. Les CRS ont finalement bloqué l’accès à plusieurs endroits sans jamais utiliser de moyens autre que leur simple présence. Aux alentours de 17 h, une quarantaine de manifestants a finalement pu accéder au centre-ville de Châteauroux en empruntant par petits groupes discrets des rues non bloquées, sans provoquer de dégâts importants, avant de se disperser petits à petits sans qu’un affrontement réel avec les forces de l’ordre n’ait jamais eu lieu.

Morgane Thimel

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